Cette lettre s’adresse à un portrait-robot du décrypteur anonyme, sans visage et sans âme. À tous ceux dont le modus operandi procède du même moule, celui de la désinformation habilement maquillée en détecteur de mensonges.
Et quels sont ces mensonges selon l’évangile du décrypteur en herbe? C’est simplement une perspective différente qui heurte le récit prétendu vrai du décrypteur, sans mise en contexte appropriée et sans discussion, bien entendu.
Je ne vise aucun décrypteur en particulier, parce que tous les décrypteurs sont dans le même moule et qu’il n’y en pas un pour vraiment racheter les autres.
Il me semble que vos documents de décrypteurs en herbe devraient être préfacés d’une mise en garde qui pourrait s’intituler: Je ne sais rien, mais je dirai tout!
De la rectitude politique à la rectitude scientifique
Ou si vous préférez: Avertissement - le contenu de ce document devrait être consulté avec la supervision de véritables experts exempts de conflits d’intérêts et démontrant une connaissance théorique approfondie en plus d’une expérience concrète de terrain du sujet contesté. Il est fortement déconseillé aux gérants d’estrade de tout acabit.
Comme nous l’enseignait le grand physicien Stephen Hawking: «Le plus grand ennemi de la connaissance n’est pas l’ignorance, c’est l’illusion de la connaissance!»
Méditez là-dessus! Cela peut être difficile à digérer, mais je suis disposé à vous accompagner dans votre réflexion.
À vous lire, sans un avertissement préalable, on est choqué par autant d’ignorance camouflée par l’illusion de la connaissance. J’ajouterais que pour qualifier l’étendue de votre illusion de connaissance, il faudrait d’abord avoir la sagesse de prendre conscience de nos angles morts collectifs, dont les vôtres sont un échantillon très représentatif.
Et votre ignorance est tellement abyssale qu’on ne sait pas vraiment par où commencer.
Des outils mal utilisés
Pour faire court, je vais me limiter à cette simple observation métaphorique. La carte du territoire n’est pas le territoire. Si votre GPS vous indique d’aller tout droit vers le précipice, et que vous remarquez qu’il n’y a pas de pont, fiez-vous plutôt à votre GBS (Gros Bon Sens) et cessez d’avancer.
Le GBS, ça se cultive tout au long de sa vie. On ne peut le mettre en bouteille ou dans des tableaux, des graphiques ou des représentations de basses résolutions de la réalité. C’est ce que l’humanité a accumulé depuis des millénaires comme sagesse populaire.
Éclairée par une telle sagesse, vous seriez en mesure de prendre conscience que, non seulement vos connaissances sont lacunaires mais, encore plus grave, que vous ne savez même pas que vous ne savez pas.
Il faut croire que c’est dans l’air du temps et que cela percole dans la culture de nos institutions. Vous trouvez important de prétendre connaître la «vérité» pour ensuite l’expliquer, en des termes pour le moins simplistes, à toutes ces pauvres petites brebis égarées.
Vous êtes alors satisfaits de vous vautrer dans la fange du devoir accompli, tels des chevaliers des croisades qui pourfendent les infidèles qui ont l’audace de douter, par exemple, que les «idoles vaccins» ne soient pas infaillibles!
On est dans la «vaccinolâtrie», pas dans la science. Et non, les vaccins ne sont pas tous également sûrs et efficaces. Il ne suffit pas de le souhaiter, encore faut-il le démontrer rigoureusement, pas à la va-vite et pas par la propagande.
Vous avez certes un public de fidèles disciples, mais comme vous semblez frustrés de voir qu’il y a autant d’infidèles qui vous résistent, vous avez recours au «crois ou meurs» avec tous les subterfuges de manipulation psychologique comme au bon vieux temps des croisades et de l’Inquisition.
Vos soi-disant experts sont tellement solides et exempts de conflits d’intérêts, qu’ils s’accordent le droit d’éluder tout débat public dans les mêmes théâtres où vous faites vos petits spectacles. Mais qu’à cela ne tienne, vous continuez à les citer avec ferveur.
La fabrication du consensus
Le but étant de vous conférer une crédibilité par procuration, en vous appuyant sélectivement sur des représentants autorisés du grand clergé de la bien-pensance, grands architectes du soi-disant consensus scientifique.
Ce n’est pas nouveau. La censure et la propagande qui s’exercent pour camoufler la corruption institutionnelle est vieille comme le monde comme nous le rappelait Cicéron dans les catilinaires: O tempora, o mores!
Vous trouverez sans doute mon propos provocant. Il l’est en connaissance de cause. J’emprunte sciemment ce ton réprobateur pour dénoncer votre approche de preux chevalier de la Sainte Inquisition de la bien-pensance et de donneurs de leçons.
Je comprends votre insécurité intérieure qui vous incite à protéger votre égo sous une scintillante armure d’arrogance, que vos endossez consciemment ou pas.
Prenez déjà conscience que votre posture défensive n’est pas de nature à vraiment éclairer le débat dans un dialogue ouvert, mais vise plutôt à vous conférer un statut social usurpé, basé sur une compétence présumée, mais non avérée.
Descendez de vos grands chevaux de croisés et enlevez votre armure donquichottesque pour adopter une attitude d’ouverture qui vous mènera sur le chemin de la découverte et d’une meilleure connaissance de la nature, complexe et écosystémique, dans une attitude de curiosité et d’ouverture. C’est le fondement de la démarche scientifique, qui se veut par essence antidogmatique.
La science progresse à tâtons dans une démarche rigoureuse qui produit de la connaissance dont la validation doit passer la dure épreuve de la reproductibilité, ce qui prend le temps et les ressources nécessaires.
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La nature n’a que faire de nos dictats autocratiques s’appuyant sur de soi-disant consensus scientifiques. Elle est simplement ce qu’elle est. C’est à nous de la découvrir et de la décrire avec la plus grande fidélité possible.
Engagez-vous dans la démarche scientifique en étant avertis que l’un des plus importants angles morts de la science est le réductionnisme excessif qui ignore ce qu’il ne connait pas et peine à concevoir les interactions inextricables des multiples éléments qui régissent la complexité écosystémique du vivant.
Le réductionnisme excessif nous entraîne irrémédiablement dans un labyrinthe d’explosion combinatoire dont la seule issue est un cul-de-sac de non-sens métaphysique.
Engagez-vous sur le chemin de l’humilité qui mène à la sagesse qui fait prendre conscience de nos angles morts en s’accommodant de l’inconfort de ne pas savoir. Cela nous préserve de sauter aux conclusions hâtives et simplistes pour soulager l’angoisse de notre ignorance. Et non, ce n’est pas parce que c’est publié dans des revues scientifiques que c’est reproductible, donc fiable.
Évidemment, ce serait formidable si c’était ainsi, mais ce n’est hélas pas le cas. Il faut beaucoup d’expertise, d’expérience en recherche, de validation et de débats pour démêler le vrai du faux. Alors prudence avec les conclusions hâtives.
Mécompréhension de la science
Plus spécifiquement, commencez d’abord à bien comprendre ce qui est scientifique ou ne l’est pas. Et puis nous pourrons entamer un véritable dialogue à la place d’un discours manichéen en mode moralisateur.
Ce discours s’autorise à distribuer les étiquettes de vrais ou faux, comme si vous étiez les gardiens de la vérité écrite dans un grand livre par d’obscures autorités «scientifiques» qui vous auraient octroyé un accès privilégié à ce savoir incontestable.
Si on peut en débattre, c’est de la science. Si on ne peut questionner, c’est du scientisme et de la propagande.
Nous sommes d’accord qu’on devrait tous prendre garde de ne pas être sous l’emprise de la pensée dite «anti-science». Un manque de rigueur scientifique générera plus d’illusion de connaissance, et par conséquent, plus de confusion.
Encore faudrait-il s’entendre sur les définitions de ce qui est considéré comme scientifique afin de disqualifier judicieusement les propositions «anti-science».
Je vous propose une version à laquelle je souscris et je vous invite à en débattre si vous êtes en désaccord avec mes propos. Ensuite, demandez-vous si vos décryptages jettent plus d’éclairage que de confusion sur les sujets que vous avez l’audace d’aborder du haut de votre statut de commentateurs prétendument éclairés.
D’entrée de jeu, je suis prêt à vous donner le bénéfice du doute en assumant que vous opérez de bonne foi et que vous êtes simplement dans la confusion.
Mais si vous persistez dans votre refus d’engager un dialogue pour vous «déconfusionner», je serai tenté de conclure à un déficit de bonne foi de votre part et à m’interroger sur vos véritables motifs.
La véritable posture d’un scientifique est le doute systématique qui nous convie au principe de précaution élémentaire, lequel peut se décliner ainsi. À moins que je ne puisse suffisamment comprendre comment cela fonctionne, je préfère m’abstenir d’avoir une opinion et je poursuis ma démarche avant de prendre des décisions définitives.
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Mon guide pour naviguer dans les zones d’incertitude est de me rabattre sur des concepts qui ont passé l’épreuve de l’expérience et du temps.
Après la simplicité volontaire, je propose, en cas de doute, de faire la promotion de l’abstention volontaire d’opinion, libre et éclairée.
Voici une liste non exhaustive de propos «anti-science» dans le tortueux parcours de la démesure sanitaire déployée pour la gestion de la Covid-19 que je vous invite à examiner pour amorcer le dialogue.
Et si, pour toute réponse, vous persister avec vos attaques en étiquetant de «faux» tout ce qui vous déplait et que vous ne comprenez visiblement pas, comme ce pauvre bougre qui pensait insulter Cyrano de Bergerac en lui disant qu’il avait un gros nez, permettez-moi de vous répondre à la manière de ce dernier:
Accordez-moi la grâce, oh grands décrypteurs en herbe imbus de votre importance, que l’abysse de votre ignorance ne devienne l’étalon de référence pour jauger la véracité et la pertinence de mon opinion libre et éclairée.
Vous savez, chers décrypteurs en herbe, de telles affectations, ça se soigne! Mais visiblement pas par vous. Vous devriez consulter!
Une invitation à l’humilité et à la réflexion
J’invite aussi tous les fidèles disciples qui s’abreuvent au récit de ces décrypteurs en herbe, en s’abritant sous le dôme de leur chambre à écho, à vous questionner.
Demandez-vous s’ils sont vraiment des guides bienveillants pour vous faire traverser le désert de la confusion et de l’insécurité qu’elle engendre.
Ayez la sagesse de vous interroger si ces sources de réconfort intellectuel et émotionnel sont authentiques ou de simples mirages de faux prophètes qui relaient des opinions achetées dans le grand magasin du prêt à penser de la dernière mode de la bien-pensance.
Peut-être devriez-vous décrypter ces décrypteurs en herbe avant de leur faire confiance aveuglément.
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La différence entre la propagande et l’information, c’est que la propagande s’impose à vous alors que l’information, si elle vient parfois à vous, il faut souvent aller la chercher, la contextualiser et on peut la questionner.
Le monde est complexe et bien sûr qu’il nous faut déléguer à d’autres humains et institutions ce que nous pouvons penser sur une foule d’enjeux importants. Mais, nous ne sommes pas forcés d’avoir une opinion et nous sommes les seuls à pouvoir déterminer à qui nous pouvons faire confiance.
Vous seriez avisé de bien évaluer si ces décrypteurs en herbe qui prétendent vous guider dans la traversée du désert de l’ignorance ont une véritable connaissance du terrain et surtout, un bon compas moral.













