Selon les vœux du président Macron, à Paris, la finale de la Ligue des Champions devait être synonyme de «rayonnement» de la France. Elle laisse plutôt augurer une décadence de la France, raconte le journaliste Alexis Brunet.
Située dans la petite couronne parisienne, Saint-Denis est l'une des villes les plus pauvres du pays. De l'aveu de son propre maire, elle ne parvient pas à endiguer l'insécurité qui la submerge depuis de nombreuses années.
Samedi dernier, un nouveau palier a été franchi à l’occasion du match opposant Le Liverpool FC au Real Madrid.
Les vidéos s'accumulent. Des groupes de jeunes en survêtement, pour la plupart issus de l’immigration, s'introduisent de force dans le stade en fin d'après-midi. La police a bien du mal à les contenir.
«Des filles déshabillées» et «des centaines de jeunes armés de cutters»
D'une rare violence, quelques vidéos montrent des scènes de tabassage de supporters.
Interrogé par un journaliste de Valeurs actuelles, un policier a confié «n'avoir jamais vu un tel acharnement sur les victimes» et emploie le terme de «carnage».
Sur la Toile, de multiples témoignages mettent en scène des supporters anglais ou espagnols se faire menacer, dépouiller ou frapper par des jeunes en bandes organisées.
Les témoignages de supporters concordent tous sur le traumatisme que leur a laissé la soirée. Ils étaient venus en France pour faire la fête, ils en repartent avec une vision de l'Enfer.
Dans le 20 Minutes espagnol, un supporter du Real Madrid évoque «des centaines de jeunes, armés de cutters, qui agressaient et traquaient les supporters». «Puis j'ai découvert que beaucoup de filles avaient été déshabillées et volées», ajoute le même supporter, qui confie avoir dû payer 90 euros à un riverain en voiture pour sortir du quartier en un seul morceau.
Dans les mêmes colonnes, un autre supporter évoque «des armées de braqueurs qui chassaient les supporters».
Sur son compte Twitter, le ministre des Affaires étrangères, Gérald Darmanin, a accusé les supporters anglais d'être à l'origine de ce chaos. Immédiatement, il a suscité une levée de boucliers de la part d'internautes indignés.

Beaucoup dénoncent la mollesse du gouvernement face aux agissements de voyous en bandes organisées. Si elle n'a pas utilisé ce terme, Joanne Anderson, la maire travailliste de Liverpool, s'est jointe au concert, fustigeant la gestion calamiteuse du match et le sort réservé aux supporters anglais par les forces de l'ordre.
En effet, des vidéos montrent de paisibles supporters anglais recevoir des jets de bombe lacrymogène sans raisons valables.
Traitement à géométrie variable
D'un côté, des bandes de voyous qui agissent dans une certaine impunité. De l'autre, des supporters accusés de tous les maux et faciles à mater.
Un paradoxe qui illustre l'attitude du gouvernement français, aux yeux d'une partie de l'opinion française, face à la montée de la violence: fort avec les faibles, faible avec les forts.
Un traitement à géométrie variable qui n'est pas sans rappeler celui réservé au mouvement des Gilets jaunes, lors duquel 350 manifestants avaient été blessés à la tête et 30 avaient été éborgnés par les forces de l'ordre.
La France est-elle capable d’accueillir les JO de 2024?
Après cette nuit de chaos, 105 personnes ont été interpellées. En juillet 2024, la France accueillera les Jeux olympiques. La presse européenne se demande très sérieusement si la France sera capable d'assurer la tranquillité aux millions de touristes qui viendront y assister.
Depuis déjà quelques années, des pays donnent des consignes de sécurité pour ses citoyens se rendant dans certaines zones de France. Frappé d'opprobre international, le gouvernement d'Emmanuel Macron n'a guère le choix.
S'il veut que la France reste dans le rang des nations dites civilisées, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, devra prendre à bras le corps le problème de l’«ensauvagement» auquel la France est confrontée, selon le terme employé par le politicien.











