La Loi sur la liberté académique adoptée par le gouvernement Legault en juin 2022 est toujours sans effet, puisque la censure continue de progresser dans les institutions d’enseignement. Cette situation est totalement inacceptable.
Madame la ministre,
Il y a un an déjà, votre gouvernement a fait adopter la Loi sur la liberté académique. Cette loi proclame «le droit de toute personne d’exercer librement et sans contrainte doctrinale, idéologique ou morale, telle la censure institutionnelle, une activité par laquelle elle contribue à l’accomplissement de la mission de l’établissement».
Cette même loi stipule également le droit «d’exprimer son opinion sur la société et sur une institution, y compris l’établissement duquel la personne relève, ainsi que sur toute doctrine, tout dogme ou toute opinion».
En tant que ministre de l’Enseignement supérieur, l’application et le respect de cette loi relèvent de vos fonctions.
D’ailleurs, le 17 janvier 2023, vous écriviez aux dirigeants des établissements universitaires du Québec pour leur rappeler que «sous aucune condition nous ne devrions tolérer la censure dans les milieux universitaires».
Vous ajoutiez à juste titre: «La censure inhibe la pensée, et la réflexion sous l’emprise de la peur entrave la poursuite de l’excellence qui est au cœur de la mission universitaire».
Des actions sont urgentes
De bien belles paroles. Malheureusement, sans actions concrètes de votre part pour donner suite à cette missive, ces mots demeurent sans impact.
Pendant ce temps, l’Université Laval continue de s’acharner sur le professeur Patrick Provost, cherchant à le censurer par tous les moyens en lui imposant une quatrième sanction.
Visionnez notre grande entrevue avec Patrick Provost
L’Université invoque le cadre réglementaire entourant la qualité de la recherche, clamant ainsi qu’il a préséance sur votre loi. Le Syndicat des professeures et professeurs de l’Université défend monsieur Provost.
De nouveaux cas troublants
Ce n’est pas le seul cas. L’Université McGill est poursuivie par le chargé de cours Jonathan Dagenais pour discrimination à l’embauche. Sans oublier une certaine moralisation de la science comme le mentionnait l’historien et sociologue des sciences Yves Gingras lors du dernier congrès de l’ACFAS.
Ces atteintes à la liberté académique endommagent sérieusement la crédibilité de nos établissements universitaires et la qualité de la recherche scientifique.
Madame la ministre, votre loi est bafouée. Et votre silence est inexcusable. Prenez vos responsabilités et faites appliquer votre loi.
Serge Cloutier
PhD. en Microbiologie-Immunologie de l’Université Laval
Ancien candidat du Parti conservateur du Québec dans Repentigny













