Devant l’Enquête Allison, l’ex-journaliste de CTV et CBC Rodney Palmer a accusé Radio-Canada d’avoir sacrifié le journalisme durant la pandémie pour devenir un média d’État comparable à ceux qu’il a observés en Chine, en Syrie et en Corée du Nord.
Rodney Palmer n’a pas mâché ses mots. Vendredi, devant l’Enquête Allison, l’ancien journaliste canadien a accusé CBC d’avoir troqué sa mission de diffuseur public contre celle d’un véritable appareil de propagande durant la pandémie de Covid-19.
Palmer sait de quoi il parle: il a travaillé pendant une vingtaine d’années dans les grands médias, notamment comme journaliste d’enquête à CBC et comme correspondant étranger et chef de bureau de CTV News en Inde, en Chine et au Moyen-Orient.
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«J’ai vu CBC se transformer en un type de diffuseur semblable à ceux que j’avais observés en Chine, en Syrie et en Corée du Nord», a-t-il lancé.
Tenue du 8 au 11 septembre sur la colline du Parlement, l’Enquête Allison (Allison Inquiry en anglais) est une initiative non partisane présidée par le député conservateur Dean Allison. L’enquête vise essentiellement à recueillir les témoignages de Canadiens qui affirment avoir subi des effets indésirables après avoir reçu un vaccin contre la Covid-19.
De l’information à la propagande
Selon Palmer, un véritable diffuseur public travaille «du bas vers le haut»: les journalistes recueillent les faits sur le terrain, puis les nouvelles les plus importantes remontent progressivement jusqu’au réseau national. Un média d’État fonctionnerait à l’inverse, en imposant d’en haut un même discours à l’ensemble de ses journalistes.
«Il utilise le même appareil, les mêmes chefs d’antenne, les mêmes reporters. Mais le message vient du sommet et tout le monde parle d’une seule voix», a-t-il expliqué.
Comme premier exemple, Palmer a présenté une séquence diffusée par The National en avril 2020. CBC y conseillait aux Canadiens de se méfier d’un proche affirmant que le coronavirus pouvait avoir été fabriqué en Chine. Or, soutient-il, l’origine du virus n’avait alors aucunement été établie.
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«Ils ne présentaient aucune preuve. Il n’y avait aucune collecte d’information», a-t-il dénoncé. Plus grave encore, à ses yeux, CBC cherchait à semer la méfiance dans les familles: «Le véritable message était: "Ne faites pas confiance à votre vieux père stupide."»
Il reproche également au diffuseur d’avoir utilisé de la musique anxiogène et d’autres procédés émotionnels dans ses reportages. «La peur était ce qu’ils vendaient. Ce n’était pas de l’information», a-t-il tranché.
Les effets indésirables censurés
Palmer s’est ensuite attaqué à la couverture par CBC des campagnes de vaccination. Il a notamment rappelé qu’en décembre 2020, une émission destinée aux jeunes affirmait qu’aucun problème important de sécurité n’avait été découvert, alors que Santé Canada surveillait déjà des cas d’anaphylaxie.
L’ancien correspondant a surtout relaté le cas de Marianna Klowak, une journaliste chevronnée de CBC Manitoba. Celle-ci avait recueilli les témoignages de personnes disant avoir subi des effets indésirables et consulté des spécialistes préoccupés par les cas de myocardite et de péricardite.
Selon Palmer, CBC aurait retardé son reportage pendant cinq semaines et refusé la diffusion des propos des experts choisis par la journaliste, au motif qu’ils risquaient d’alimenter «l’hésitation vaccinale».
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«Ce n’est pas mon travail de favoriser l’hésitation ou de jouer les meneuses de claque pour le vaccin. Mon travail consiste à dire la vérité sur ce qui se passe dans ce pays», aurait alors répondu Klowak, avant de prendre sa retraite.
Palmer a aussi reproché à CBC d’avoir présenté à répétition des membres de ScienceUpFirst comme de simples experts indépendants, sans toujours rappeler que cette initiative avait reçu du financement fédéral pour lutter contre la «désinformation» et promouvoir la vaccination de masse.
Faire taire par les étiquettes
Pour Palmer, les expressions «antivaccin», «complotiste» et «désinformation» ont servi à marginaliser les voix dissidentes. «Cela va plus loin que ce que faisait la Chine. On atteint ici un niveau nord-coréen de diffusion étatique, où l’on attaque ceux qui disent la vérité», a-t-il accusé.
Ces étiquettes auraient ainsi poussé de nombreux Canadiens à se taire. «Personne ne veut être accusé de ces choses. Voilà comment la censure fonctionne efficacement: vous ne voulez pas porter ces étiquettes, alors vous vous taisez et vous vous autocensurez», a-t-il plaidé.
Palmer maintient que CBC aurait dû enquêter davantage sur ces cas — notamment les signalements de thrombose avec thrombocytopénie, de myocardite et de péricardite — plutôt que de les écarter au nom de la lutte contre la «désinformation».
«Si CBC avait fait son travail, nous ne serions pas ici aujourd’hui», a-t-il conclu. «Ce n’est plus un diffuseur public. C’est un diffuseur d’État, et il a fait ce qu’on lui disait de faire.»













