«Mort à Khamenei»: Facebook songe à autoriser le slogan

Une manifestante tient une corde de potence lors d'un rassemblement à Lyon en France, le 8 janvier 2023, contre le régime iranien. Photo: Jean-Philippe KSIAZEK/AFP.

Mardi le 10 janvier 2023, à 17:30

Le conseil de surveillance de Meta, la maison mère de Facebook, a demandé au réseau social d’autoriser une publication contenant le message «mort à Khamenei», le guide suprême iranien, message qui a été censuré par la plateforme.

 

Dans sa décision rendue lundi, «le conseil estime que la suppression de la publication n’est pas conforme aux standards de la communauté de Meta, à ses valeurs ou à ses responsabilités en matière de droits de l'homme.»

 

«Dans le contexte de cette publication et de la situation sociale, politique et linguistique générale en Iran, +marg bar Khamenei+ (+mort à Khamenei+ en farsi, ndlr) doit être compris comme +à bas+. Il s’agit d’un slogan rhétorique et politique, et non d’une menace crédible», poursuit l'instance qualifiée d'indépendante mais financée par Meta.

 

La publication visée date de juillet 2022: elle contient une caricature de l'ayatollah Ali Khamenei avec la légende «mort au gouvernement islamique anti-femmes» et «mort à son sale leader Khamenei».

 

Les manifestations continuent

 

Depuis septembre, l'Iran est en proie à une vague de protestations, déclenchées par la mort de Mahsa Amini. Cette Iranienne de 22 ans est décédée après son arrestation par la police des mœurs, qui lui reprochait d'avoir enfreint le code vestimentaire strict du pays pour les femmes.

 

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Le conseil de surveillance juge que l'incapacité de Facebook à faire respecter la liberté d'expression «a conduit à réduire au silence le discours politique visant à protéger les droits des femmes».

 

Modération ou censure?

 

Meta doit fréquemment trancher entre la modération de contenus pouvant être jugés violents et la défense de liberté d'expression. 

 

Le groupe est aussi pointé du doigt par des observateurs pour avoir collaboré avec Washington dans le but de promouvoir la politique étrangère du gouvernement américain.

 

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En mars dernier, peu après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg avait par exemple décidé de faire des exceptions à son règlement sur l'incitation à la violence et à la haine en tolérant des messages hostiles à l'armée et aux dirigeants russes.

 

Meta avait par la suite clarifié sa position en affirmant ne pas autoriser des menaces de mort contre des chefs d'État ou des citoyens russes.