«Salope»: ces agressions que la diversité rend indicibles

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Vendredi le 7 août 2026, à 12:45

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«Salope»: ces agressions que la diversité rend indicibles
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À 9 h 30, en pleine rue à Montréal, Geneviève Pettersen s’est fait traiter de «salope». Une scène vécue par des milliers de femmes. L’ex-enseignante Maude Boyer nous raconte la sienne, entre harcèlement, tabous et peur de froisser la «diversité».

 

Casablanca, le 8 juin 2016.

 

Hier, j’ai couru à la Corniche avec mon groupe de course. Mehdi, le gentil organisateur, fait très jeune homme de bonne famille et est bien apprécié des «madames».

 

On était seulement cinq participantes aujourd’hui. Que des femmes. On a couru jusqu’au Morocco Mall. Ça me fait toujours du bien de sentir la mer et d’entendre les vagues. C’est comme si ça me lavait le cerveau et effaçait les soucis de la journée. 

 

Après la course, vers 18 h 30, les autres sont allées prendre un café. J’ai décliné: je voulais juste rentrer chez moi avec ma baguette achetée Chez Paul.  

 

La baguette et le boulevard

 

Je marchais, tranquille, sur le boulevard Zerktouni quand deux jeunes hommes m’ont accostée. L’un d’eux m’a détaillée de bas en haut, les yeux fixés sur mes leggings. 

 

— Fous-moi la paix ! 

Il m’a traitée de «vieuille». 

— Ben oui, j’suis vieille. Raison de plus pour me laisser tranquille. 

— Va t’habiller, «vieuille» Française! 

Sans réfléchir, j’ai brandi ma baguette comme une épée: 

— Pis à part de ça, j’suis même pas Française, j’suis Québécoise! Dégage, mon tab***k! Son ami l’a tiré par la manche avant que ça dégénère. La soirée avait pourtant si bien commencé.

 

Ce que l’on tait

 

Geneviève Pettersen a vécu à peu près la même scène, à 6000 kilomètres de distance et sans baguette pour se défendre. L’autrice et chroniqueuse raconte s’être fait traiter de «salope» un matin à 9 h 30, en plein quartier central de Montréal. 

 

Ce qui a particulièrement frappée la chroniqueuse, c’est le déluge de messages de femmes ayant vécu la même chose. Elle précise toutefois qu’elle ne donnera aucun détail sur le profil des hommes concernés, pour ne pas attiser le «racisme». Selon elle, c’est «irrelevant».  

 

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Or, passer sous silence ce que plusieurs savent déjà crée un tabou. Et ce tabou, loin de protéger qui que ce soit, alimente la méfiance. Les normes sociales concernant les rapports entre les hommes et les femmes diffèrent d'une culture à l'autre. Le reconnaître n'a rien de raciste. 

 

Cependant, vouloir protéger coûte que coûte les sensibilités culturelles relève d’une certaine condescendance et finit par créer les amalgames qu’on voulait éviter.

 

Ni les hommes issus de la diversité culturelle ni les femmes n'ont intérêt à ce que certains faits soient passés sous silence au nom de la crainte de froisser ou d'alimenter les préjugés. 

 

La misère sexuelle de l'islam

 

Ce que Madame Pettersen ne veut pas préciser, l’auteur algérien, Kamel Daoud, en fait le cœur de sa réflexion dans un article publié dans Le Monde en 2016 à la suite des agressions sexuelles de masse à Cologne. 

 

Les suspects sont, pour la plupart, des réfugiés du Maghreb et du Moyen-Orient. Dans son article «Cologne, lieu de fantasmes», Kamel Daoud ose dénoncer la misère sexuelle du monde arabe et «le rapport malade à la femme, au corps et au désir». 

 

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Sans fermer les portes à l’ouverture à l’autre, il rappelle que l’accueil des migrants ne se résume pas à donner des papiers, mais à « accepter le contrat social d’une modernité».

 

Notre contrat social fragilisé

 

Le Québec est l’une des sociétés les plus ouvertes au monde. Il suffit d’avoir vécu à l’étranger pour s’en rendre compte. La plupart de ceux et celles venus participer à notre destin collectif apprécient cette ouverture et cette liberté. 

 

Notre contrat social, l’égalité homme-femme, est non négociable. C’est ensemble qu’il faut en parler. Sans censure, ni tabou et, si possible, sans avoir besoin d’une baguette pour se défendre.