Un gel salarial pour les élus, jusqu’à l’équilibre budgétaire

Photo: page Facebook officielle de l'Assemblée nationale du Québec.

Lundi le 17 août 2026, à 10:30

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Un gel salarial pour les élus, jusqu’à l’équilibre budgétaire
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Avec 141 625 $ par année, les députés québécois sont mieux payés que les élus de 47 États américains et de huit autres provinces canadiennes. Il est temps de geler leur salaire jusqu’au retour de l’équilibre budgétaire. 

 

Un député de l’Assemblée nationale gagne chaque année environ 76 000 $ de plus que le contribuable québécois moyen qui paie son salaire.

 

Contrairement à ce qu’on entend souvent, il n’est pourtant pas nécessaire de payer nos politiciens plus de 140 000 $ par année pour avoir un gouvernement qui fonctionne.

 

L’argument est bien connu: pour attirer les meilleurs candidats en politique, il faut offrir des salaires élevés. Ces gens talentueux prendront de meilleures décisions et les contribuables en sortiront gagnants. Belle théorie, mais les données racontent toutefois une autre histoire.

 

Le Québec paie le gros prix

 

La Fédération canadienne des contribuables a récemment publié son Rapport sur la rémunération des élus infranationaux, qui compare la rémunération des élus provinciaux canadiens à celle des élus des États américains, ainsi que les résultats obtenus pour les contribuables.

 

Le constat est frappant: les politiciens provinciaux canadiens gagnent environ deux fois plus que leurs homologues américains, alors que les Canadiens paient généralement plus d’impôts et profitent d’une économie moins prospère.

 

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Le salaire médian d’un politicien provincial au Canada atteint 113 637 $. Aux États-Unis, il n’est que de 45 002 $. Et le Québec est loin de faire preuve de modestie.

 

En 2025, le salaire de base d’un député québécois atteignait 141 625 $, soit plus du double de la rémunération annuelle moyenne d’un travailleur québécois, qui tourne autour de 65 000 $.

 

Les députés ont d’ailleurs obtenu une augmentation de près de 10 000 $ en 2025, après s’être déjà accordé une hausse salariale de 30% en 2023.

 

Avec 141 625 $ par année, les députés québécois étaient mieux payés que les élus de 47 États américains et de huit autres provinces canadiennes. Seuls New York, la Californie, la Pennsylvanie et l’Ontario versaient davantage à leurs élus.

 

À salaire élevé, résultats médiocres

 

On pourrait peut-être défendre de tels salaires si les résultats étaient exceptionnels. Ils ne le sont pas.

 

Le Québec impose l’un des taux marginaux d’imposition combinés les plus élevés en Amérique du Nord. Et sur le plan de la prospérité, le portrait n’est guère plus reluisant: le Québec se retrouve presque au bas du classement du PIB par habitant parmi les provinces et les États américains étudiés.

 

Prenons le Dakota du Nord. Ses élus gagnent à peine plus de 10 000 $ par année. Pourtant, son PIB par habitant dépasse celui de chacune des provinces canadiennes.Visiblement, des salaires de première classe ne garantissent pas des résultats de première classe.

 

Lier la paie à la performance?


Alors, pourquoi ne pas renverser la logique? Plutôt que de garantir des salaires généreux aux politiciens en espérant obtenir de bons résultats, leur rémunération devrait être directement liée à la prospérité des contribuables qui paient la facture.

 

Le travailleur québécois moyen gagne environ 65 000 $ par année. Pourquoi son député devrait-il automatiquement gagner plus du double?

 

Le principe pourrait être simple. Si le gouvernement réduit les impôts, élimine la paperasse, attire des investissements et contribue ainsi à enrichir les Québécois, les politiciens pourraient eux aussi obtenir une augmentation.

 

Mais si le gouvernement augmente les taxes, alourdit la réglementation, fait fuir les investissements et accumule les déficits pendant que les Québécois s’appauvrissent, les politiciens devraient eux aussi subir une baisse de salaire.

 

Après tout, pourquoi seraient-ils protégés des conséquences de leurs propres décisions?

 

Le confort de l’argent public

 

Et avant de sortir les mouchoirs pour le pauvre député qui devrait survivre avec le même salaire que le contribuable moyen plutôt qu’avec environ 76 000 $ de plus, rappelons que les élus profitent également d’avantages généreux, notamment d’un régime de retraite financé en bonne partie par les contribuables.

 

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Réduire leur salaire pourrait même avoir un effet ailleurs. Il deviendrait beaucoup plus difficile pour certains élus municipaux de justifier des rémunérations largement supérieures à 100 000 $ si les députés de l’Assemblée nationale gagnaient eux-mêmes beaucoup moins. Et les économies seraient bien réelles.

 

Ramener le salaire de base des 125 députés au niveau de la rémunération moyenne des travailleurs québécois permettrait aux contribuables d’économiser environ 9,5 millions de dollars par année.

 

Pas d’équilibre, pas de hausse

 

À l’approche des élections québécoises, tous les partis devraient prendre un engagement simple: geler le salaire des députés jusqu’au retour à l’équilibre budgétaire.

 

Le prochain gouvernement héritera de finances publiques dans le rouge. Avant de demander aux Québécois de lui faire confiance pour redresser la situation, il devrait commencer par donner l’exemple.

 

À quelques mois des élections, la question mérite donc d’être posée à tous les candidats : qui, parmi les futurs élus de l’Assemblée nationale, s’engagera à refuser sa prochaine augmentation de salaire le 1er avril 2027 tant que le budget ne sera pas équilibré?