Argentine: la techno-surveillance davantage utilisée sous Milei?

Des passants près du Congrès argentin, alors que des partis de gauche manifestent contre les réformes économiques de Javier Milei, à Buenos Aires, le 1er février 2024. Photo: Juan MABROMATA pour l’AFP.

Lundi le 24 août 2026, à 11:30

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Argentine: la techno-surveillance davantage utilisée sous Milei?
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Amnesty International dénonce le déploiement accéléré des technologies de surveillance dans l’Argentine de Milei, pourtant reconnu pour ses idées libertariennes. Une «infrastructure techno-autoritaire» qui s’inscrit dans une dérive mondiale.

 

Amnesty International dénonce dans un rapport un «recours croissant aux technologies de surveillance» en Argentine depuis plus de deux ans sous le gouvernement de Javier Milei, avec selon elle un «effet dissuasif» sur les libertés, d'expression ou de rassemblement.

 

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Dans son rapport «Sensing the surveillance state» (Ressentir l'État de surveillance») publié mercredi, l'organisation de défense des droits estime qu'entre les réformes, notamment celle en 2024 du service de renseignement, et les acquisitions de technologies, «la population en Argentine est soumise à une surveillance généralisée, tant dans l'espace physique que numérique».

 

«Ces technologies font désormais partie intégrante de l'infrastructure de contrôle étatique, prenant pour cible la dissidence, dissuadant les mouvements de protestation», estime Matt Mahmoudi, chercheur et conseiller sur l'intelligence artificielle et les droits humains à Amnesty.


«Tendance mondiale»

 

«Ce à quoi on assiste en Argentine ne constitue pas un cas isolé», relève-t-il toutefois, mais une «tendance mondiale». «Une vague mondiale d'autoritarisme numérique», résume le rapport, qui voit des États se livrant à des pratiques autoritaires «intensifier leur recours aux technologies de surveillance» ciblant notamment les défenseurs des droits, dissidents, jeunes et migrants.

 

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Le rapport d'Amnesty s'appuie sur quelques entretiens individuels (21 personnes) dans la société civile, dont des journalistes, des militants, des retraités – qui chaque mercredi manifestent devant le Parlement argentin pour la défense de leurs pensions –, des jeunes et des défenseurs des droits.

 

Au moins 1,2 million en contrats

 

L'organisation dit aussi avoir analysé des dizaines de documents relatifs à des marchés publics et à l'acquisition de technologies de surveillance en 2024 et 2025, pour au moins 1,2 million de dollars, évalue-t-elle.

 

Parmi celles-ci, une licence pour la technologie de reconnaissance faciale de la société américaine Clearview AI, entreprise «connue pour exploiter massivement des données biométriques sans base juridique suffisante» en divers contextes dans le monde, souligne Amnesty.

 

Clearview a ces dernières années fait l'objet de plusieurs amendes des autorités françaises, grecques, néerlandaises, britanniques notamment, pour entorse aux réglementations sur la protection des données.

 

Des données puisées partout?

 

Le gouvernement argentin, relève Amnesty, s'est aussi doté de plateformes de renseignement en source ouverte conçues pour la collecte, le recoupement et la visualisation de grands volumes de données provenant des réseaux sociaux, d'internet, de l'internet clandestin, des données personnelles ou autres bases de données.

 

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Que ce soit en matière d'acquisition, de production ou d'usage de ces technologies, Matt Mahmoudi pour Amnesty appelle les autorités argentines à «faire la preuve de (leur) détermination à protéger les droits humains en veillant à ce que l'utilisation des systèmes de surveillance basés sur l'IA» par les acteurs publics ou privés «ne soit pas incontrôlée».