Baisses d’impôts: Poilievre et Carney font monter les enchères

Mark Carney à gauche et Pierre Poilievre à droite. Photo: compte X de CityNews Kitchener.

Lundi le 31 mars 2025, à 10:00

Poilievre et Carney promettent tous les deux des baisses d’impôts. Mais sur le fond comme sur la forme, c’est le chef conservateur qui prend l’avantage avec des propositions plus audacieuses et plus cohérentes.

 

Après des années à se faire vider les poches par les taxes et impôts à tous les niveaux, voilà qu’en pleine campagne électorale, nous assistons à une véritable surenchère de baisses d’impôt. 

 

Le nouveau chef du Parti libéral du Canada, Mark Carney, en a fait sa première promesse: une réduction d’un point de pourcentage sur le taux d’imposition du premier palier. 

 

Selon ses projections, une famille à deux revenus pourrait économiser jusqu’à 825$ par année. 

 

Poilievre a l’avantage

 

Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur, a rapidement surenchéri. Il propose de faire passer ce même taux de 15% à 12,75%, ce qui représente une économie potentielle allant jusqu’à 1800 $ par année pour une famille semblable — soit plus du double de ce que propose Carney.

 

Les deux principaux partis fédéraux se livrent donc une bataille explicite sur le terrain de l’allègement fiscal. Et pour l’instant, c’est Poilievre qui prend l’avantage, tant sur le plan de l’ampleur de la réduction que sur sa portée symbolique.

 

Une économie de 1800$ pour une famille, ce n’est pas qu’une statistique. 

 

Cela représente un mois complet d’épicerie, plusieurs inscriptions à des activités parascolaires, ou simplement un peu d’oxygène dans un budget de plus en plus contraint.

 

Dans un contexte où 43% du revenu moyen d’une famille canadienne est prélevé en impôts, chaque engagement pour alléger leur fardeau fiscal est le bienvenu.

 

Entre-temps, le poids de l’État a atteint un seuil difficilement justifiable. 

 

Aujourd’hui, les contribuables canadiens versent davantage en taxes qu’ils ne dépensent pour se loger, se nourrir et se vêtir réunis. 

 

Dans un pays où près de la moitié de la population vit d’une paie à l’autre, cette situation n’est tout simplement plus soutenable.

 

Taxe carbone: Carney ambivalent

 

Les promesses de baisses d’impôt s’accompagnent également d’engagements à réduire le fardeau de la taxe carbone. De son côté, Carney propose de suspendre la taxe pour les consommateurs dès le 1er avril. 

 

Cela représenterait, en moyenne, 13$ d’économie par plein pour une minifourgonnette, 20$ pour un camion, et environ 400$ par année pour un ménage, notamment en chauffage. 

 

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À moins de vivre au Québec, tous les Canadiens profiteront de ce répit.

 

Mais cette promesse de soulagement immédiat cache une réalité plus trouble. Carney ne parle pas d’abolir la taxe carbone, mais bien de la «modifier»

 

Son plan consiste à maintenir, voire à renforcer les taxes carbone imposées aux entreprises, avec l’espoir que les électeurs ne feront pas le lien entre ces hausses déguisées et l’inflation des prix à la consommation.

 

Ce qu’il évite de dire, c’est qu’une raffinerie ou une usine d’engrais n’absorbera pas ces coûts par magie. Elle les refilera aux détaillants, qui les transmettront aux consommateurs. 

 

Résultat: une hausse du prix de l’essence, de l’épicerie et des biens de base. 

 

Même logique pour les grandes industries comme l’acier ou l’aluminium, qui risquent simplement de déménager leurs activités chez nos voisins américains, où aucune taxe équivalente ne les pénalise.

 

C’est ici que la promesse de Pierre Poilievre se démarque nettement. Il est le premier chef d’un grand parti fédéral à s’engager formellement à abolir non seulement la taxe carbone pour les consommateurs, mais également celles qui s’appliquent aux entreprises.

 

Cette approche vise à rétablir un certain équilibre fiscal, mais surtout à éviter un exode industriel motivé par une politique environnementale devenue trop punitive. 

 

En plus de coûter cher aux contribuables, ces taxes fragilisent nos industries, ralentissent notre économie et minent notre compétitivité.

 

Tournant

 

Après des années de hausses fiscales, cette campagne électorale s’amorce avec un vent de changement favorable aux contribuables. 

 

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Il est maintenant impératif que les chefs de tous les partis s’engagent à offrir des baisses d’impôt substantielles, non seulement pour les particuliers, mais aussi pour les entreprises, si on souhaite véritablement redonner du souffle à notre économie face aux pressions américaines.

 

Parce qu’à terme, ce n’est pas en taxant davantage qu’on crée de la prospérité — c’est en libérant le potentiel de ceux qui la bâtissent.