Des baisses d’impôts pour faire face au Trump 2.0

Photo: AFP.

Lundi le 13 janvier 2025, à 10:15

Face à la menace de tarifs douaniers de 25% et aux promesses de baisse d'impôts du côté américain, Ottawa et Québec doivent alléger le fardeau fiscal pour protéger notre économie et contrer l'exode des capitaux.

 

Impossible d’ignorer Donald Trump et ses menaces de tarifs de 25% sur les exportations canadiennes. La crainte qu’il passe à l’action dès son entrée à la Maison-Blanche se fait sentir jusqu’à Ottawa.

 

Une telle décision aurait certainement des conséquences dramatiques pour notre économie. 

 

Pourtant, un enjeu tout aussi alarmant passe sous le radar: notre niveau d’imposition.

 

Lors de son premier mandat, Trump a réduit les impôts pour presque tous les Américains. Il s’est engagé à le faire à nouveau lorsqu’il était en campagne électorale. On ne change pas une recette qui fonctionne, comme le dit le dicton. 

 

Un fardeau encore plus pesant

 

De notre côté de la frontière, on ne peut en dire autant. Nos taux d’imposition, déjà peu compétitifs, risquent de paraître encore plus lourds si les États-Unis abaissent de nouveau leurs impôts.

 

Prenons un exemple concret: un travailleur avec un revenu brut de 75 000$ par année. Au Québec, cette personne verse environ 39,5% de son revenu en impôts. Sur les 61 juridictions nord-américaines, les Québécois sont nettement les plus imposés.

 

 

Nous pouvons rendre notre cadre fiscal plus compétitif, tant à Ottawa qu’à Québec. 

 

 

De l’autre côté de la frontière, dans l’État voisin de la Pennsylvanie, le taux est de 25%. Même en Californie, un des États les plus taxés, le taux ne grimpe qu’à 30%. Mais ce n’est pas qu’une question d’impôt sur le revenu. 

 

Aux États-Unis, les taxes de vente et les coûts d’électricité sont généralement plus bas, sans compter l'absence d'une taxe carbone aussi coûteuse qu’au Canada. 

 

Si le Québec fait meilleure figure pour ses coûts en énergie et sa taxe carbone (SPEDE) moins coûteuse que celle implantée par Ottawa, la liste des avantages s’arrête là.

 

Pour les revenus plus élevés, l’écart est encore plus frappant. Un Québécois qui gagne 150 000$ se voit confisquer 53,3% de son salaire par les gouvernements provincial et fédéral. 

 

Comparez cela à la Pennsylvanie: 27%. Même en Californie, on reste à 33,3%.

 

Et au Texas? Un contribuable empochant 150 000 $ par année ne paie que 24 % d’impôts. Oui, vous avez bien lu. Un Texan avec un tel revenu paie moins d'impôts qu'un Québécois qui fait… la moitié!

 

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Alors que Trump planifie d’autres baisses d’impôt, l’écart fiscal entre le Canada et les États-Unis pourrait s’accroître. 

 

Pourtant, ni Justin Trudeau, ni le premier ministre du Québec, François Legault, ne semblent pressés de mettre un peu d’argent dans les poches des contribuables.

 

Si François Legault a réitéré à plusieurs reprises son intention de réduire le fardeau des contribuables, il a toutefois affirmé lors du dépôt du budget 2024-2025 que cela était conditionnel à sa réélection. 

Le temps presse

 

Mais le Québec ne peut attendre les prochaines élections pour devenir plus compétitif. Il doit le devenir dès maintenant.

 

Lors des élections de 2022, Legault s’était engagé à réduire les impôts de 2,5% pour les deux premiers paliers d’imposition, une mesure prévue pour être mise en œuvre progressivement sur une période de 10 ans.

 

La première baisse d’impôt de 1% est effective depuis le 1er juillet 2023 et permet à un contribuable québécois d'économiser jusqu’à 814$ en impôt. 

 

Cette réduction est bien appréciée, mais il n’en reste pas moins que le reste de ces baisses d’impôt est crucial, tant pour le portefeuille des contribuables que pour la compétitivité de notre économie.

 

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Quant à Ottawa, il y a aussi de l’espace pour des baisses d’impôt significatives. Une part non négligeable du fardeau fiscal vient du gouvernement fédéral.

 

Trudeau pourrait réduire l’impôt des particuliers de 20% sans creuser le déficit, simplement en coupant dans les subventions aux entreprises.

 

En 2021, le gouvernement fédéral a dépensé 47 milliards de dollars en aides aux entreprises. Imaginez ce que cet argent pourrait représenter pour les familles canadiennes si on le redistribuait.

 

On ne peut pas contrôler les décisions de Trump lorsqu’il sera de retour dans le Bureau ovale. Mais nous pouvons rendre notre cadre fiscal plus compétitif, tant à Ottawa qu’à Québec. 

 

Si nous voulons freiner l’exode des salaires et des capitaux vers nos voisins du Sud, notre gouvernement doit se réveiller et réduire le fardeau fiscal pour tous les contribuables.