La victoire écrasante de la CAQ doit engager un débat sur le mode de scrutin et une importante discussion sur l’iniquité intergénérationnelle due au vieillissement de la population.
La démocratie a parlé et il n’est aucunement question de contester les résultats qui sont sans équivoque, mais il faudra prendre rapidement acte du désenchantement que provoque déjà cette victoire chez un pan important de la population.
Après deux ans de gestion autoritaire, d’état d’urgence normalisé et dans un contexte d’éclatement idéologique, il n’est plus normal ni acceptable qu’un seul parti puisse obtenir le monopole du pouvoir avec environ 40% des voix au grand total, au suffrage universel.
Pour une réforme du mode de scrutin
Une refonte du mode de scrutin est plus que nécessaire pour combattre le cynisme qui s’est emparé en l’espace de quelques minutes d’une partie marginalisée de la population en rupture avec le système.
Depuis quelques années, nous vivions déjà une importante crise de la représentation, mais cette distorsion démocratique due au mode de scrutin uninominal à un tour accentue le sentiment de nombreux citoyens de ne pas être entendus par la classe politique.
Non seulement ces citoyens ont l’impression que leurs idées sont boudées et dénigrées dans les grands médias, mais ils ont l’impression que la mécanique propre à notre démocratie est conçue de manière à les exclure du jeu politique. C’est malsain.
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Dans les prochains temps, encore faudra-t-il que ce débat sur le mode de scrutin apparaisse vraiment dans les médias, à une époque de régression intellectuelle où les Netflix de ce monde intéressent souvent plus que la politique.
Encore faudra-t-il, aussi, que la CAQ fasse preuve d’ouverture dans ce domaine, ce qui est loin d’être acquis alors qu’elle est hautement favorisée par le système actuel.
Une victoire de la gérontocratie
Comme je l’écrivais récemment, le Québec semble décidé à se complaire dans son statut périphérique d’aire protégée en retrait de la jungle mondiale.
Ce résultat est révélateur de l’emprise des plus vieux sur la société québécoise dans une ambiance de déclin et de provincialisation à vitesse grand V.
Ce n’est pas un hasard si la gestion de la pandémie a favorisé les plus vieux au détriment d’une jeunesse à qui l’on a dit d’arrêter de vivre pour sauver ses aînés.
Je serai franc: une portion grandissante de la population n’a plus vraiment d’autre projet que de profiter de sa retraite avant la mort, ce qui se traduit par une politique favorable à ses intérêts, une politique à court terme qui conforte son mode de vie. Sur le plan écologique comme sur le plan économique et idéologique.
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Sans le caricaturer, le Québec est tristement devenu une gérontocratie, c’est-à-dire un régime par les plus vieux et pour les plus vieux.
Vivant à Mexico depuis quelques années, quand je rentre au Québec, je suis toujours frappé de voir à quel point est visible et tangible cette réalité démographique, les jeunes se faisant de plus en plus rares dans des rues désertées au profit du monde virtuel.
Le réveil des endormis?
La vérité, c’est que de nombreux Québécois ont adoré vivre sous confinement, ce qui n’est pas totalement étranger à l’imposition de ce mode de vie pantouflard et grincheux.
Dans une autre perspective, il est amusant de voir certains partisans du sanitarisme caquiste commencer à réaliser les dégâts causés par ce régime funeste sur le tissu social, prenant tranquillement conscience de la dévitalisation du Québec.










