Référendum repoussé à cause de Trump: le piège que se tend PSPP

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon. Photo: page Facebook officielle de PSPP.

Mardi le 18 août 2026, à 10:05

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Référendum repoussé à cause de Trump: le piège que se tend PSPP
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Paul St-Pierre Plamondon repousse tout référendum après le départ de Donald Trump. Jérôme Blanchet-Gravel explique pourquoi cette stratégie envoie, selon lui, un message contradictoire avec le projet même d’indépendance.

 

Paul St-Pierre Plamondon s’engage à ne pas tenir de référendum sur la souveraineté du Québec avant le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche. 

 

«Parce qu’un enjeu aussi crucial que celui de l’avenir politique du Québec exige des conditions qui permettent un débat éclairé et serein. Il ne doit pas être confisqué par les soubresauts de la politique américaine, ni par les coups d’éclat d’un président imprévisible, ni par des campagnes de peur», explique-t-il.

 

Rien avant janvier 2029

 

Il précise même: «Formellement, cela signifie donc qu’un gouvernement du Parti Québécois ne tiendra pas de référendum avant le 20 janvier 2029, date de la fin du mandat de Trump à la Maison-Blanche.»

 

Je considère cette stratégie profondément contre-productive. Cette mise au point en forme d'aveu de faiblesse envoie plusieurs messages qui vont à l’encontre même du projet d’indépendance et de ce qu’il devrait chercher à incarner.

 

Attendre quoi, exactement?

 

Premièrement, rien ne garantit que l’ordre international soit plus stable après Trump. L’histoire est par nature imprévisible. Dans les Amériques, le retour de la doctrine Monroe ne tient d’ailleurs pas seulement à la personnalité explosive du président américain: il répond à une réalité géopolitique durable, notamment à la montée de l’influence chinoise dans l’hémisphère. 


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Trump partira, mais les rapports de force qui expliquent en partie sa politique étrangère, eux, demeureront.

 

Attendre un contexte international rassurant ou «confortable» avant de faire l’indépendance revient donc potentiellement à attendre indéfiniment. Il y aura toujours une crise, une guerre, une élection américaine, un bouleversement économique ou une nouvelle menace susceptible de justifier un report.

 

Le refuge canadien

 

Deuxièmement, cette stratégie suppose implicitement que le Québec pourrait avoir besoin du Canada pour «faire bloc» face aux États-Unis. 

 

Mais jusqu’où pousse-t-on cette logique? Si un président dans la lignée de Trump arrive au pouvoir après l’indépendance, le Québec devrait-il alors chercher de nouveau refuge derrière Ottawa?

 

Un pays ne choisit pas ses voisins ni les gouvernements qu’ils se donnent. Il apprend à composer avec eux et à défendre ses propres intérêts. Faire dépendre le calendrier référendaire québécois de la situation politique américaine revient à reconnaître que le Québec ne serait pas prêt à affronter seul les aléas du monde extérieur.

 

Les États-Unis comme menace

 

Troisièmement, les souverainistes choisissent encore de présenter les États-Unis d’abord comme une menace plutôt que comme un partenaire potentiel. Derrière le discours indépendantiste demeure ainsi une préférence étonnamment nette pour le cadre canadien.

 

Pourtant, un Québec souverain aurait tout intérêt à développer avec Washington une relation directe, pragmatique et fondée sur ses intérêts économiques, énergétiques et géopolitiques propres. 

 

C’est l’un des paradoxes de cette position: réclamer l’indépendance tout en laissant entendre que la protection du Canada devient indispensable dès que l’environnement extérieur paraît menaçant.

 

La souveraineté sous condition

 

Enfin, cette stratégie conforte la peur ambiante au lieu de la combattre. Elle donne de la souveraineté l’image d’un projet timoré, frileux et dépendant des circonstances, alors qu’un souveranisme authentique et courageux devrait chercher à démontrer qu’un Québec souverain est capable de défendre ses intérêts dans un monde stable comme instable.

 

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On imaginerait d’ailleurs difficilement un mouvement indépendantiste ailleurs dans le monde remettre ainsi son destin entre les mains du président d’un pays voisin. 

 

Un projet souverainiste crédible doit partir de ce principe: l’avenir sera toujours incertain, et l’indépendance doit donner au Québec les moyens de défendre lui-même ses intérêts, quelles que soient les circonstances.