Royaume-Uni: des enfants de cinq ans signalés pour mariage forcé

Photo: AFP.

Lundi le 31 août 2026, à 14:25

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Royaume-Uni: des enfants de cinq ans signalés pour mariage forcé
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Au moins 100 enfants de 12 ans ou moins ont été signalés aux autorités britanniques pour des mariages forcés réels, possibles ou soupçonnés entre 2021 et 2025. Parmi eux, 27 avaient cinq ans ou moins.

 

Des enfants âgés de cinq ans ou moins figurent parmi les victimes potentielles de mariages forcés signalées au Royaume-Uni, révèlent des données du Home Office obtenues par demande d’accès à l’information et rapportées lundi par le Telegraph.

 

Au moins 100 victimes depuis 2021

 

Entre 2021 et 2025, au moins 100 enfants âgés de 12 ans ou moins ont été référés à la Forced Marriage Unit (FMU), l’unité gouvernementale chargée des mariages forcés. Parmi eux, 62 avaient dix ans ou moins et 27 avaient cinq ans ou moins. Le Home Office a refusé de révéler l’âge du plus jeune enfant concerné afin d’éviter qu’il puisse être identifié.

 

Un signalement ne signifie toutefois pas nécessairement qu’un mariage a effectivement eu lieu. Selon le Home Office, il peut s’agir d’un mariage forcé réel, potentiel ou soupçonné.

 

Dans le cas de très jeunes enfants, certains peuvent notamment avoir été promis à un futur conjoint plusieurs années avant que le mariage ne soit prévu.

 

Dame Jasvinder Sanghera, militante britannique qui a elle-même fui sa famille à 14 ans pour échapper à un mariage forcé, a qualifié les chiffres de «profondément troublants». Elle prévient également que certains enfants pourraient manquer à l’appel à la rentrée scolaire et appelle les enseignants et les professionnels à signaler davantage les situations suspectes.

 

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Depuis 2023, l’âge minimal du mariage est fixé à 18 ans en Angleterre et au pays de Galles. Forcer quelqu’un à se marier constitue par ailleurs une infraction criminelle au Royaume-Uni.

 

Les filles pakistanaises en tête des victimes 

 

Les statistiques générales de la Forced Marriage Unit permettent aussi de savoir à quels pays les dossiers de mariage forcé sont rattachés.

 

Dans l’ensemble des cas traités en 2025, le Pakistan arrivait très largement en tête avec 165 dossiers, soit 41% du total. Suivaient le Bangladesh avec 9% et l’Afghanistan avec 7%. Ces trois pays à majorité musulmane représentaient donc à eux seuls 57% des 406 dossiers traités cette année-là.

 

Il faut cependant bien comprendre ce que mesure le Home Office. Le «pays de référence» n’est pas nécessairement le pays de naissance ou la nationalité de la victime. C’est le pays auquel le mariage forcé est lié: celui où il doit avoir lieu, où il a déjà eu lieu ou encore celui où réside le conjoint.

 

Les victimes se trouvent d’ailleurs très souvent déjà au Royaume-Uni. Parmi les dossiers liés au Pakistan en 2025, 75% des victimes étaient au Royaume-Uni au moment du signalement. Cette proportion atteignait 86% dans les dossiers liés au Bangladesh et 79% dans ceux liés à l’Afghanistan.

 

Le phénomène peut également se dérouler entièrement sur le territoire britannique: 58 dossiers traités en 2025, soit 14% du total, ne comportaient aucun élément étranger.

 

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Le Pakistan domine ces statistiques depuis plusieurs années. Il représentait 49% des dossiers en 2023 et 45% en 2024. Le Bangladesh et l’Afghanistan figuraient eux aussi parmi les principaux pays de référence.