L’Université Laval a inauguré une chaire de recherche consacrée à «l’hésitation vaccinale». Pour le chercheur Patrick Provost, il s’agit moins d’y mener des recherches scientifiques que de défendre la politique du gouvernement. Entrevue.
«C’est orienté politiquement. […] On prétend s’intéresser à tous les vaccins, mais c’est évident qu’on cherche à comprendre la réticence des gens à se faire vacciner contre la Covid-19. La réticence est pourtant simple à expliquer: les risques de ces vaccins sont démesurés par rapport aux bénéfices», assure le chercheur de renommée internationale.
Les «complotistes» comme objet d’étude
Le 21 octobre dernier, l’Université Laval a en effet inauguré une chaire de recherche dont le but est d'étudier le comportement des gens réfractaires à la vaccination.
Portant officiellement le nom de Chaire en santé publique appliquée sur l’anthropologie des enjeux de la vaccination, elle est la première du genre au Canada et sera dirigée par l’anthropologue Ève Dubé de l’Institut national de Santé publique du Québec (INSPQ).
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Pour mener leurs recherches, Ève Dubé et son équipe vont bénéficier de 1,1 million $ provenant des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).
«On détourne la mission du système de santé»
Plus de deux ans après la première vague, Patrick Provost déplore qu’on cherche encore à «empêcher de connaître le véritable portrait de la Covid-19 au Québec», cette nouvelle chaire participant selon lui à cette volonté bien plus politique que scientifique. «On détourne la mission du système de santé», lâche-t-il.
La création de cette chaire de sciences sociales fait dévier l’attention vers un enjeu secondaire, alors que le principal enjeu reste le vaccin en tant que tel, en particulier ceux utilisant la technologie ARN (Pfizer et Moderna).
En juin dernier, rappelons que le chercheur a été suspendu huit semaines sans salaire par l’Université Laval pour avoir critiqué la vaccination des enfants contre la Covid-19 dans une conférence remontant au 7 décembre 2021.
«Ces vaccins sont encore en phase d’expérimentation et pourtant, le gouvernement du Québec s’entête avec sa politique de vaccination de masse. […] Mes collègues critiques et moi ne sommes pas du tout opposés aux vaccins traditionnels. Mais nous n’avons aucun recul par rapport aux vaccins à ARN messager», précise le professeur au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l’Université Laval.
Quand l’État s’en mêle
Le fait que la chaire soit le fruit d’un partenariat entre l’Université Laval et l’INSPQ prouve selon lui son caractère politique. Il rappelle aussi que l’IRSC, qui assurera le financement, n’est pas lui-même totalement dépourvu de financement provenant de géants pharmaceutiques.
«L’INSPQ n’est pas indépendant scientifiquement. Des gens qui y travaillent peuvent mener des travaux objectifs, mais la direction reste soumise au ministère de la Santé et des Services sociaux. L’INSPQ a souvent servi à donner un imprimatur scientifique à des décisions politiques», constate l’universitaire.
Intimidation en laboratoire
Depuis qu’il est associé par les défenseurs inconditionnels du sanitarisme à la mouvance «anti-vax», Patrick Provost doit composer avec un climat hostile dans son milieu de travail. Il confie à Libre Média subir une certaine forme d’intimidation à l’Université Laval.
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«Ma relation avec certains de mes collègues s’est détériorée. […] Mes étudiants subissent des préjudices. Par exemple, ils n’ont pas accès à certains équipements», s’indigne celui qui dirige depuis vingt ans un laboratoire de recherche sur la biologie des ARN.
Le 29 septembre dernier, Patrick Provost a été auditionné par un comité de l’Université Laval à propos d’une plainte déposée contre lui par un citoyen choqué de l’entendre critiquer la vaccination sur les ondes de Radio X.
Il risque maintenant d’être suspendu six mois sans salaire par son employeur, ayant été averti que la deuxième sanction pourrait être plus sévère que la première.
Inclusive, l’Université Laval?
Patrick Provost peine à croire que l’Université Laval fasse toujours la promotion de sa politique EDI (équité-diversité-inclusion), alors qu’elle n’a jamais appliqué ces beaux principes avec lui.
«Équité? Je n’ai pas fait l’objet d’un traitement équitable. Diversité? L’université n’a pas respecté la diversité d’opinion. Inclusion? J’ai été exclu».
Enfin, il déplore la couverture complaisante par les grands médias de la création de cette chaire, surtout qu’il garde en tête le retrait par Québecor, fin juin dernier, de son texte «Le véritable portrait de la Covid-19 au Québec», texte que Libre Média a republié en intégralité.
«Québecor cautionne la nouvelle chair et donc, participe à imposer un vaccin qui est encore expérimental. Parallèlement, Québecor cherche à étouffer les voix dissidentes comme la mienne», conclut-il en entrevue.













