Pour l’animateur radio Guillaume Ratté-Côté, la région de Québec est devenue incapable de se gouverner de manière autonome sans toujours chercher l’appui de la métropole. Une mentalité de colonisé?
Il est plutôt impressionnant de constater que lorsque des électeurs délaissent la CAQ, c’est pour retourner à son ancêtre. Notre capacité à tourner en rond ne doit pas être sous-estimée!
PSPP dispose assurément d’un savoir-être qui le distingue de ses concurrents. Et il sait se faire populiste (dans le bon sens du terme) à un degré surprenant. Mais son parti demeure le même: un rassemblement de progressistes utopistes. Exactement le type qui oriente la CAQ vers des politiques si impopulaires depuis ses premiers pas au pouvoir.
Cette impopularité est particulièrement prononcée dans la région de Québec, où la CAQ est en grande difficulté. Mais les gens de Québec rejettent toujours le seul parti proposant des projets avec lesquels est en accord la majorité, le PCQ. Pourquoi? Je voudrais offrir une hypothèse.
Une région unique
La région de Québec est la seule région urbaine réellement francophone en Amérique. Cette homogénéité est évidemment porteuse, plus qu’ailleurs, des traits caractéristiques du peuple canadien-français. Si bien de ces traits sont des apports positifs, il y en a un qui, assurément, est moins favorable, et découle de notre passé de colonisés: la quête de validation.
Nous protestons, mais en gros, dans les limites de ce que nous permettent les «experts» de la métropole.
Nous avons de la difficulté à nous faire confiance et à nous assumer. Nous en sommes capables à l’occasion, mais jamais assez et cela nous défavorise. Le «mystère Québec» est donc aussi plutôt prévisible et téléguidé.
Tant autrefois nous avons cherché l’approbation des patrons anglophones, tant aujourd’hui, nous faisons très peu de choses sans qu’elles soient avalisées par l’establishment médiatico-politique montréalais. Même pas nos votes de protestation. Nous protestons, mais en gros, dans les limites de ce que nous permettent les «experts» de la métropole.
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Cette réalité est pathétique et contre-productive. Mais que faire pour y remédier? Voici une piste de solution qui paraîtra sans doute radicale, mais qui, ne serait-ce que par une adhésion partielle de la population, pourrait peut-être nous affranchir des diktats montréalais sur les affaires de Québec. Il s’agit de parler de faire de cette région un pays!
Une capitale indépendante?
Dans une ère où la souveraineté des pays est mise à mal par ce qui semble une attaque coordonnée, partout en Occident, où les frontières semblent ingérables, et où les avancées globales se font souvent au détriment des communautés équilibrées, pourquoi ne pas lancer un mouvement sécessionniste pour la Capitale nationale, en réaction, aussi, à cette métropole qui n’hésite pas à s’ingérer dans nos affaires et qui réclame toujours plus d’autonomie?
Sans penser réellement au jour J, le simple fait de couver un mouvement comprenant un appui important à ce projet aiderait la région à obtenir enfin les projets qu’elle souhaite. Que ces projets ne soient plus décidés systématiquement depuis Montréal, quand on daigne autoriser ne serait-ce que les plus humbles d’entre eux.
Autrement, notre nature si particulière de Gaulois ne survivra pas longtemps. Déjà, Québec se modèle rapidement sur les grandes villes du continent. Déjà, les problèmes qui y sont typiques se font plus préoccupants. Les homicides sont en hausse comme la violence, l’itinérance, le trafic de drogue (fentanyl), etc. Ce n’est pas une fatalité. Il faut essayer de l’éviter. Mais sans proposition radicale, Québec risque de suivre tout simplement le courant du continent.
Voir notre reportage sur l’itinérance à Québec: «L’itinérance zéro, c’est juste pour avoir des votes»
Au surplus, il serait intéressant de voir les péquistes qui caracolent dans les sondages en promettant que tous nos problèmes seraient réglés avec l’indépendance se dépêtrer devant un tel mouvement, aussi irréaliste peut-il paraître. Nous aurions là le pavé dans la mare le plus bénéfique de notre histoire municipale. Et tant qu’à tourner en rond, autant prendre un virage qui enfin pourrait être réellement à notre avantage.













