Après son passage en politique municipale, Balarama Holness a décidé de créer une nouvelle formation politique pour défendre les intérêts des Montréalais au niveau provincial. Quelles sont les principales propositions de ce parti?
Balarama Holness, le chef du Bloc Montréal, s'est entretenu avec Libre Média.
Simon Leduc: Plusieurs commentateurs de tendance nationaliste vous associent à un courant qui voudrait séparer la métropole du reste du Québec. Alors tout d’abord, est-ce que le Bloc Montréal est une sorte de parti séparatiste montréalais?
Balarama Holness: «Pas du tout. Notre parti propose des politiques pour rendre Montréal plus riche et prospère et la population des régions va en bénéficier.»
Pourquoi avez-vous décidé de créer un nouveau parti politique?
Balarama Holness: «Je veux que la métropole québécoise obtienne plus de pouvoirs qui sont, en ce moment, entre les mains du provincial. J’estime que Montréal devrait avoir une certaine autonomie dans les domaines économique, culturel, de l’immigration et de l’accès au logement. Mon engagement politique est clairement centré sur ces enjeux-là.»
Avez-vous pensé joindre le Parti libéral du Québec au lieu de former une nouvelle formation politique?
Balarama Holness: «Je ne me reconnais pas dans le Parti libéral du Québec actuel. Je n’ai pas du tout aimé sa position sur le projet de loi 96 concernant la réforme de la langue française. À un moment donné, Dominique Anglade était pour la législation et un autre jour, elle s’y opposait.
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Par exemple, les libéraux étaient pour l’obligation, pour tous les étudiants des cégeps anglophones, de suivre trois cours de français. Maintenant, les libéraux sont contre. Il y a clairement un manque de leadership politique au sein du PLQ. Pour cette raison, c’était difficile pour moi d’y adhérer.»
Pensez-vous que le PLQ a pris l’appui de la communauté anglophone pour acquise?
Balarama Holness: «Je crois que lorsqu’il était au pouvoir, le PLQ a négligé non seulement les anglophones, mais aussi les francophones des régions du Québec. Je pense que les libéraux ont pris les Québécois et Québécoises pour acquis et cela peut expliquer leurs récents déboires.»
Où se situe votre parti, le Bloc Montréal, sur le plan idéologique?
Balarama Holness: «Le Bloc Montréal défend les intérêts de tous les Montréalais. Donc, on ne veut pas se définir sur l’axe gauche-droite. On est le parti de l’ensemble de la population montréalaise.»
Combien de candidats allez-vous présenter le 3 octobre?
Balarama Holness: «Le Bloc Montréal présente quinze candidats dans la région de Montréal et dans la circonscription de Chomedey à Laval. On veut vraiment se concentrer sur la grande région métropolitaine de Montréal.»
Quelle est votre position sur la loi 96 sur la langue française?
Balarama Holness: «Je m’oppose fermement à cette législation parce qu’elle ne protège pas la langue de Molière. Cette loi s’en prend uniquement aux entreprises qui fonctionnent dans les deux langues et dans des domaines comme la santé, où les gens veulent recevoir des services en français ou en anglais.
Cette loi va limiter l’accès des anglophones au système de justice. Cette politique ne permettra pas d’améliorer la situation du français au Québec.
Selon moi, tous les Québécois et Québécoises devraient avoir accès à des cours de français de qualité au primaire et au secondaire. L’État québécois devrait améliorer et bonifier l’apprentissage du français dans les écoles de la province.
C’est de cette façon qu’on va enrichir le français au Québec. Ce n’est pas en nuisant à l’anglais et en offrant un apprentissage médiocre du français qu’on va améliorer notre langue. Le fait d’être bilingue est un atout important et tous les Québécois devraient pouvoir en bénéficier.
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Le gouvernement devrait donc mettre en place une politique linguistique pour augmenter le bilinguisme au Québec, car à mes yeux, c’est une richesse de pouvoir communiquer dans les deux langues.»
Dans votre plateforme électorale, avez-vous des propositions pour les régions du Québec?
Balarama Holness: «Si la métropole est riche et prospère, cela va aussi aider les régions. Si la croissance économique de Montréal est forte, les régions vont aussi en bénéficier.
Le Bloc Montréal propose des idées qui vont permettre à Montréal d’être plus forte économiquement. Cela va avoir des effets positifs pour les régions. Cependant, on n’a pas de propositions directes pour les régions du Québec.»
Vous être contre la loi 21 sur la laïcité de l’État. Pourquoi?
Balarama Holness «Pour moi, cette législation est discriminatoire, car il empiète sur les droits des minorités.»
Quelle est la politique d’immigration du Bloc Montréal?
Balarama Holness: «Il faut analyser objectivement combien d’immigrants le Québec devrait accueillir par année et comment ils pourraient s’intégrer à la société québécoise aux niveaux économique et culturel.
On est ouvert à l’immigration économique, mais aussi à l’accueil des réfugiés. Je crois qu’une des solutions de la pénurie de main-d’œuvre est l’immigration économique. Notre parti estime que le Québec a besoin de 90 000 immigrants par année afin de résoudre l’énorme problème de la pénurie de travailleurs.»











