Nouveau convoi samedi: «quelque chose ne va plus au Canada»

Des manifestants opposés au mesures sanitaires abusives sur l'autoroute 15 à Surrey, en Colombie-Britannique, le 12 février 2022. Photo: Jason Redmond pour l’AFP.

Jeudi le 21 juillet 2022, à 17:00

Au Canada et ailleurs dans le monde, un nouveau convoi prendra place ce samedi pour protester contre l’inflation et un possible retour de mesures sanitaires à l’automne. Entrevue avec Joanie B. Pelchat, leader du cortège québécois.


«J’invite toute la population à se joindre à nous pour montrer aux dirigeants qui ne sont plus à l’écoute que nous sommes en désaccord avec eux. [...] Si je réussis à faire changer d’idée une seule personne sur tout ce qui est en train de se passer depuis la pandémie, ce sera une victoire dans mon cœur», lance Joanie B. Pelchat, leader du convoi québécois.
 

D’est en ouest sur l’autoroute 40 

 
Ce samedi 23 juillet, un nouveau cortège se mettra en marche sur l’autoroute 40 d’est en ouest du Québec, de 10h à 17h, en même temps, ou presque, que plusieurs autres initiatives du même genre dans le monde. 
 
Au Québec, au moins 150 camions sont attendus.
 
Les autres provinces canadiennes verront également défiler des poids lourds, à commencer par la Colombie-Britannique, l’Alberta et la Saskatchewan, où le mouvement est bien enraciné. Des processions auront lieu aussi dans certains États américains. 
 
Joanie B. Pelchat invite tous ceux qui voudraient y participer à adopter un comportement sécuritaire. «Nous allons rester sur la voie de droite et respecter les limites de vitesse. Nous n’avons pas l’intention de rester sur place pour un blocus et je n’encourage ni la violence ni la désobéissance», souligne-t-elle. 

L’initiative est prise dans le cadre d’un rally mondial en soutien aux agriculteurs néerlandais qui protestent depuis juin dernier contre la politique de leur gouvernement en matière de changement climatique.
 

Soutien aux «Gilets verts» des Pays-Bas 

 
La crise des «Gilets verts» bat toujours son plein aux Pays-Bas, où le gouvernement a entrepris de réduire de moitié environ la production de viande pour lutter contre les émissions d’azote. Plusieurs manifestations tendues ont lieu aux quatre coins du territoire pour dénoncer l’impact économique de cette décision. 

Dans la nuit du 5 au 6 juillet, les autorités ont ouvert le feu sur un rassemblement d’agriculteurs dans le nord du pays.
 
Le convoi canadien est solidaire des travailleurs de partout dans le monde «qui ont perdu l’appui de leurs dirigeants», souligne Joanie B. Pelchat. Il vise aussi à dénoncer la hausse de l’inflation et le retour potentiel de restrictions sanitaires à l’automne.

Avec l’approbation par Santé Canada du vaccin anti-Covid de Moderna pour les enfants de six mois à cinq ans, la colère gronde parmi les rangs des protestataires. 
 
«Vacciner les enfants de cet âge, c’est carrément aberrant quand on sait que les cas sont toujours en hausse malgré la vaccination de masse», s’indigne la militante. 

Après les événements d’Ottawa auxquelles elle avait participé comme organisatrice, Joanie B. Pelchat avait pris une pause pour se consacrer à sa fille.
 

«Nous nous sentons dépossédés»

 
De même, l’événement vise à prévenir les Canadiens des transformations profondes emmenées par l’arrivée de l’identité numérique, la création du métavers et les nouvelles habitudes de vie fondées sur le télétravail.
 
«Nous sommes nombreux au Canada à nous sentir dépossédés et nous voulons lutter contre ce sentiment. [...] C’est nous, les individus souverains, qui sommes les employeurs du gouvernement», insiste la militante. 
 
Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, la plupart des dirigeants occidentaux expliquent la hausse du coût de la vie par ce conflit peut-être appelé à s’éterniser. 

Rappelons que les sanctions économiques contre la Russie ont accentué la hausse du prix du carburant, de même que le blocage de la sortie du blé de l’Ukraine en raison des combats. 

 

Le conflit en Ukraine, une «excuse»?

 
Pour Joanie B. Pelchat, la guerre en Ukraine est une «excuse» utilisée par les politiciens pour minimiser l’impact de la fermeture partielle de l’économie qu’ils ont prônée pour tenter de freiner la propagation du virus. En vain. 

«Assez, c’est assez! [...] Les médias ne nous disent pas tout sur cette guerre. Encore une fois, nous n’avons qu’une seule version de l’histoire. [...] Les politiciens utilisent la guerre en Ukraine pour favoriser leur agenda écologiste et autoritaire», assure-t-elle.  
 
Malgré la tombée des masques, la fréquentation des festivals et la réouverture des restaurants pour l’été, la militante continue de penser que «quelque chose ne va plus au Canada».
 
«Le peuple a toujours peur pour sa souveraineté. C’est ce qu’on sent quand on écoute les gens», conclut-elle avec Libre Média.