En novembre dernier, à l’occasion du congrès du PCQ, le mouvement jeunesse Génération Ambition était lancé. Quels sont ses objectifs? Entretien avec ses porte-paroles Joey Aubé, 29 ans, et Éloïse Coulombe, 20 ans.
Entrevue avec deux jeunes conservateurs.
Simon Leduc: Pouvez-vous nous résumer votre parcours?
Joey Aubé: «Je viens de Montmagny sur la Rive-Sud de Québec. J’ai fait mon secondaire aux adultes et j’ai étudié en sciences humaines au niveau collégial. Durant la pandémie, j’avais commencé des études en science politique à l’Université Laval, mais je leur ai mis un terme, principalement à cause des cours à distance imposés durant la Covid. J’ai conclu que je payais les mêmes frais de scolarité tout en recevant moins de services.
Ensuite, j’ai fait des études et j’ai été diplômé au Collège Radio Télévision de Québec en 2023. Sur le plan politique, j’ai été membre de la CAQ d’octobre 2018 à février 2021. J’ai été membre de la Commission de la relève de la CAQ et pendant deux ans et demi. J’ai quitté cette formation politique à cause des politiques sanitaires du gouvernement Legault.
Je suis allé au Parti conservateur du Québec parce que c’est le seul parti qui partage mes idées politiques. Je suis l’un des premiers à avoir appuyé Éric Duhaime lors de la dernière course à la chefferie du parti. Je suis assez connu dans la sphère conservatrice.»
Éloïse Coulombe: «J’ai obtenu mon diplôme d’étude secondaire en 2020. Ensuite, j’ai fait une technique juridique au cégep où j’ai obtenu mon diplôme en 2022. Présentement, je suis aux études en science politique à l’Université Laval. En 2022, je me suis impliquée avec le Parti conservateur du Québec. J’ai été candidate sous cette bannière dans la circonscription de Soulanges lors des élections générales de 2022.»
Pourquoi vous intéressez-vous autant à la politique et aux idées conservatrices?
Joey Aubé: «On ne choisit pas ses idées politiques à la carte. Elles viennent surtout de l’enseignement qu’on a reçu, de notre enfance et du lieu géographique où on a grandi.
Mon père a été laitier pendant 34 ans. Durant toute sa carrière, il a eu seulement huit semaines de vacances. Il travaillait très fort pour nourrir notre famille. Donc, dès mon enfance, j’ai été attiré par le sens de l’entrepreneuriat et le fait de se débrouiller seul. Selon moi, une personne doit travailler fort afin d’améliorer son sort.
On n’aime pas le côté infantilisant des ailes jeunesse et le fait que les partis politiques n’écoutent pas vraiment les jeunes.
Je suis un conservateur sur le plan économique et fiscal. Je m’oppose à l’idéologie woke qui est en vogue en Occident. Je suis pour le retour de certaines valeurs traditionnelles, mais pas nécessairement religieuses, car je suis athée. Il faut revenir au gros bon sens que j’ai connu dans ma jeunesse avant qu’on tombe dans cette nouvelle réalité depuis une dizaine d’années.
Cependant, je suis progressiste sur le plan social. Je suis ouvertement gai et je suis pour le droit à l’avortement. On peut avoir des discussions sur ces questions sociales, mais je suis plutôt libéral sur ce plan.»
Éloïse Coulombe: «Avant 2020, il n’y avait pas de consensus dans ma famille sur la politique. On arrivait à en parler et à en débattre dans mon cercle familial. C’étaient des échanges vraiment intéressants et c’est de cette manière que j’ai appris à m’intéresser aux différents points de vue. Pour moi, c’est important de pouvoir débattre, d’être confronté aux points de vue des autres et de pouvoir s’exprimer librement. De cette façon, les discussions sont plus saines et la démocratie en sort gagnante.
Sur les campus, les jeunes sont encore capables de débattre et d’avoir des idées différentes. Je crois que les valeurs conservatrices (les libertés et responsabilités individuelles, l’entrepreneuriat et l’autonomie), peuvent se rapprocher de notre génération. On arrive à débattre. Ce n’est pas parce qu’on pense différemment qu’on n’est pas capable de se parler.»
Vous avez décidé de créer un mouvement politique, Génération Ambition. Pourquoi n’avez-vous pas plutôt créé une aile jeunesse pour le Parti conservateur du Québec?
Joey Aubé: «Le plan initial était de fonder une aile jeunesse du PCQ, mais j’ai reçu beaucoup de commentaires de jeunes impliqués au PCQ et ailleurs qui m’ont convaincu de faire autre chose. On n’aime pas le côté infantilisant des ailes jeunesse et le fait que les partis politiques n’écoutent pas vraiment les jeunes. On a l’impression que les jeunes sont uniquement de potentiels candidats poteaux pour les partis. À la CAQ, j’ai vu ce phénomène de l’intérieur.
On voulait aussi avoir une indépendance vis-à-vis du PCQ. Ce n’est pas qu’on n’apprécie pas le parti. On a annoncé la création du notre mouvement au Congrès du PCQ, car c’est le seul parti qui partage nos idées et qui défend les valeurs des jeunes conservateurs. Le Parti conservateur du Québec est l’unique formation qui remet en question le modèle québécois.
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On voulait créer un mouvement jeunesse transpartisan et indépendant pour être autonomes. On ne voulait pas être perçu comme la marionnette d’Éric Duhaime. Génération Ambition veut aller chercher des jeunes qui proviennent d’autres partis, tant provincial qu’au fédéral. Alors, ceux qui ne s’impliquent pas au PCQ sont les bienvenus dans notre mouvement.»
Éloïse Coulombe: «L’an dernier, j’avais été approchée par le PCQ pour créer une aile jeunesse. Mais, à mes yeux, une aile jeunesse est trop prisonnière de la ligne de parti. On voulait donc aller au-delà des idées du PCQ. Si des jeunes ont des idées différentes de celles du PCQ, on veut qu’ils puissent les exprimer librement.»
Quels sont les principaux objectifs de Génération Ambition?
Joey Aubé: «On va bientôt dévoiler notre logo officiel et on va être présent sur les réseaux sociaux afin de retrouver les jeunes qui sont présents sur Instagram, Facebook, Twitter et Tik Tok. De plus, on est en train de créer un serveur sur la plateforme Discord qui est assez connu par le monde du gaming. Prochainement, on va lancer un site Internet pour présenter nos idées. Quand on va avoir un membership officiel, qui sera payant, on veut devenir autosuffisant et éventuellement organiser des événements.
On veut donner une voix aux jeunes conservateurs et conservatrices et montrer qu’on est un mouvement légitime. On veut démontrer que les jeunes ne sont pas tous progressistes, wokes, écoanxieux, etc., qu’ils ne pensent pas tous que la planète va exploser dans deux ans…»
Éloïse Coulombe: «On veut aller sur les campus (les radios étudiantes et les podcasts), afin de présenter notre vision des choses et nos valeurs conservatrices. On souhaite que les jeunes qui adhèrent aux idées conservatrices ne se sentent pas seuls et isolés et qu’ils puissent librement s’exprimer où qu’ils se trouvent. Les jeunes ne sont pas tous des progressistes à la sauce Québec solidaire. Il y a des jeunes qui sont plus à droite et ils doivent pouvoir s’exprimer librement et sans gêne dans l’espace public.»













