Taxe sur l’essence: Éric Duhaime répond à La Presse

L’éditorialiste Stéphanie Grammond (gauche) et le politicien Éric Duhaime (droite). Montage par Libre Média.

Mardi le 16 janvier 2024, à 07:00

Éric Duhaime a proposé au nom de son parti de baisser la taxe sur l’essence. Le surlendemain, le journal La Presse condamnait la mesure par la voix de son éditorialiste en chef, mais lui refuse un droit de réplique. Libre Média publie son texte.  

 

Réplique au texte de Stéphanie Grammond paru le 12 janvier 2023 dans La Presse.

 

La question de baisser les taxes sur l’essence divise et soulève les passions.

 

Au Parti conservateur du Québec, nous voulons donner un répit aux familles québécoises durement touchées par l’inflation, l’augmentation du prix du panier d’épicerie et la hausse des taux d’intérêt.

 

La taxe sur l’essence touche tout le monde, en haussant le prix de l’ensemble des produits que nous consommons. Les Québécois sont ceux qui paient le plus de taxes sur l’essence de toutes les provinces canadiennes et de tous les États américains, soit plus de 61 cents du litre.

 

Plusieurs autres provinces ou États ont suspendu cette taxe au cours des dernières années. Le dernier en liste, le Manitoba a suspendu, depuis le 1er janvier, sa taxe provinciale sur l’essence de 14 cents. Une mesure qui vient d’un gouvernement de gauche néo-démocrate fraîchement arrivé au pouvoir.

 

Pas au Québec

 

À l’instar de la CAQ, du PLQ, de QS ou du PQ, l’éditorialiste en chef de La Presse, Stéphanie Grammond, s’oppose à une telle baisse de taxe. Pire, elle proposait même vendredi dernier de l’augmenter. «À court terme, il faudrait relever la taxe sur l’essence», écrit-elle.

 

Elle calcule qu’en tenant compte de l’inflation, «le prix de l’essence à la pompe était plus élevé en 2013 (1,72 $) qu’en 2023 (1,58 $) au Québec».

 

On appelle cela du «cherry-picking». Elle aurait tout aussi bien pu dire qu’au printemps 2020, le prix de l’essence a atteint 0,811 $ à Québec et 0,855 $ à Montréal, soit la moitié de ce que l’on paie présentement.

 

 

La taxe sur l’essence devient ainsi de plus en plus une taxe régressive, c’est-à-dire qu’elle touche les plus démunis qui n’ont pas les moyens de se payer de dispendieuses voitures hybrides ou électriques.

 

 

Madame Grammond souligne ensuite que les taxes sur l’essence sont trois fois plus élevées en France ou en Italie qu’ici.

 

Effectivement, nous vivons en Amérique du Nord. Un immense territoire, avec une densité de population beaucoup plus faible. Nous comptons moins de moyens de transports collectifs et devons parcourir de plus grandes distances.

 

Madame Grammond note également que «les recettes des taxes sur l’essence au Québec ont diminué de 2,3% par année, depuis cinq ans, alors que pratiquement tous les autres types de taxes sont en croissance.»

 

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Une des raisons de cette diminution, qui ira d’ailleurs en s’accélérant, est l’augmentation de véhicules hybrides et électriques sur nos routes.

 

La taxe sur l’essence devient ainsi de plus en plus une taxe régressive, c’est-à-dire qu’elle touche les plus démunis qui n’ont pas les moyens de se payer de dispendieuses voitures hybrides ou électriques et se contentent de rouler avec des minounes au gaz. Ce sera de plus en plus le cas d’ici 2035, année où le gouvernement Legault veut éliminer la vente de voitures neuves à essence.

 

Cette taxe est d’autant plus inéquitable que les voitures électriques sont plus pesantes et endommagent davantage les routes que les véhicules à essence.

 

Ne croyez pas, de toute façon, que payer plus de taxes vertes, rouges ou orange garantit moins de nids-de-poule. Nous sommes l’endroit qui taxe le plus l’essence, mais essayez de trouver une autre place où les routes sont dans un état si lamentable.

 

Le Québec trop taxé

 

Ce n’est pas uniquement vrai pour la taxe sur l’essence. L’étude de la Chaire en fiscalité et en finances publiques, citée par madame Grammond, révèle que le poids des recettes fiscales en pourcentage du PIB s’élève à 32,8% au Canada en 2022, comparativement à 38,9% au Québec pour la même période.

 

C’est donc dire que 6,1% de toute la taille de l’économie se retrouve dans les coffres du gouvernement québécois plutôt que dans les poches des contribuables et des travailleurs.

 

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Notre défi collectif devrait être de réduire cet écart plutôt que trouver de nouvelles manières d’aller piger plus d’argent dans les poches des Québécois.

 

Le principe de l’utilisateur-payeur ou d’écofiscalité n’est pas mauvais en soi, mais il ne doit pas servir de prétexte pour continuer d’engraisser la taille d’un État déjà obèse et faire maigrir le frêle portefeuille du contribuable.

 

Au Parti conservateur du Québec, nous exigeons que chaque nouveau dollar perçu en taxe dite «verte» s’accompagne d’une diminution d’au moins un dollar de taxe ou d’impôt perçu ailleurs.