Agustín Laje est l’un des intellectuels les plus suivis dans le monde hispanophone. En entrevue, il revient sur la victoire de Javier Milei en Argentine dimanche dernier, un président bien décidé à anéantir la «caste politique».
«Il s’agit d’un événement d’envergure internationale», souligne d’entrée de jeu Agustín Laje, l’un des plus célèbres opposants au wokisme dans le monde hispanophone.
Il a beau avoir été présenté comme un fou par les grands médias, «c’est le président qui a reçu le plus de votes de toute l’histoire de l’Argentine en termes absolus et de pourcentage», précise cet intellectuel argentin suivi par 1 million de personnes.
La droite régénérée?
Pour notre invité, Milei incarne l’alliance entre conservateurs et libertariens pouvant relancer la droite dans son nouvel élan, il est «le candidat capable de combattre la gauchisation de l’Amérique».
Milei est un libertarien non progressiste.
Le succès de Milei s’explique en partie par le pont qu’il a réussi à créer entre ces deux tendances dans leur combat commun contre «la religion officielle du wokisme». Une religion propagée par les médias d’État qu’il veut abolir, à l'instar de plusieurs ministères devenus à ses yeux désuets. «Milei est un libertarien non progressiste», résume notre analyste.

Dans un contexte où la Chine – un régime autoritaire et interventionniste – accroît son influence dans la région et où cette dernière compte un grand nombre de présidents de gauche, l’arrivée de Milei au pouvoir à Buenos Aires est un électrochoc. Parmi ces présidents qui se réjouissent bien peu de sa victoire, on peut penser à Lula au Brésil, à López Obrador au Mexique, à Petro en Colombie et à Boric au Chili. Des pays difficiles à ignorer.
À lire aussi: Agustín Laje, ce penseur argentin que tous les wokes rêvent d’annuler
En finir avec la «caste politique», réduire la taille de l'État et abolir la Banque centrale après la libéralisation de l’économie: le programme de Javier Milei est-il trop ambitieux? Risque-t-il de décevoir après avoir créé autant d’espoir? La semaine dernière, l’inflation atteignait encore 143% dans ce pays latin de 46 millions d’habitants.
Parasites étatiques
«Sa gouvernabilité dépendra, entre autres, de sa capacité à réorganiser l’économie», analyse Agustín Laje, qui définit cette fameuse caste comme «une grande famille de politiques qui ne quittent jamais l’État» et un «groupe important de privilégiés qui vivent du travail des autres».
À ce sujet: Javier Milei, une victoire contre le gouvernement monstre
Notre invité – qui connait personnellement Javier Milei – ne peut pas le garantir, mais estime très probable de le voir tenir sa promesse d’abolir la Banque centrale pour dollariser l’économie après avoir préparé le terrain à cette transition. Il s’agit d’une opération délicate qui demande beaucoup de doigté et de préparation. «S’il ne parvient pas à abolir la Banque centrale, il aura trahi son propre programme», assure-t-il.
Indigné par le confinement
L’auteur de plusieurs livres comme Generación idiota et La Batalla cultural nous apprend aussi que les durs confinements imposés en Argentine ont convaincu Javier Milei de se lancer en politique. Rappelons qu'il fait seulement deux ans que son parti La Libertad Avanza a été créé.
Le pays du tango est reconnu pour avoir connu «le plus long confinement au monde», une politique qui aurait eu des effets désastreux sur l’économie et le tissu social, en plus d’avoir fait exploser la violence envers les femmes.
«En Argentine, Javier Milei a été l’une des premières personnes à s’opposer publiquement aux quarantaines involontaires et à la vaccination obligatoire», rappelle-t-il.












