Javier Milei, une victoire contre le gouvernement monstre

Photo de couverture: AFP.

Lundi le 20 novembre 2023, à 12:35

L’économiste «libertarien» Javier Milei vient d’être élu président de l’Argentine. Loin des clichés en vogue, la journaliste Claudia Peiró identifie depuis Buenos Aires les motivations profondes ayant poussé 55,7% des Argentins à se tourner vers lui.

 

Javier Milei a-t-il mis la barre trop haute en promettant une rapide sortie de crise dans ce pays latin où l’inflation atteignait 143% juste avant le scrutin? «C’est la grande question, la grande inquiétude», estime la journaliste Claudia Peiró à Buenos Aires, qui croit cependant que le redressement de l’économie argentine est possible.

 

«État énorme et inefficace»

 

Pour ce faire, Milei doit «moderniser» le pays, «réformer les lois du travail» et diminuer la taille d’un État devenu «énorme et inefficace», selon elle.

 

«Il est vrai que des gens s’attendent à un changement magique, mais si Milei parvient à libéraliser l’économie, l’Argentine pourrait améliorer sa situation», analyse notre invitée moins de 24 heures après l’élection de ce candidat «anti-système».

 

Des projets remis à demain?

 

L’économiste libéral a plaidé ces derniers mois pour l’abolition de la Banque centrale et l’adoption du dollar américain, un programme qu’il repousse déjà à plus loin, devant en premier lieu «normaliser» l’économie, étape préalable à ces changements structurels.

 

Dans son discours de victoire à l’Hôtel Libertador dimanche soir, le président élu est apparu plus modéré qu’à l’habitude et a tendu la main à ses opposants.

 

Pour Claudia Peiró, la victoire de Milei est celle de nouvelles façons de faire dans une société où les médias sociaux influencent la manière de communiquer et donc de faire de la politique. Il y a encore vingt ans, il aurait été impensable qu’un «outsider» sans soutiens institutionnels puisse aspirer à la présidence.

 

Le défi des BRICS

 

À une autre échelle, nous avons appris fin août dernier que l’Argentine rejoindrait les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), un groupe composé de pays aux régimes interventionnistes ouvertement détestés par Milei.

 

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Pour notre invitée, l’intégration du pays du tango à ce groupe est un défi de taille dont il sera intéressant de suivre l’évolution. Le programme du nouveau président va à contre-courant de la perte d’influence des États-Unis en Amérique latine, et parallèlement, à la montée de celle de la Chine dans la région.

 

Comme le rappelle l’agence Bloomberg, après une victoire inattendue aux primaires en août, Milei a déclaré qu’il gèlerait les relations entre Buenos Aires et Pékin, ajoutant que «les gens n’étaient pas libres en Chine». À la même occasion, il a comparé le régime chinois à un «assassin», en lien notamment avec le sort réservé à la minorité ouïghoure.