Tout n’est pas perdu pour le PCQ

Éric Duhaime prend la parole lors d'un rassemblement militant du PCQ. Photo: page Facebook officielle d'Éric Duhaime.

Jeudi le 16 novembre 2023, à 17:50

Éric Duhaime doit améliorer sa stratégie pour permettre à son parti de profiter de la baisse de popularité du gouvernement Legault, estime notre chroniqueur Simon Leduc.

 

Lors de la dernière campagne électorale, les militants du Parti conservateur du Québec avaient espoir de voir leur formation faire son entrée à l’Assemblée nationale. Toutefois, l’affaire entourant les taxes impayées du chef – présentée de manière sensationnaliste par les médias – a freiné la progression du PCQ dans les intentions de vote. 

 

Le parti de centre droit a obtenu 13% des voix, mais n’a pas fait élire de députés en fonction du système électoral en vigueur, terminant tout de même deuxième dans plusieurs circonscriptions dans la banlieue et dans les zones rurales de Québec. 

 

Une base solide 

 

Un an plus tard, malgré une faible visibilité médiatique, Éric Duhaime a réussi à stabiliser les appuis de son parti dans les sondages. Actuellement, le PCQ obtient 13% des voix et selon le site de projection QC 125, il pourrait même faire élire quatre députés si des élections avaient lieu aujourd’hui: Beauce-Nord, Beauce-Sud, Bellechasse et La Peltrie. 

 

Pourtant, son leadership est toujours contesté par un certain nombre de militants du parti. En octobre dernier, un site internet réclamant la démission de Duhaime a vu le jour, vraisemblablement une initiative d’un regroupement de membres du PCQ. 

 

 

Éric Duhaime doit être moins brouillon dans ses communications sur les réseaux sociaux et se défaire une fois pour toutes de son image d’animateur de radio.

 

 

Ces militants réfractaires reprochent en gros au chef conservateur d’être mal entouré et de n’avoir pas été en mesure de faire élire des députés aux élections d’octobre 2022. Qui sont-ils exactement? Ces militants pour qui le PCQ fait office «d’opposition contrôlée»?

 

Le congrès du parti a lieu ce week-end à Lévis. Ces derniers vont-ils tenter de remettre en question le leadership d’Éric Duhaime? Ce genre de message de dissidence pourrait ralentir la croissance du parti en nuisant à son image. 

 

Il n’y pas d’alternative crédible actuellement. Qui ferait un meilleur travail à la tête du PCQ? Le chef conservateur est en train, tranquillement mais sûrement, de faire du PCQ un véhicule politique sérieux pouvant devenir une force politique dans un avenir rapproché. 

 

L'exemple Poilievre 

 

Cependant, Éric Duhaime doit rapidement améliorer certains aspects de son leadership. 

 

Tout d’abord, le chef du Parti conservateur du Québec devrait utiliser la recette gagnante de Pierre Poilievre. Le chef des conservateurs fédéraux centre son discours sur les véritables préoccupations de la population: le pouvoir d’achat, l’inflation, la crise du logement et les finances publiques. Cette approche lui a rapporté des dividendes, car son parti caracole en tête dans les sondages avec une confortable avance de quinze points sur les libéraux. 

 

Éric Duhaime devrait se concentrer sur ces mêmes enjeux à l’échelle du Québec. Le leader conservateur consacre trop d’énergie à des enjeux encore secondaires pour les gens ordinaires comme la notion mal comprise de wokisme et le débat sur les drag queens

 

Bien sûr, ces enjeux doivent être abordés dans l’espace public et le wokisme affaiblit grandement les sociétés occidentales, mais le chef conservateur doit prioriser les premiers thèmes évoqués s’il veut rester stratégique. 

 

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Son discours devrait être centré sur les priorités des Québécois: l’économie, la santé et l’éducation. Cela lui permettrait de mieux se démarquer, d’éviter certains clichés entretenus dans les médias sur le parti et de faire le plein d’appuis au sein de l’électorat de centre droit déçu par la gouvernance de François Legault fondée sur le statu quo.

 

Éric Duhaime doit également être moins brouillon dans ses communications sur les réseaux sociaux et se défaire une fois pour toutes de son image d’animateur de radio qu’il cultive encore régulièrement lorsqu’il intervient dans les médias.