Pour notre rédacteur en chef Jérôme Blanchet-Gravel, la prolifération des drag queens fait moins appel à une volonté naïve de promouvoir la diversité qu’à la passion destructrice et nihiliste au cœur du wokisme.
On nous dit que nous sommes «haineux» et «transphobes». On nous dit que nous sommes «complotistes» et «d’extrême droite». Selon Radio-Canada, les drag queens sont «la nouvelle cible de la complosphère québécoise».
Nous aurions «peur» des drag queens comme on craignait la peste au Moyen Âge, notre opposition à la prolifération de ces chimères clownesques serait le fruit d’une phobie irrationnelle que seuls de bons psychologues pourraient nous aider à conjurer.
Bref, nous serions des arriérés qu’il faudrait rééduquer au nom du progrès.
Réfléchir
Maintenant, prenons un peu de hauteur et demandons-nous ce qui peut pousser une société à enfermer ses enfants deux ans pour confier ensuite une partie de leur éducation à des hommes déguisés en femmes venus leur dire que leur corps est une construction artificielle dont ils peuvent se départir grâce à un avatar.
Est-ce vraiment aimer ses enfants?
Comme dans un jeu vidéo, nos jeunes pourraient se choisir une identité imaginaire et vivre la vie d’un personnage, libérés de tout déterminisme familial, culturel et sexuel dans une sorte d’existentialisme radical.
En Occident, des gens commencent même sans gêne à s’identifier à un animal sous l’influence d’une nouvelle idéologie délirante, mais bien réelle: le transpécisme.
Est-ce vraiment aimer ses enfants que de laisser s’imposer une telle folie?
Demandons-nous qui cultive la haine dans cet univers désorienté, demandons-nous si ce ne serait pas plutôt le courant woke qui détesterait la famille, la démocratie, le débat, le savoir, la liberté, la civilisation, le patrimoine et tout ce qui représente le passé.
Le wokisme est pulsion de mort, haine de la chair et passion destructrice.
-Jérôme Blanchet-Gravel
La vérité, c’est que la «droite» déteste beaucoup moins les trans et la diversité en général que la nouvelle gauche déteste tous ceux qui osent remettre son discours et son programme en question.
Si les grands médias ne penchaient pas aussi clairement du côté de la bien-pensance, il serait communément admis que la gauche est devenue beaucoup plus intolérante que la droite en Occident. C’est une évidence depuis une décennie.
Violence nihiliste
Ce rapport inédit aux enfants découle de la fureur nihiliste qui traverse l’Occident: derrière ce programme éducatif en adéquation avec l’air du temps, derrière cette douteuse initiation à la diversité se cachent une volonté d’endoctrinement et le refus de la nature.
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On voudrait nous faire croire que l’establishment a vraiment à cœur le développement de la jeunesse, alors que les forces qui travaillent en profondeur la société la rendent de plus en plus en plus anxieuse et tourmentée. C’est incohérent.
Si les drag queens conviaient autrefois les adultes à une certaine célébration du corps, un peu comme dans les grands carnavals du monde hispanophone et lusophone, elles invitent maintenant les enfants et leurs parents à sa déconstruction, à son renversement.
-Jérôme Blanchet-Gravel
Non seulement l’époque ne facilite pas du tout la vie aux jeunes, mais elle nous plonge tous dans une existence froide, prévisible et aseptisée.
Dans son livre Le Procès de la chair (Grasset, 2022) l’essayiste David Haziza a bien montré comment le retour du puritanisme s’accompagnait d’un refus de la vie telle qu’elle s’est toujours présentée avant le numérique et les prémices du transhumanisme.
Le néo-puritanisme veut concevoir l’Homme comme une machine. Le refus de la chair, c’est le refus de la vie. Le refus du corps, c’est le refus de notre humanité.
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C’est d’ailleurs le grand paradoxe de la prolifération des drag queens. Si elles conviaient autrefois les adultes à une certaine célébration du corps, un peu comme dans les grands carnavals du monde hispanophone et lusophone, elles invitent maintenant les enfants et leurs parents à sa déconstruction, à son renversement. Il ne s’agit plus de fêter la chair, mais de la dépasser. Nous sommes totalement devant un autre régime de la pensée.
Le wokisme est pulsion de mort, haine de la chair et passion destructrice.
Il serait d’ailleurs étonnant qu’un courant éco-anxieux prônant le contrôle des naissances se préoccupe si généreusement du développement d’enfants qu’il voit plutôt comme une nuisance environnementale, sinon comme une nuisance sanitaire. Permettez-moi de douter quelque peu de ses bonnes intentions.











