Québec post-Covid: la surmortalité plus importante que prévue

Un enfant de 11 ans reçoit le vaccin Pfizer-BioNTech Covid-19 pour enfants à Montréal, le 24 novembre 2021. Photo: Andrej IVANOV pour l’AFP.

Jeudi le 24 août 2023, à 09:00

La surmortalité liée à la Covid-19 continue d’être plus importante que les projections. L’excès de mortalité est supérieur de 1,8% à la mortalité normale, ce qui représente 591 personnes décédées de plus que prévu jusqu’à présent en 2023. 

 

Les effets directs et indirects de la pandémie sont encore bien palpables bien que celle-ci soit désormais derrière nous.

 

Séquelles importantes

 

Le dernier bulletin sur la surmortalité hebdomadaire de l’Institut de la Statistique du Québec (ISQ) a été mis à jour au début du mois de juillet dernier, et les chiffres ne mentent pas: il y plus de décès au Québec que ce que les prévisions statistiques avaient prévu.

 

Après 2022, qui a été une année record à ce chapitre avec une surmortalité de 8,9% ou 6348 décès supplémentaires, les chiffres pour la moitié de l’année 2023 confirment que la pandémie a encore des impacts sur l’excès de mortalité.

 

C’est du moins ce qu’on peut lire sur le site web de l’ISQ. «L’analyse de la surmortalité s’est imposée durant la pandémie de Covid-19 comme une approche permettant de meilleures comparaisons entre régions ou pays. Ces résultats doivent être interprétés comme le bilan net de l’ensemble des conséquences de la pandémie sur les décès, ce qui inclut les effets directs et indirects.»

 

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Ainsi, l’excès de mortalité au Québec apparaît légèrement supérieur à celui de la France pour l’année en cours, mais inférieur à celui du Royaume-Uni. Une comparaison avec le reste du Canada n’est pas particulièrement pertinente à ce stade-ci, puisque les données sont trop parcellaires: il manque l’Ontario et elles ne vont pas au-delà du mois de mars.

 

La surmortalité pour les nuls 

 

La surmortalité correspond à la comparaison entre le nombre de décès total et à «celui auquel on aurait pu s’attendre normalement», indique l’ISQ. «Le calcul de la surmortalité permet d’estimer l’effet net de cette crise sur la mortalité », peut-on lire sur son site web.

 

Pourquoi? «En raison de la causalité parfois imprécise, multiple ou inconnue des décès», soutient l’Institut, en donnant comme exemple le délestage dans les hôpitaux ou l’isolement des personnes comme causes indirectes.

 

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La mortalité normale ou la mortalité attendue se base sur un modèle statistique qui prend en compte trois composantes: la tendance séculaire de la mortalité, la saisonnalité et les changements démographiques. Si les résultats de mortalité dans la vie réelle dépassent ceux du modèle statistique, on parle de surmortalité.

 

Les prochaines données sur la surmortalité au Québec seront disponibles le 5 octobre.