Adieu, la gauche!

Éditorial

Elon Musk fait un cœur avec ses mains lors d’un rassemblement politique des jeunes militants du parti de droite Frères d'Italie, le 16 décembre 2023 à Rome. Photo: Andreas SOLARO pour l’AFP.

Lundi le 6 janvier 2025, à 08:30

Accusé d’ingérence internationale, Elon Musk s’attire les foudres d’un système bien silencieux face à l’influence de McKinsey, du Forum de Davos ou de milliardaires comme George Soros et Bill Gates. 

 

Elon Musk multiplie les prises de position qui concernent d’autres pays que les États-Unis, alors qu’il est maintenant étroitement lié à la prochaine administration américaine. 

 

Ces derniers mois, on l’a vu notamment appuyer Javier Milei en Argentine et Nayib Bukele au Salvador, dénoncer la censure de X au Brésil en ciblant directement un juge de la Cour suprême, Alexandre de Moraes. 

 

Plus récemment, Musk a été accusé de s’ingérer dans le processus démocratique en Allemagne en décidant de soutenir publiquement l’AfD, un autre parti présenté comme «d’extrême droite» dans les médias traditionnels. 

 

Il fait maintenant parler de lui pour avoir réclamé la libération du militant nationaliste Tommy Robinson au Royaume-Uni, un pays qu’il décrit comme politiquement corrompu et au bord de l’effondrement.  

 

Un débat légitime

 

Ces interventions soulèvent un débat légitime et nécessaire quant aux limites que les milliardaires et membres de gouvernement ne peuvent franchir pour respecter la souveraineté des États.

 

Pourtant, ce qui frappe, c’est que les critiques envers Musk proviennent surtout d’un camp silencieux, voire complaisant face à d’autres formes d’ingérence plus discrètes, mais pas moins graves. Encore du deux poids deux mesures.

 

Jamais, ou très rarement, la gauche bien-pensante ne s’est indignée récemment de l’énorme influence exercée par des firmes comme McKinsey, des organisations comme le Forum de Davos et des personnalités comme George Soros ou Bill Gates sur les affaires de nations souveraines. Elle a plutôt choisi de présenter les critiques adressées à leur endroit comme du «complotisme» nauséabond. 

 

Un festival de contradictions 

 

La gauche bien-pensante a passé les dernières années à soutenir à demi-mot des acteurs économiques qu’elle dénonçait autrefois avec virulence, elle qui se veut toujours l’héritière de grandes luttes historiques.

 

Elle a applaudi sans retenue Big Pharma lors des récentes campagnes de vaccination de masse, cautionnant une gestion de la Covid plus profitable aux géants pharmaceutiques qu’aux populations elles-mêmes. 

 

Elle a embrassé l’industrie milliardaire du changement de sexe, sans jamais interroger les implications sociétales, médicales et économiques de ces transformations soudaines, surtout pour les jeunes. Cette posture est criminelle quand il s’agit de soumettre des enfants à des traitements irréversibles dignes d’une véritable boucherie expérimentale. 

 

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De la même manière, cette gauche s’est rangée du côté du complexe militaro-industriel américain en alimentant l’escalade en Ukraine, tout en refusant d’ouvrir un débat sérieux sur les causes profondes du conflit et les intérêts financiers colossaux que cette guerre sert dans l’ombre. 

 

Autrefois critique du «Grand Capital», cette gauche semble désormais prête à tout pardonner dès lors qu’une entreprise, même prédatrice, s’affiche dans le «bon camp». 

 

Hypocrisie flagrante

 

Cette gauche est incroyablement superficielle. Pour bénéficier de son indulgence, il suffit de se conformer à quelques codes idéologiques en vogue: embaucher une réceptionniste noire, végan et trans, afficher des slogans «progressistes» ou organiser des campagnes de communication «inclusives». C’est le règne de la vertu ostentatoire. 

 

Et aujourd’hui, cette même gauche s’estime crédible en dénonçant l’«oligarchie financière» derrière la réélection de Donald Trump. 

 

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Son attitude relève d’une hypocrisie flagrante. Nous sommes loin déjà du mouvement Occupy Wall Street et de la gauche altermondialiste des années 2000. 

 

La vérité, difficile à avaler pour plusieurs, c’est que la gauche a renié ses fondements avec une telle facilité qu’elle laisse à d’autres le soin de remplir son propre rôle. 

 

Le monde à l’envers

 

Ce sont désormais des figures présentées comme d’«extrême droite», «populistes» ou «complotistes» qui doivent dénoncer à sa place les excès contemporains du capitalisme.

 

Parfois même quand il est question d’environnement, cette gauche déboussolée s’en remet à un ensemble de pratiques cosmétiques et frauduleuses: l’écoblanchiment. 

 

Longtemps présenté comme un homme de gauche, Robert Kennedy Jr est aujourd’hui l’un des rares politiciens à oser remettre en question certaines industries, en premier lieu celles qui contribuent à détériorer la santé des Américains. 

 

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L’abandon par la gauche de sa vocation populaire a favorisé la formation d’une coalition contestataire que le penseur argentin Agustín Laje appelle la Nouvelle Droite.

 

Quelle trajectoire: la défense des travailleurs face à la technocratie globalisée est désormais portée par des figures conspuées dans les médias agonisants.