Mesures sanitaires: le PCQ doit persister et signer

Le premier ministre, François Legault, le directeur de la santé publique, Horacio Arruda et la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, en point de presse en avril 2020. Photo: page Facebook du député Sylvain Lévesque.

Lundi le 23 janvier 2023, à 10:00

Auteur, avocat et ex-candidat pour le PCQ dans la circonscription de Taillon, Pierre-Marc Boyer estime que la seule avenue pour son parti était de s’opposer sans équivoque aux mesures sanitaires abusives. Quitte à s’aliéner une partie des électeurs. 

 

J’ai lu avec intérêt le texte d’opinion de mon collègue au Parti conservateur du Québec, André Valiquette, faisant un post-mortem de notre dernière campagne électorale.

 

J’ai beaucoup de respect pour l’engagement et le dévouement de M. Valiquette (dont j’ai été moi-même témoin durant l’année toute l’année 2022) pour notre cause, et je salue son initiative d’alimenter le débat public en nous livrant son opinion.

 

Je souhaite offrir toutefois une autre perspective sur les enjeux soulevés dans son texte. Je prends cette initiative, aussi, parce que je crois que mon point de vue est représentatif d’une majorité d’ex-candidats ainsi que de nos plus de 60 000 membres.

 

Confusion du message?

 

Beaucoup d’encre a coulé depuis le 3 octobre dernier sur les raisons de notre résultat électoral et surtout sur l’absence de représentation de notre parti à l’Assemblée nationale. M. Valiquette attribue une partie de ce résultat à une confusion du message du PCQ, notamment en ce qui a trait aux mesures sanitaires.

 

Certains sujets comme les garderies ont peut-être paru flous pour certains électeurs, mais il me semble que s’il existe un enjeu sur lequel notre parti a maintenu une ligne claire et sans équivoque, c’est sur la question des mesures sanitaires. 

 

À de nombreuses reprises, notre chef, Éric Duhaime, a réitéré qu’à la place de François Legault, il aurait non seulement retiré les mesures coercitives et la ségrégation vaccinale, mais en plus, il aurait laissé vivre la vaste majorité de la population et concentré les mesures de protection sur les populations à risque, comme l’ont suggéré depuis le début de la pandémie de nombreux experts à travers le monde, notamment les signataires de la déclaration de Great Barrington. 

 

Mais il semble que ce discours, plus modéré, ne passe pas au Québec le mur de nos médias traditionnels et que de vastes pans de la population, particulièrement les personnes âgées (abonnés aux médias traditionnels), croient encore qu’il s’agissait de la seule solution possible pour faire face à un virus qui n’est pas plus qu’une grippe pour la majorité de la population.

 

En ce sens, je crois que de dénoncer les pires mesures de restriction de liberté de l’histoire du Québec sans d’abord se soumettre au récit sanitariste et réitérer un appui à la vaccination de masse ou à certaines des mesures de restriction de liberté n’a rien de radical ni d’irresponsable. 

 

L’inverse équivaudrait plutôt, au contraire, à diluer notre message. Vouloir plaire à des chroniqueurs des médias traditionnels sensationnalistes qui font de la peur un fonds de commerce ou pire, au gouvernement lui-même, pour tenter d’aller chercher un certain électorat volatil en diluant un message n’a jamais, à mon humble avis, construit de longues carrières de politicien.

 

Un consensus dur à briser

 

Si de nombreux Québécois croyaient et croient encore que la vaccination de masse représentait la seule porte de sortie d’une crise qui a été à bien des égards aussi politique (sinon davantage) que sanitaire, c’est tout simplement qu’ils ont subi une campagne de désinformation basée sur la peur par le gouvernement et les médias traditionnels.

 

Nous avons vu ailleurs dans le monde de nombreuses juridictions comme la Floride ou la Suède pour n’en nommer que deux, qui ont appliqué une politique immensément moins liberticide que celle du Québec et ont obtenu des résultats bien meilleurs en matière de santé, mais ces hypothèses de travail obtenaient peu de couverture médiatique; s’ils en obtenaient, c’était souvent pour en souligner les «dangers».

 

Fallait-il donc piler sur nos principes fondamentaux, obvier, pour tenter à tout prix d’aller gagner la faveur de certains médias et de l’électorat qui leur est fidèle? Je ne le crois pas.

 

Dans ce contexte, je vois mal comment qualifier de radical un citoyen ou un militant d’un parti politique qui prône le simple retour à une vie normale pour la majorité de la population tout en conservant certaines mesures de protection ciblées pour les personnes à risque.

 

Le PCQ face à la campagne de peur

 

Bien au contraire, ce sont plutôt les mesures liberticides du gouvernement que l’on doit qualifier de radicales, non seulement au vu des piètres résultats obtenus, mais surtout au vu de la campagne de désinformation et de peur menée par le gouvernement tout au long de la crise, et relayée par les médias de masse.

 

J’ai peine à voir, depuis trois ans, quelles mesures instaurées par le gouvernement ont été réellement dictées par une réelle analyse scientifique rigoureuse. Il ne s’agit pas seulement du couvre-feu mais de l’ensemble de l’œuvre.

 

Les grosses pointures du gouvernement Legault ont non seulement martelé que le confinement était nécessaire (les études démontrent que cela n’a à peu près rien changé à la transmission), mais aussi que l’injection à ARN-messager était sans danger, qu’elle freinait la transmission, qu’elle empêcherait d’être malade et éviterait à la personne vaccinée de mourir du Covid.

 

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Chacune de ses affirmations est, depuis le début, rigoureusement fausse.

 

Se méfier de l’injection à ARN-messager, que nous appelons vaccin, et émettre publiquement des doutes sur de possibles effets secondaires graves ou même des décès, n’a rien non plus de radical. Pas plus qu’il n’est radical d’exiger que le gouvernement laisse cette décision entre les mains du médecin et de son patient sans que le tout devienne politique.

 

Les derniers développements en la matière devraient à mon sens faire réviser les analyses préliminaires de plusieurs qui voyaient dans ce vaccin un produit sans risque.

 

Un vaccin très imparfait

 

À cet égard, l’entrevue accordée à CHOI Radio X le 19 janvier dernier par Patrick Provost, professeur titulaire au département de microbiologie-infectiologie et immunologie de la Faculté de médecine de l'Université Laval, est extrêmement éclairante.

 

On sait que les effets secondaires graves de l’injection à ARN-messager ont été largement sous-estimés, notamment à cause d’un système rempli d’embûches pour ceux qui veulent les déclarer.

 

Le professeur parle également des nombreux problèmes cardiaques comme les myocardites ou les ACV, que les autorités de santé américaines admettent maintenant comme étant notamment causés par ces injections. Et en plus grande quantité que l’on croyait au départ.

 

J’ai moi-même, durant mon porte-à-porte en campagne électorale, échangé avec au moins une dizaine d’électeurs qui me parlaient d’effets secondaires extrêmement graves qu’ils avaient subis immédiatement après l’injection, en plus d’effets causés à leurs enfants qu’ils avaient fait vacciner. Un des parents m’a fait part de l’impossibilité absolue de déclarer l’effet secondaire, notamment en raison du climat de censure et d’intimidation exercée à l’encontre des médecins qui osent parler de ce sujet. 

 

Un autre m’a dit que l’enfant de 9 ans de sa bonne amie, sans condition de santé préalable, était décédé une semaine après l’injection. Ceci n’est pas une quelconque théorie farfelue, mais le fruit d’échanges avec des personnes réelles, lesquelles méritent que la situation soit prise très au sérieux et que des enquêtes soient déclenchées pour valider ces informations.

 

Stratégie payante à long terme

 

Comme membre du Parti conservateur du Québec et comme ex-candidat, je ne souhaite donc pas que celui-ci dilue ses positions sur le sujet des mesures sanitaires, ni maintenant ni pour une prochaine crise sanitaire.

 

Au contraire, je souhaite plutôt que nous placions nos efforts sur des méthodes de communication plus efficaces et sur le relais d’informations claires qui donnent aux citoyens un point de vue différent de ce qu’ils entendent des autres partis. À long terme, je crois sincèrement qu’il s’agit de la seule stratégie payante.

 

Et pas seulement pour les motifs que je viens d’exprimer.

 

Il ne s’agit pas seulement de demander des comptes pour les dommages épouvantables causés par les mesures de restriction de liberté anti-scientifiques imposées par le gouvernement Legault.

 

Il s’agit aussi de prendre conscience que ce modèle autoritaire (comment peut-on qualifier autrement un régime qui emprisonne l’ensemble de ses citoyens à la maison pendant des mois et crée deux classes de citoyens?) a créé un précédent extrêmement dangereux pour l’avenir.

 

Contre la nouvelle normalité

 

Nous voyons certains bureaucrates ou ministres saliver à l’idée d’utiliser ce canevas afin d’instaurer des restrictions pour «sauver le climat», alors qu’il est facile de prédire que ces restrictions n'auront, tout comme avec le Covid, aucune corrélation réelle avec un véritable résultat tangible. La voie est toute pavée, il ne reste aux gouvernants qu’à s’y engager.

 

Je suis aussi extrêmement inquiet du fait que, presque trois ans après l’instauration des mesures de restriction de liberté en mars 2020, une partie significative de la population, particulièrement les personnes âgées, continue de s’emmurer dans la prison de peur que le gouvernement Legault a construite pour elle. 

 

Les dommages causés à ces pans de la population et au climat social sont incalculables et irréversibles. De surcroît, j’assiste, totalement impuissant, à la pérennisation de nombre de ces nouvelles «normes sociales», comme le port du masque.

 

Anecdote révélatrice

 

À ce sujet, une anecdote vécue récemment mérite d’être racontée. 

 

Jean-Pierre Charbonneau, homme dont les preuves d’intégrité et de dévouement pour le Québec ne sont plus à faire et pour qui j’ai un énorme respect, est venu récemment à notre conseil général nous entretenir de la réforme électorale. Avant de monter sur l’estrade, patientant sur le côté, il portait un masque qu’il a enlevé.

 

Comprenant à quel public il avait affaire, il s’est quelque peu «excusé» de cela en déclarant: «que voulez-vous, je n’ai pas le choix, j’ai 72 ans, je veux vraiment voir mes petits-enfants pour les Fêtes», terminant sa parenthèse en faisant référence au vaccin. 

 

J’ai compris à cet instant que lui et moi évoluions depuis trois ans dans des univers parallèles qui apparemment ne se croisaient jamais. Comment cet homme si dévoué, instruit et engagé pouvait-il croire qu’il était absolument essentiel de recevoir une xième injection à ARN-messager et participer à cette pièce de théâtre de la pose intermittente du port du masque pour être en mesure de voir ses petits-enfants en toute sécurité, en décembre 2022?

 

«Parfum de mort»

 

Il règne depuis trois ans au Québec un parfum de mort que peu d’autres juridictions dans le monde connaissent. Nous savons déjà que des milliers et des milliers de nos concitoyens dans la force de l’âge, donc payant des impôts et utilisant peu les services de santé, ont déjà quitté le Québec et le Canada pour s’établir ailleurs, découragés et démoralisés par les mesures sanitaires.

 

Diluer le message du PCQ sur les mesures sanitaires, ou bien sur l’éventuelle identité numérique ou des «restrictions climat», serait une grave erreur.

 

Ce serait abandonner tous ceux qui sont déjà partis ou tous ceux qui restent et subissent ce nouveau régime et souhaitent seulement vivre normalement, sans que le gouvernement leur dise qui inviter pendant les Fêtes ou gèle leurs actifs bancaires s’ils participent à une manifestation pacifique qui conteste le discours gouvernemental. Sans, aussi, qu’une firme internationale de consultants ayant pour autre client Pfizer dicte la politique de santé du gouvernement.

 

Édulcorer le message du PCQ sur ces enjeux serait non seulement une erreur, je crois que cela signerait en fait l’arrêt de mort de notre parti. En fait, le parti y perdrait carrément son ADN. 

 

Si les institutions sont ce que nous avons de plus précieux, comme le dit avec justesse mon collègue, nous sommes nombreux, depuis trois ans, à ne plus avoir aucune confiance dans ces institutions; car le gouvernement, aidé de ses alliés des médias traditionnels, a traité une partie de sa population comme un ennemi à abattre.

 

Pour rétablir la confiance

 

Comment rétablir cette confiance si le seul parti qui se propose de respecter la liberté (devenue, bizarrement, un concept radical) et la confiance dilue son message à ce chapitre et que plus aucune formation politique ne le garde bien vivant?

 

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Je suis très conscient que l’objectif de fonder un parti politique est de prendre le pouvoir. Mais à mon avis, il existe d’autres manières d’y parvenir que de saborder les éléments essentiels de notre programme considérés comme «dangereux» ou «radicaux» par des journalistes de médias traditionnels subventionnés par le même gouvernement que nous critiquons, et qui ne voteront jamais pour notre parti.

 

Ce sont ces mêmes membres des médias qui se plaisent à accoler à nos militants des étiquettes de «radicaux» et «complotistes» alors qu’eux-mêmes ont littéralement incité à la discrimination, stigmatisé et intimidé les contestataires depuis le début de la crise, pactisant avec le gouvernement pour les marginaliser.  Pourquoi se laisser définir par eux? Changer de cap pour leur plaire?  

 

Au lieu de cela, nous pouvons, par exemple, faire connaître davantage nos excellentes positions en matière de santé ou bien en matière de baisses d’impôts. Il y a là de réelles avenues prometteuses qui plairont à de larges pans de l’électorat.

 

À cet égard, la suggestion de M. Valiquette de faire réviser nos propositions par de tierces parties expertes dans ces matières est excellente. Mais nous pouvons faire tout cela en maintenant dans notre programme ce qui nous distingue nettement et clairement des autres.

 

Autrement, en ménageant à tout prix la chèvre et le chou, je ne crois pas que notre bateau se rendra à bon port.