Variole simienne: une «vague médiatique» dit le gouvernement mexicain

Le sous-secrétaire mexicain à la santé, Hugo López-Gatell, lors d'un point de presse quotidien au Palais national de Mexico, le 29 mai 2020. Photo: Pedro Pardo pour l’AFP.

Mercredi le 15 juin 2022, à 19:05

Le numéro 1 de la santé publique au Mexique, Hugo López-Gatell, a réagi à la confirmation de cinq cas de variole du singe au pays en affirmant que le monde faisait surtout face à une «vague médiatique».

 
Hugo López-Gatell, le sous-secrétaire mexicain à la santé, a relativisé la gravité de la variole simienne, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé qu’elle tiendrait une réunion la semaine prochaine pour déterminer si la situation représente une «urgence de santé publique de portée internationale».

Depuis le Palais national à Mexico, López-Gatell a rappelé qu’il s’agissait d'une maladie détectée depuis cinquante ans et qu’il n’y avait aucune probabilité que la situation devienne «une pandémie ou un phénomène similaire à la Covid-19».

«Il existe une perception peut-être amplifiée, sans fondement scientifique, sans fondement technique, qu'il s'agit d'une épidémie en expansion rapide», a insisté l’épidémiologiste.
 

Alarmisme 

 
Selon lui, l’alarmisme ambiant est surtout attribuable à la multiplication des rapports et analyses sur les virus en circulation, et au fait que la Covid-19 a rendu la population plus vigilante par rapport à ces enjeux de santé publique. 
 
«Il est très important de maintenir la clarté et de ne pas se laisser emporter par la panique, et surtout par cette vague médiatique qui existe à travers le monde», a-t-il ajouté.

Son point de vue tranche avec celui du directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a déclaré mardi que «l’épidémie» était «inhabituelle et préoccupante»


Un «stimulus» de Big Pharma?

 
Pour le moment, l’OMS déconseille aux États la «vaccination de masse» pour freiner la vague, mais le Dr Tedros juge «essentiel que les vaccins soient disponibles équitablement là où ils sont nécessaires».
 
Pour sa part, Hugo López-Gatell estime possible que la pression entourant la variole simienne soit en partie causée par un «stimulus» de certains groupes de l'industrie pharmaceutique.
 

Montréal, épicentre du virus en Amérique du Nord


La présence du virus a été enregistrée dans près de 40 pays, dont le Canada. 

Selon la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de la santé publique de Montréal, la métropole québécoise serait devenue «l’épicentre de l’épidémie» de variole du singe au Canada, et même en Amérique du Nord.
 
«La progression ne nous inquiète pas. […] Par contre, l’été arrive, il va y avoir des festivités et plus de gens vont venir visiter Montréal, et dans ce contexte-là, on va offrir la vaccination à un plus large [groupe]», a-t-elle déclaré le 14 juin.