Le prix de l’essence a atteint des sommets records et les Québécois ont droit à un répit.
Au moins un politicien a pris une mesure concrète pour alléger temporairement le fardeau des familles et des automobilistes: le premier ministre du Canada, Mark Carney.
Sa suspension temporaire de la taxe fédérale sur l’essence reconnaît une réalité évidente: les ménages sont sous pression et chaque dollar économisé la pompe fait une différence.
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a été élue en promettant de «réduire la pression sur le portefeuille des familles». Elle doit maintenant passer de la parole aux actes.
Le prix de l’essence a fortement augmenté ces dernières semaines, mettant sous pression les travailleurs, les PME, les agriculteurs et les camionneurs qui dépendent du carburant chaque jour. À cela s'ajoutent les taxes parmi les plus élevées en Amérique du Nord.
Une facture salée
Les automobilistes québécois paient une taxe provinciale de 19,2 cents par litre, à laquelle s’ajoute une taxe carbone d’environ 10 cents, sans oublier la TVQ appliquée sur le tout. Dans la région de Montréal, une redevance d’environ trois cents par litre s’ajoute.
Au total, les taxes provinciales peuvent atteindre près de 45 cents par litre.
Concrètement, une famille qui remplit une minifourgonnette paie environ 12$ uniquement pour la taxe provinciale sur les carburants, et près de 6$ en taxe carbone à chaque plein.
À raison d’un plein toutes les deux semaines, cela représente environ 470$ par année uniquement en taxes à la pompe.
Pour l’instant, Christine Fréchette évoque des mesures complexes comme le remboursement des frais d’immatriculation. Ces solutions sont lentes, bureaucratiques et incertaines.
Or, les Québécois n’ont pas les moyens d’attendre. On estime que 43% des ménages ne sont qu’à 200 $ de l’insolvabilité chaque mois. Et l’explosion des prix du carburant alimente l’inflation, jusque dans les épiceries.
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Réduire les taxes sur l’essence est la solution la plus rapide et la plus efficace.
Fréchette a d’ailleurs reconnu les effets négatifs de la taxe carbone durant la course à la chefferie de la CAQ en s’engageant à rembourser la facture des agriculteurs.
En ce sens, elle reconnaissait que le coût du carburant fait grimper celui des aliments.
Mais si cette taxe est nuisible pour les agriculteurs, pourquoi serait-elle acceptable pour tous les autres automobilistes?
Le Québec est la seule province à maintenir une taxe carbone pour les consommateurs à la pompe, et ce depuis plus d’un an.
Des résultats contestables
Certains soutiennent qu’une baisse des taxes nuirait aux objectifs environnementaux. Pourtant, les résultats sont limités, voire absents. Les émissions de GES du Québec ont dépassé le plafond annuel pendant sept années consécutives, jusqu’à une légère baisse de 1% en 2024.
Une part importante des progrès provient d’achats de crédits en Californie plutôt que du prix payé à la pompe.
Sauf que nous faisons face à une crise du coût de la vie qui ne fait qu’empirer.
Plusieurs gouvernements européens ont même réduit les taxes sur les carburants pour aider les ménages à absorber la hausse des coûts.
Certaines critiques invoquent les déficits. Ottawa prévoit un déficit de 78 milliards de dollars cette année, et le Québec fait face à un manque à gagner de 8,6 milliards.
Ces chiffres sont certainement importants. Mais la logique comptable est tout aussi importante: si le gouvernement réduit ses revenus, il doit en faire de même pour ses dépenses.
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Depuis 2018, le Québec a augmenté sa bureaucratie de plus de 109 000 employés. Le coût de la fonction publique a bondi de près de 47%.
Le gouvernement distribue environ 7,8 milliards de dollars en subventions aux entreprises annuellement. Ces milliards pourraient certainement être réaffectés pour financer un allègement fiscal.
Il existe une marge de manœuvre considérable pour réduire les dépenses au lieu d’étrangler les contribuables.
Une mesure rapide et efficace
Réduire les taxes sur l’essence n’est pas une option parmi d’autres. C’est la mesure la plus rapide, la plus transparente et la plus efficace pour aider les familles.
Si Fréchette veut réellement alléger le fardeau des contribuables, elle n’a qu’à suivre l’exemple de son homologue fédéral en réduisant les taxes et en redonnant enfin un peu d’air aux Québécois.













