Le théâtre du Hamas

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (au centre) rencontre le président palestinien Mahmoud Abbas (à gauche) et le chef du mouvement palestinien Hamas Ismail Haniyeh (à droite) au complexe présidentiel à Ankara, le 26 juillet 2023.

Lundi le 13 novembre 2023, à 10:00

Le «Déluge d’al-Aqsa» est une pièce de théâtre écrite par les dirigeants du Hamas depuis leurs palaces de Doha et jouée par des acteurs amateurs envoyés à la mort. Voici cette terrible pièce en quatre actes. 

 

Le 7 octobre dernier, quelque 1500 militants du Hamas, un mouvement islamiste et terroriste palestinien, ont déclenché depuis la bande de Gaza un raid au cours duquel ils ont martyrisé, violé et assassiné environ 1400 citoyens israéliens en plus d’en ramener autour de 240, y compris des enfants, comme otages.

 

Pour l’opinion publique mondiale, il s’agit soit d’un acte de résistance héroïque, soit d’une méprisable entreprise terroriste. Mais elle a tort: le «Déluge d’al-Aqsa» est en fait une pièce de théâtre écrite par les dirigeants du Hamas (qui vivent dans des palaces à Doha avec leurs familles) et jouée par des acteurs amateurs, dont un grand nombre souffrent et meurent réellement, et qui suivent sans le savoir un script minutieusement écrit par les premiers, et dont voici le scénario.

 

Acte I

 

Dans la nuit du 6 au 7 octobre, des militants fanatisés du Hamas, auxquels on a promis, en tant que «martyrs de la foi», un accès privilégié au Paradis (dont l’existence n’a jamais été prouvée), où ils jouiront chacun de 72 vierges (dont on se demande bien où Allah les trouvera, au nombre de 108 000) et d’autres délices. 

 

Leurs chefs leur ont demandé d’être les plus cruels possible, dans le but de créer une onde de choc. Leur raid est hélas un succès, de leur point de vue du moins.

 

Leur entreprise a été facilitée par le fait que l’armée israélienne (Tsahal) portait son attention sur la Cisjordanie, où des colons juifs fondamentalistes et des jeunes résistants palestiniens s’affrontaient quasi quotidiennement depuis plusieurs mois.

 

Acte II

 

Tel que prévu dans le script, la société israélienne, blessée et outragée, se range derrière son gouvernement et son état-major, qui promettent une vengeance exemplaire et même l’annihilation du Hamas. Tsahal se prépare à envahir Gaza et entame une campagne de bombardements intensifs et autant que possible ciblés.

 

À lire aussi: Des habitants de Gaza racontent leur vie au milieu des bombes

 

Comme ils le font depuis nombre d’années, les militants du Hamas se terrent dans leur réseau de tunnels et s’abritent sous ou dans des écoles et des hôpitaux, d’où ils lancent des roquettes, utilisant la population gazaouie, qu’Israël a exhortée à se déplacer vers le sud mais dont plusieurs membres n’obtempèrent pas, comme bouclier humain. Leur objectif: que la riposte israélienne fasse le plus de dommages, matériels et humains, possible.

 

Les bombardements, joints au blocus de la bande de Gaza, y sèment bien sûr la mort et la misère, les Gazaouis étant privés d’eau, de nourriture et de médicaments. Hélas, tout cela fait partie du scénario.

 

Acte III

 

Les organisations humanitaires basées à Gaza (dont la population ne survit depuis plusieurs années que grâce à leur financement et à leur aide) dénoncent immédiatement le blocus et les bombardements, et réclament de toute urgence la réouverture des frontières et un cessez-le-feu.

 

 

Ces manifestants qui se cherchent une cause sont les idiots utiles du Hamas, qui est leur marionnettiste.

 

 

Chaque jour, inlassablement, des correspondants étrangers publient des textes et font des reportages sur la misère des Gazaouis et sur les conséquences tragiques des bombardements. Sur tous les écrans, chacun peut constater de visu la détresse des Palestiniens. Même le Secrétaire général de l’ONU s’en mêle.

 

Ces appels ont un large écho dans la communauté internationale, où une coalition hétéroclite réclame un cessez-le-feu immédiat, conformément à la stratégie du Hamas, qui n’a rien à faire d’un arrêt des combats, mais recherche le plus grand «temps d’antenne» possible sur les souffrances des Gazaouis. 

 

Lire notre reportage sur le terrain: Lors du massacre, «les islamistes riaient sur le son de la musique»

 

Les manifestations, qui se déroulent principalement dans les pays musulmans et occidentaux, regroupent des Palestiniens exilés, des islamistes, des musulmans de bonne foi, des pacifistes, des wokes (en vertu de la théorie de l’intersectionnalité, les Palestiniens sont des victimes iconiques du colonialisme occidental, du racisme et de l’islamophobie), des membres de la communauté LGBT, des gauchistes, des antisémites, des intellectuels et des journalistes soucieux de leur image, des étudiants qui se cherchent une cause et des bien-pensants pour lesquels aucune guerre n’est juste. Ces manifestants sont les idiots utiles du Hamas, qui est leur marionnettiste.

 

Tel que prévu par le Hamas, qui ne veut rien savoir du projet des deux États (juif et palestinien), mais désire un État palestinien islamisé à l’iranienne ou à l’afghane, ainsi que l’éradication du peuple juif, l’antisémitisme prend de l’essor et le terrorisme anti-juif pointe le bout de son nez. 

 

La position occidentale, qui consiste à soutenir la solution des deux États du bout des lèvres, devient de plus en plus difficile à défendre pour les dirigeants, qui voient leurs populations s’entredéchirer sur un conflit qui se passe au Proche-Orient. 

 

Des isolationnistes (les descendants de ceux qui avaient laissé Hitler envahir la Tchécoslovaquie) commencent à laisser entendre que l’Occident devrait cesser de soutenir Israël.

 

Acte IV (tel que scripté par le Hamas, mais pas encore joué)

 

Devant la destruction de Gaza et le massacre de sa population civile, des pays (Iran et Syrie) et la milice islamiste du Hezbollah se sentent justifiés d’accroître les hostilités envers Israël. Les missiles et les roquettes pleuvent sur les villes israéliennes et la tension augmente.

 

Pour modérer les ardeurs de l’Iran et du Hezbollah, Israël bombarde des sites militaires, des aéroports et des immeubles gouvernementaux à Téhéran et à Beyrouth. Ces bombardements n’ont pour effet que d’accroître la tension dans les pays musulmans, où les populations sont en ébullition, et de mettre leurs dirigeants sur la sellette. 

 

Lire notre reportage sur le terrain: Kiryat Shmona, ville fantôme et cible du Hezbollah

 

À la suite d’un événement imprévisible ou d’une gaffe, la guerre au Proche Orient se généralise. Assiégés de toutes parts, les dirigeants israéliens se préparent au pire, car ils savent pertinemment, dans leur chair, même, que s’ils sont chassés d’Israël, les Juifs n’ont aucun autre endroit où s’établir.

 

Dans un geste de désespoir, le premier ministre israélien ordonne d’utiliser l’arme atomique contre Gaza, Damas et Téhéran.

 

Sur les ruines de ces villes, l’islamisme fleurit et la Troisième Guerre mondiale se prépare. Israël survit pour le moment, mais sa position est désormais précaire. À Doha, les chefs du Hamas jubilent, mais ne rient pas, parce qu’un fondamentaliste ne rit jamais.

 

Dans les pays occidentaux, le niveau de vie recule d’un siècle.