Le PCQ n’a pas à rougir d’avoir combattu le cancer sanitariste

Le premier ministre québécois François Legault avec la mairesse de Montréal Valérie Plante, le 22 mai 2022. Photo: page Facebook officielle de François Legault.

Mercredi le 25 janvier 2023, à 17:00

Le sanitarisme a glorifié la peur, encouragé la délation, contribué à la dégradation du tissu social et ostracisé plusieurs citoyens, rappelle notre chroniqueur Félix Racine.

 

Le 19 janvier dernier, André Valiquette a écrit à Libre Média afin de faire part de son post-mortem des résultats des élections provinciales d’octobre dernier.

 

Ex-président de la commission politique (2019-2022) du Parti conservateur du Québec (PCQ), il soutient que l’une des principales causes de sa défaite est la perception qu’ont une majorité de Québécois du PCQ comme formation trop radicale.

 

Par la suite, le 23 janvier, l’avocat et ex-candidat du parti Pierre-Marc Boyer a relancé le débat en offrant une perspective selon moi beaucoup plus juste. Bien que cette réplique soit complète en elle-même, j’en profite pour rebondir sur le débat de la défaite électorale, à mon sens pertinent et nécessaire.

 

Un renversement des valeurs

 

J’estime que le sanitarisme été en grande partie une forme de renversement des valeurs, un concept utilisé par le philosophe allemand Nietzsche pour critiquer la religion chrétienne et la philosophie platonicienne, des doctrines ayant selon lui en commun de délaisser le monde sensible et matériel afin de se vouer à la contemplation d’un monde idéel, pour ne pas dire imaginaire.

 

Le sanitarisme a poussé de bien trop nombreux Québécois à abandonner la vitalité du monde sensible au profit d’une nouvelle utopie.

 

Comme le chrétien qui codifie sa vie en fonction de son dogme et se prive de plaisirs charnels pour gagner son ciel, le sanitariste obéit aux préceptes de la santé publique dans l’espoir d’une quelconque récompense, notamment la reconnaissance du régime et l’avènement d’un monde pur.

 

Le sanitariste n’hésite pas à prôner l’abolition de ses propres droits fondamentaux, il n’hésite pas à rompre ses liens sociaux et à restreindre ses besoins matériels en se soumettant à une autorité aliénante qui lui garantit une reconnaissance morale.

 

Le sanitariste se soumet à une finalité utopique: la disparition totale des virus et la fin de la souffrance. Il en vient à brimer son essence même comme humain. Aristote n’a-t-il pas affirmé que l’Homme était un animal social?

 

Une idéologie régressive

 

J’y reviens: à sa façon, le sanitarisme a donc procédé à un renversement des valeurs. Il a glorifié la peur, encouragé la délation, contribué à la dégradation du tissu social et ostracisé de nombreux citoyens.

 

Il a exacerbé les menaces contre les opposants légitimes et modérés, que ce soit grâce aux médias ou aux institutions. Il a mis sous tutelle la démocratie et les droits fondamentaux tout en s’assurant qu’aucun mécanisme de contestation ne soit utilisé.

 

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En tant que discours unique, le sanitarisme a muselé ses opposants. Il a utilisé la coercition afin d’injecter un produit expérimental à sa population, lui promettant qu’il s’agissait de la seule planche de salut. Il a dressé les forces policières contre des citoyens innocents et distribué un nombre faramineux de contraventions.

 

Cette liste, bien que partielle, témoigne d’une bien sombre période qui est heureusement derrière nous.


Les radicaux ne sont pas ceux que l’on croit

 

Était-il vraiment radical que de s’opposer à un tel régime? Pour ma part, par souci d’intégrité, il s’agissait de la seule et unique posture à adopter.

 

Que les Québécois aient perçu la position du PCQ comme «extrémiste» tient clairement au fait que le régime s’est assuré de nourrir un renversement des valeurs.

 

Ainsi, plutôt que d’être considéré comme radical et autoritaire, le régime sanitaire s’est méticuleusement drapé dans une aura bienveillante.

 

La complicité des partis politiques et des grands médias a rendu possible ce simulacre. Et que dire de la corporation des médecins, ne tolérant pas une once de dissidence parmi ses membres? Les intérêts corporatifs et politiques ont clairement primé sur la santé des citoyens.

 

Pour André Valiquette, le PCQ devrait modérer son discours afin de rejoindre un plus large pan de la population québécoise et ainsi aspirer à gouverner de façon véritable.

 

Salissage systématique

 

Effectivement, le parti doit poursuivre sa croissance s’il aspire à prendre le pouvoir un jour. Cependant, renier son opposition au régime sanitaire en viendrait à renier l’essence même de sa mission.

 

Le PCQ a été victime d’une campagne de salissage et désinformation systématique. Foncièrement défenseur de la liberté et de la démocratie libérale, le PCQ a été dépeint comme un simple repaire de complotistes et d’émules de Trump.

 

À mon humble avis, souhaiter que le PCQ rentre dans les rangs du troupeau serait une erreur monumentale. Au contraire, son côté populiste et contestataire est tout à son honneur. Il faut résister à la pression du recadrage uniforme.

 

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Bien que je sois persuadé de la bonne foi d’André Valiquette, je crois cependant que les conséquences qu’il tire de la défaite électorale du PCQ ne sont pas les bonnes.

 

La dernière chose que ses partisans souhaitent pour le PCQ est qu’il se plie au politiquement correct. Le fait d’avoir pratiquement constitué le seul contre-pouvoir au régime sanitariste ne devrait absolument pas être vu comme gênant ou «radical».

 

Même si la crise sanitaire est derrière nous, le PCQ doit demeurer fidèle à ses valeurs fondamentales et convaincre de plus en plus de citoyens qu’elles sont en adéquation avec un Québec libre, prospère et fort. Le déclin de notre peuple doit être freiné. Il ne faut pas «continuer», mais nous transfigurer.