En Éthiopie, The Reporter, un des rares journaux indépendants du pays, est suspendu pour une durée indéterminée. Les autorités l’accusent de diffuser des contenus contraires aux «intérêts nationaux».
Les autorités éthiopiennes ont suspendu lundi, pour une durée indéterminée, la publication et la diffusion en ligne de The Reporter, un des rares médias indépendants du pays.
Les atteintes à la liberté de la presse se sont multipliées ces derniers mois en Éthiopie, pays de la Corne de l'Afrique. Le deuxième pays le plus peuplé du continent africain, avec quelque 130 millions d’habitants, pointe au 148e rang sur 180 dans le classement de la liberté de la presse établi par l’ONG Reporters sans frontières (RSF).
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Selon un communiqué publié sur Facebook par l’Autorité éthiopienne des médias (EMA), The Reporter a diffusé des «informations qui ternissent l’image du pays, nuisent à la sécurité nationale et érodent l’unité et les valeurs des peuples».
Le média publie un journal en anglais et en amharique et dispose également d’un site internet.
Les «intérêts nationaux» invoqués
Ces articles vont «à l’encontre des intérêts nationaux de l’Éthiopie», estime l’EMA, dont le directeur est nommé par la Chambre des députés.
En conséquence, l’autorité a suspendu le certificat d’enregistrement du média, qui compte plus de 110 000 abonnés sur Facebook. La suspension de ses activités de publication et de diffusion est entrée en vigueur lundi, pour une durée indéterminée.
En février, la licence d’un autre média indépendant, l’Addis Standard, avait été révoquée. La publication a fait appel.
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En juin, la correspondante du quotidien français La Croix avait été expulsée d’Éthiopie.
Selon RSF, cinq journalistes sont actuellement détenus dans le pays. Quatre d’entre eux, emprisonnés depuis près de trois ans, sont poursuivis pour «terrorisme» et risquent la peine de mort, même si la peine capitale est peu appliquée.
Les promesses d’ouverture s’éloignent
Le premier ministre Abiy Ahmed, arrivé au pouvoir en 2018, avait d’abord été salué pour son ouverture: il avait libéré de nombreux prisonniers politiques ainsi que des journalistes.
Le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed au Kremlin, à Moscou, le 28 octobre 2026. Photo: Igor IVANKO / AFP.
Sa main tendue à l’Érythrée voisine, avec qui les relations sont historiquement tendues, lui avait valu le prix Nobel de la paix en 2019. Mais le chef de l’exécutif est de plus en plus critiqué par les organisations de défense des droits humains.












