Révoltes lycéennes: «il y a une saturation de l’idée même d’éducation»

Photo de couverture: AFP.

Jeudi le 8 octobre 2026, à 12:35

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Révoltes lycéennes: «il y a une saturation de l’idée même d’éducation»
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Invité de Jérôme Blanchet-Gravel, le sociologue Michel Maffesoli voit dans les révoltes lycéennes une quête de sens et le rejet d’un modèle éducatif épuisé. Une jeunesse que les médias traditionnels ne comprendraient plus du tout. 

 

Et si la colère des lycéens français révélait une rupture plus profonde qu’un simple rejet de l’autorité? Pour le professeur émérite à la Sorbonne, Michel Maffesoli, les manifestations témoignent du fossé qui se creuse entre les institutions et des jeunes dont les aspirations échappent aux grilles de lecture habituelles.

 

«Il y a une saturation de l’idée même d’éducation», affirme-t-il depuis Paris à l'émission Vents contraires. Selon lui, les difficultés de l’Éducation nationale dépassent largement les questions de moyens ou de vétusté des établissements. C’est une conception de la transmission, fondée sur l’inculcation verticale des savoirs, qui aurait fait son temps.

 

À cette logique, il oppose celle de l’initiation: «L’initiation, c’est accompagner.» Il s’agirait moins, comme dans la tradition rousseauiste, de considérer l’élève comme un être vide à remplir que de «faire ressortir le trésor qu’il y a en tout un chacun».

 

Une quête de sens

 

Derrière les débordements, Michel Maffesoli perçoit aussi un besoin de communauté, de fête et de sacré. L’individualisme, le rationalisme et la croyance dans le progrès ne susciteraient plus la même adhésion chez les jeunes générations.

 

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La formule «être ensemble pour être ensemble», qu’il reprend au fil de l’échange, résume cette recherche du lien. Dans cette lecture, les rassemblements expriment aussi un refus de réduire l’existence à son utilité économique. Le sociologue y voit une aspiration à «faire de sa vie une œuvre d’art», où le jeu, le rêve et l’émotion retrouveraient leur place.

 

Des médias «totalement déconnectés»

 

Cette transformation resterait largement incomprise des médias traditionnels. «Ils sont totalement déconnectés», tranche Michel Maffesoli, qui les rattache à une «société officielle» regroupant responsables politiques, journalistes et experts. Face à elle, une société «officieuse» développerait ses propres liens, notamment sur les réseaux sociaux.

 

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L’entretien explore ainsi la place de la violence, le retour du sacré et le rejet d’une vie sociale aseptisée. Une lecture qui bouscule les interprétations dominantes et invite à regarder au-delà des images virales. 

 

Découvrez l’entretien intégral dans la vidéo.