Cuba: pourquoi le régime pourrait encore tenir

À Miami

Photo de couverture: AFP.

Mardi le 22 septembre 2026, à 18:45

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Cuba: pourquoi le régime pourrait encore tenir
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Rencontré à Miami par Libre Média, le politologue Eduardo Gamarra invite à la prudence face aux prédictions de chute imminente du régime cubain. Malgré la crise, la dictature conserve des moyens de survie.

 

«Depuis que je suis à Miami, depuis 1986, presque chaque semaine, quelqu’un prédit que Cuba tombera demain.» Professeur à la Florida International University (FIU) et spécialiste renommé de l’Amérique latine, Eduardo Gamarra a entendu maintes fois annoncer la fin du régime communiste. Quarante ans plus tard, celui-ci tient toujours.

 

Dans une grande entrevue accordée à Jérôme Blanchet-Gravel, le politologue décrit pourtant une situation dramatique. Selon lui, Cuba traverse la pire crise de son histoire. Pénuries de carburant, manque de nourriture et exode massif fragilisent le pays. Mais l’effondrement des conditions de vie ne se traduit pas automatiquement par celui du pouvoir.

 

Les ressorts de la survie

 

«Le gouvernement n’a pas perdu sa capacité de répression», souligne Eduardo Gamarra. Malgré le mécontentement, il ne voit pas dans l’île de mouvement d’opposition suffisamment puissant pour renverser le régime. Les autorités continuent d’emprisonner les personnes susceptibles de mobiliser la population.

 

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Le professeur insiste aussi sur le rôle des militaires et sur les privilèges dont bénéficient les cercles du pouvoir. La misère des Cubains ordinaires ne reflète pas nécessairement les ressources encore accessibles aux dirigeants.

 

L’exode constitue un autre paradoxe: il prive Cuba d’une partie de sa main-d’œuvre, indispensable à une éventuelle reconstruction, tout en réduisant le nombre de personnes que le régime doit nourrir.

 

Washington cherche la stabilité

 

Une intervention américaine pourrait-elle précipiter le changement? Eduardo Gamarra demeure sceptique. Dans son analyse, les coûts militaires, les contraintes politiques intérieures et les autres engagements de Washington compliquent ce scénario.

 

Il souligne également le décalage entre les attentes d’une partie de l’exil cubain, favorable à une rupture radicale, et les priorités américaines. «Au-delà de la démocratie et de toute la rhétorique, ce que les États-Unis recherchent, c’est la stabilité», affirme-t-il.

 

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Une transition négociée avec des personnalités issues du régime, sur le modèle vénézuélien, reste donc une possibilité évoquée pendant l’entretien. Encore faudrait-il trouver des interlocuteurs capables de garantir cette stabilité.

 

Une chute difficile à prévoir

 

Opposé à la dictature, Eduardo Gamarra distingue ses souhaits de son diagnostic. Il juge la situation insoutenable à long terme, mais refuse d’annoncer une chute prochaine. Il doute également que les sanctions suffisent, à elles seules, à provoquer un changement de régime.

 

Découvrez l’entrevue intégrale réalisée à Miami par Jérôme Blanchet-Gravel pour Libre Média.