Médias subventionnés: les parasites toxiques

Phtoto: AFP.

Lundi le 20 juillet 2026, à 10:20

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Médias subventionnés: les parasites toxiques
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Un parasite ne produit rien. Il se nourrit de son hôte, prospère à ses dépens, et finit par l’affaiblir – et même éventuellement par le tuer. C’est ce que les grands médias subventionnés sont devenus par rapport à la société actuelle.

 

Il fut un temps où la presse était appelée le quatrième pouvoir. C’était un contrepoids, un chien de garde. Sa mission était noble: celle d’un journalisme vigoureux, indépendant, qui tenait les gouvernements imputables et qui informait les citoyens de ce dont ils avaient besoin pour exercer leur démocratie.


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Cette époque est révolue. Ce qui l’a remplacée ressemble davantage à un appareil de gestion de l’opinion: subventionné par nos taxes, docile envers le pouvoir, et nuisible envers ceux qu’il prétend servir.

 

Le respirateur artificiel

 

Commençons par le nerf de la guerre: l’argent.

 

Les deux paliers de gouvernement se sont entendus, sans jamais se concerter officiellement, pour maintenir sous perfusion un écosystème médiatique à bout de souffle.

 

À Ottawa, Radio-Canada engloutit près 1,4 milliard de dollars par an en financement public fédéral, et le gouvernement Carney a ajouté 150 millions supplémentaires en novembre dernier pour 2025-2026.

 

Les médias privés bénéficient déjà d’un crédit d’impôt fédéral couvrant 35% des salaires en rédaction, jusqu’à 85 000 $ par employé. En mars 2026, Québec a élargi son propre programme, rebaptisé Crédit d’impôt remboursable pour les médias d’information québécois, en lui ajoutant 40,2 millions de dollars sur cinq ans.

 

Mieux encore: ce filet, jusqu’ici réservé à la presse écrite, a été élargi d’un trait de plume à TVA, Noovo et aux stations de radio commerciales comme le 98,5, jusque-là exclues du buffet.

 

Résultat: aucun grand média québécois n’échappe à la dépendance financière des deux paliers de gouvernement. Du Devoir à La Presse, de Radio-Canada à TVA, du Journal de Montréal aux stations de radio commerciales, tous touchent au moins l’une, souvent plusieurs, de ces enveloppes publiques.

 

Cela dit, un média peut-il mordre les mains qui le nourrissent si généreusement? Réponse: à ce niveau record de financement, non seulement il ne les mord pas, mais il les baise. 

 

Les porte-parole du gouvernement

 

De fait, ces médias subventionnés ne se contentent plus de ne pas embarrasser le pouvoir. Ils en sont devenus les porte-parole officieux.

 

En ce qui concerne l'immigration, par exemple, la technique est rodée: plutôt que de couvrir le débat, ils le disqualifient. Quiconque ose remettre en cause les seuils d'immigration est qualifié d’extrême droite avant même de finir sa phrase. L’étiquette suffit à clore la discussion.

 

À propos du wokisme, loin de rapporter le malaise de la majorité silencieuse face à ce courant dogmatique, ils le corrigent. Avec la bienveillance condescendante d’un instituteur face à un élève qui ne comprend pas.

 

Quant à l’environnement, le ton est celui du catéchisme: la science du changement climatique est irréfutable. De ce fait, le traitement médiatique oscille entre l’anxiété permanente et la pensée unique, sans laisser aucune place au débat de fond.

 

L’infantilisation

 

À cette complaisance envers le pouvoir s’ajoute un ton paternaliste envers le public. Nos grands médias s’adressent désormais à leurs auditeurs comme à des enfants qu’il faut guider et prémunir contre tout et n’importe quoi.

 

Plutôt que de nous soumettre un débat, on nous livre le résultat: deux «experts» soigneusement choisis, un corridor d’opinions balisé, et la conclusion déjà inscrite dans le cadrage de la question.

 

Le message implicite est toujours le même: ne pensez pas, nous nous en chargeons pour vous.

 

L’art de noyer le poisson

 

Au milieu de l’essentiel, le flot de nouvelles insignifiantes est ininterrompu: l’horoscope de la semaine, les performances de la dernière téléréalité, le régime alimentaire d’une vedette, les vacances d’un joueur de hockey en morte-saison. 

 

Appeler cela du journalisme est un leurre. Il s’agit plutôt d’une tapisserie abrutissante derrière laquelle les vrais enjeux de société s’effacent.

 

La fabrique de la peur

 

Quand ces médias ne distraient pas le public, ils l’effraient. C’est un réflexe pavlovien: quelques jours de chaleur estivale, par exemple, et les bulletins se transforment en cellule de crise. Quelques centimètres de verglas annoncés, et c’est le «verglapocalypse».

 

 

Le procédé est toujours le même: prendre un événement ordinaire, lui coller une étiquette anxiogène, et répéter jusqu'à ce que le public soit convaincu que le monde s'effondre. Chaque fait divers devient ainsi une tendance inquiétante. 

 

Une épidémie lointaine se transforme en menace imminente pour nos enfants. Une hausse du taux de criminalité présage immédiatement une société à la dérive.

 

Il y a une différence entre informer et affoler. Nos grands médias ont depuis longtemps choisi le second camp.

 

La crise covid, ou le grand test de la division

 

Durant la crise covid, les médias québécois se sont même inventé un nouveau rôle: celui de dresser les citoyens les uns contre les autres: vaccinés contre non-vaccinés, responsables contre complotistes.

 

Ceux qui posaient des questions légitimes sur les mesures gouvernementales ont été systématiquement et publiquement caricaturés et disqualifiés.

 

Les médias traditionnels ont volontairement creusé une ligne de faille au cœur même de la société québécoise, séparant les citoyens en deux camps irréconciliables: les dociles d’un côté, les parias de l’autre.

 

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Depuis ce temps, la même règle s’applique à chaque grand sujet: les changements climatiques opposent les «climatosceptiques» aux gens qui se fient à la science, le wokisme dresse les «progressistes» contre les «réactionnaires», la politique trumpienne transforme chaque nouvelle concernant ce président en test de loyauté idéologique.

 

Dans chaque cas, le traitement médiatique suit le même schéma: deux camps, des étiquettes, aucune nuance. On ne cherche plus à informer. On trace des lignes. Et un peuple qui devrait se serrer les coudes apprend, bulletin après bulletin, à détester son voisin.

 

Ce dont on ne parle pas n’existe pas

 

Et puis, il y a le silence. Pas seulement le silence absolu, mais celui, plus sournois, de la nouvelle noyée, étouffée, expédiée en trente secondes avant de disparaître sous le flot du reste.

 

Des dossiers entiers meurent dans les salles de rédaction, non par manque de moyens, mais par manque de courage, ou plutôt par soumission envers leurs mécènes. Si on ne s’y attarde pas, c’est que ce n’est pas important. C’est le principe le plus puissant – et le plus sournois – du journalisme complaisant.

 

À la limite de la désinformation

 

Tout ce qui précède débouche inévitablement sur quelque chose de plus grave: la désinformation.Non pas celle des citoyens sceptiques qu’ils ridiculisent à longueur de journée, mais la leur: celle qui se glisse dans le choix des mots, le cadrage des faits et l’art du silence calculé.

 

Ce n’est jamais signé. Ce n’est jamais avoué. Mais c’est systématique. Et ceux qui l’exercent ont l’audace de se proclamer les gardiens de la vérité.

 

Le verdict

 

Synthétisons.

 

Des médias qui reçoivent l’argent du gouvernement et qui évitent de le contrarier: propagande douce.

 

Des médias qui prédigèrent l’information pour un public jugé incapable de penser par lui-même: infantilisation.

 

Des médias qui transforment des voisins en ennemis: division orchestrée.

 

Des médias qui collent des étiquettes infamantes sur quiconque sort du corridor autorisé: mépris institutionnalisé.

 

Des médias qui décident, chaque jour, quelles vérités méritent d’exister et lesquelles doivent mourir dans l’indifférence: désinformation par omission.

 

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Individuellement, chacun de ces comportements serait déjà accablant. Ensemble, ils forment un système qui œuvre contre l’intérêt du peuple qu’il prétend servir. Et qui a l’audace, en même temps, de se proclamer lui-même l’oracle de l’information.

 

Un média qui vit presque entièrement de nos taxes et travaille contre nos intérêts est un parasite. Et les parasites, par définition, finissent par épuiser leur hôte.

 

Heureusement, le modèle est en train de s’effondrer lentement mais sûrement. Espérons qu’il s’éteindra avant d’avoir tué la société dont il tire encore sa subsistance.

 

Et espérons également que l’Histoire jugera sévèrement cette époque où le Québec, sous couvert de «soutien à la démocratie», aura financé, avec l’argent de ses contribuables, les instruments de sa propre anesthésie collective.