L’Université Laval a abandonné l’une des six plaintes retenues contre Patrick Provost, alors qu’il est actuellement suspendu une seconde fois sans salaire pour avoir critiqué la vaccination des enfants. Le chercheur évite ainsi le congédiement.
Le vent serait-il en train de tourner pour Patrick Provost? Il n’est pas interdit de le croire à la lumière de la décision de l’Université Laval d’abandonner une autre plainte déposée contre lui, le 6 janvier dernier, et qu'elle avait jugée recevable.
«Il faut maintenir la pression»
La plainte était essentiellement un «copié-collé» des procédures ayant mené à sa première suspension de huit semaines sans salaire l’été dernier, du 14 juin au 9 août 2022, et à sa deuxième suspension de quatre mois sans salaire, du 23 janvier au 23 mai 2023.
Patrick Provost est donc en train de purger sa deuxième peine chez lui.
«Je le vois comme un signe d’amour pour la Saint-Valentin», plaisante auprès de Libre Média le professeur au Département de microbiologie, d’infectiologie et d’immunologie de l’Université Laval. «Il faut maintenir la pression pour faire d’autres gains», poursuit celui qui dirige depuis 20 ans un laboratoire de recherche sur l’ARN.
Il attribue principalement cette petite victoire à l’envoi d’une lettre dans laquelle 280 professeurs de l’Université Laval se prononcent contre sa deuxième suspension, mesure qu’ils qualifient «d’abusive».
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«Les 280 profs ont fait preuve d’une belle solidarité et d’une belle mobilisation. C’est un geste qui fait réfléchir l’Université Laval», constate le principal intéressé.
Le congédiement évité... pour l'instant
Dans la lettre qui l’informait de sa deuxième suspension, l’Université Laval l’avertissait «que toute récidive» entraînerait son congédiement. L’abandon de la plainte en question évite ainsi à Patrick Provost d’être mis à la porte. Cependant, il n’est pas à l’abri du dépôt d’autres plaintes similaires:
«Je vais continuer de faire des apparitions publiques et d’intervenir dans les médias, et toujours de manière rigoureuse. Une personne choquée par mes propos pourrait toujours déposer une autre plainte, d’autant plus que les critères de l’Université Laval lui permettent de recevoir de simples commentaires interprétés comme de véritables plaintes. Je serai donc encore exposé au même processus dans lequel l’Université Laval se place comme juge et partie», précise-t-il.
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Ces développements surviennent dans le contexte d’une forte mobilisation des professeurs de l’Université Laval, qui ont voté le 20 janvier dernier à 96% pour un mandat de grève de deux semaines, lequel a débuté ce lundi.
Chronologie des événements
- 30 novembre 2022: Publication d'un article en prépublication dans la revue Research Square. Cet article a ensuite été publié après révision par les pairs dans la revue IJVTPR le 12 janvier 2023. L'étude conclut que les effets secondaires de la vaccination anti-Covid sont sous-déclarés.
- 20 décembre 2022: Les commentaires d’un plaignant sur cet article sont envoyés par courriel à Andrée-Anne Stewart, la directrice adjointe des relations publiques de l’Université Laval.
- 6 janvier 2023: L’Université Laval informe le chercheur que la plainte a été jugée recevable et on lui demande sa «version des faits».
- 18 janvier 2023: Patrick Provost donne sa «version des faits» à deux représentants de l’Université Laval qui n’occupent pas un poste de décision, sans aucune question de leur part ni discussion.
- 13 février 2023: L’Université Laval reçoit une copie de la lettre signée par 280 professeurs appuyant Patrick Provost.
- 14 février 2023: L’Université Laval informe le principal intéressé qu’elle laisse tomber la plainte et que, contrairement aux deux plaintes précédentes, un comité d’enquête ne sera pas mis sur pied.











