Propulsé au sommet sans passer par les urnes, Mark Carney prend déjà des décisions lourdes de conséquences pour le Canada. Mais tant qu’il n’aura pas reçu l’aval du peuple, il ne sera qu’un premier ministre de papier.
Mark Carney peut exercer légalement les fonctions de premier ministre en vertu de notre système parlementaire, mais la situation actuelle exigerait de lui une retenue exemplaire.
Il devrait agir comme un leader d’un gouvernement de transition. Or, il se comporte déjà comme un chef d’État pleinement investi, avec la bénédiction des grands médias et la complaisance des oppositions fantoches.
Ce n’est pas une simple exception institutionnelle, mais un symptôme additionnel du déclin démocratique du Canada.
Des limites déjà franchies
Carney n’a jamais reçu le mandat de trancher des questions majeures de politique étrangère et de mettre sur pied un «cabinet de guerre» pour affronter économiquement les États-Unis.
Pourtant, il s’engage déjà activement dans le soutien militaire à l’Ukraine et pourrait tenter un rapprochement inédit avec l’Union européenne.
L’ex-banquier prend déjà des décisions aux conséquences lourdes.
Dans certains pays en développement échaudés par les militaires et le blocage de l’alternance par l’oligarchie, son parachutage pourrait être considéré comme un coup d’État.
Un gouvernement minoritaire fragilisé par une telle crise avec les États-Unis devrait éviter de participer à l’escalade en cours avec notre voisin et ainsi faire preuve de prudence afin de préserver ce qu’il reste de confiance publique.
Crise sanitaire, crise tarifaire
Mais les Libéraux souhaitent-ils vraiment trouver rapidement un terrain d’entente avec Washington, dans la mesure où ils comptent désormais instrumentaliser les tarifs douaniers de Trump pour apparaître comme les grands protecteurs du peuple canadien?
Les Libéraux de Carney joueront les bons seigneurs venant au secours des pauvres serfs effrayés par les médias complices, tout en continuant à dilapider des fonds publics qui s'amenuisent de jour en jour.
Ce manège a pour but de prolonger artificiellement leur règne sous couvert de circonstances exceptionnelles, sous couvert d’un nouvel état d’urgence dans la continuité de l’hystérie covidienne.
Sans surprise, les grands médias jouent leur rôle habituel de quatrième pouvoir déchu. Plutôt que de questionner la légitimité de Carney, ils s’emploient à normaliser son règne hâtif. On le présente comme un homme providentiel, comme une figure rassurante capable de nous protéger de la vague de chaos américaine, du virus trumpien.
Vers une oligarchie éclairée… et assumée
Mais l’enjeu dépasse la seule figure de Carney. L’establishment est de plus en plus tenté de basculer dans une oligarchie éclairée et même assumée, où les citoyens ne seraient plus que des spectateurs cyniques et impuissants devant le spectacle de leur dépossession.
Cette dérive participe de la concentration du pouvoir. Sous Justin Trudeau, l’État fédéral a pris un virage autoritaire. Pression idéologique accrue, explosion incontrôlée des dépenses publiques, répression de manifestants pacifiques durant le convoi des camionneurs: tout concourt à un affaiblissement de la souveraineté populaire.
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Les Canadiens méritent mieux qu’un gouvernement s’accrochant au pouvoir par des manœuvres bureaucratiques. La démocratie ne se réduit pas à un jeu parlementaire.
Ces prochains jours, Carney peut bien jouer au sauveur et se présenter comme un politicien «modéré» pour bloquer la route aux conservateurs, mais tant qu’il n’aura pas obtenu l’aval du peuple, il ne sera qu’un premier ministre de papier.
Mark Carney doit convoquer des élections incessamment. À défaut, il devra être considéré comme un usurpateur et un oligarque.












