Un ex-soldat nazi n’aurait jamais été ovationné au Parlement si les grands médias n’avaient pas entraîné la population dans un esprit aussi manichéen propre à la propagande, analyse notre contributeur Philippe Langlois.
C’est tout un choc pour les Canadiens que de voir et revoir cette scène surréaliste où tous les députés de la Chambre des communes se lèvent pour applaudir à l’unisson un ancien nazi, membre d’une unité SS responsable de nombreux massacres perpétrés contre des civils durant la Seconde Guerre mondiale.
On est à court de mots pour décrire la honte ressentie devant une telle scène...
Cette gaffe arrive à un bien mauvais moment pour le Parti libéral, une semaine après le catastrophique voyage du premier ministre en Inde.
Bien que Trudeau, qui affectionne d’associer aux nazis ceux avec qui il est en désaccord, paraisse particulièrement mal, soulignons que les députés de tous les partis réunis ont ovationné ce vieux nazi et qu’ils sont tous co-responsables de cet incident.
Les conservateurs un peu plus dignes
À leur défense cependant, seules les troupes conservatrices de Pierre Poilievre semblent vouloir assumer leur responsabilité. Les libéraux ont proposé une motion orwellienne visant à effacer des archives officielles du Parlement ce triste événement, motion que le NPD et le Bloc ont soutenue. Les conservateurs ont cependant refusé de participer à ce pitoyable exercice d’auto-amnésie. Comme si effacer les archives allait effacer l’événement des mémoires…
Au-delà du dégoût que l’on puisse ressentir, il est important d’essayer de comprendre comment on a pu en arriver à une telle aberration. Comment une banale opération de marketing politique a pu ainsi tourner au vinaigre et à la honte nationale?
Rappelons que l’ovation du nazi s’est déroulée dans le cadre d’une visite officielle du président ukrainien Volodymyr Zelensky au cours de laquelle le Canada annonçait, pour une énième fois, le versement de centaines de millions de dollars à Kiev.
La leçon à retenir est qu’une nation ne peut pas s’enfoncer dans le conformisme idéologique sans éventuellement en subir des conséquences néfastes.
Ces visites de Zelensky dans les capitales occidentales se déroulent souvent toutes de la même façon: lui arrivant dans ses habits pseudo-militaires, accolades avec le chef d’État, réception, discours valorisant l’héroïsme du peuple ukrainien devant la cruauté de l’envahisseur russe, etc.
Rien de ce genre de programme n’est bien entendu laissé au hasard. Tout est soigneusement mis en scène, y compris lorsque le président de la chambre, Anthony Rota, souligne qu’un Canado-Ukrainien de 98 ans, qui a combattu contre les Russes durant la Seconde Guerre mondiale, est présent et qu’il serait bienvenu de l’applaudir.
Le mystère demeure
Comment est-ce possible que les conseillers du Parti libéral n’aient pas effectué des recherches en profondeur pour comprendre que l’on avait affaire à un nazi? Comment cet homme a-t-il pu passer à travers les mailles du filet? Il s’agit d’une formidable incompétence de la part des libéraux.
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De plus, comment est-ce possible qu’aucun député n’ait réagi lorsqu’on leur a présenté un homme ayant combattu les Russes pendant cette guerre? La grande majorité des Canadiens savent que les Russes combattaient les nazis à l’Époque. Les députés n’ont-ils aucune culture historique? Certains d’entre eux ont-ils réalisé leur erreur tout en décidant de rester muets? Il s’agirait soit d’une ignorance crasse ou de simple lâcheté, ou d’un habile mélange des deux.
En réalité, cet incident n’est que le symptôme d’un phénomène plus large et souligné par le professeur Jean-François Caron, celui d’une propagande qui a été poussée si loin qu’elle enraye la lucidité de ceux qui y croient.
En effet, lorsque la guerre en Ukraine a débuté, le Canada, comme l’Occident en général, est immédiatement entré en mode propagande de guerre. Il s’agit fondamentalement d’un discours simpliste: «nous (l’OTAN) sommes les gentils, les autres (les Russes) sont des méchants, et quiconque remet cela en question est un traître qui soutient les méchants».
Cette propagande a été reprise et répétée, à toutes les sauces, par la classe politique, les médias et une partie significative de la population.
Une vision manichéenne et abrutissante
Ce genre de discours est abrutissant et aliénant, car il refuse toute forme de nuance, d’auto-critique ou de mise en contexte politique et historique. Le moindre fait qui pourrait le contredire est censuré et tout expert qui refuse de le suivre est proscrit.
Cette dynamique conduit à une situation où les Russes récupèrent le rôle qu’ils ont joué en Occident durant la guerre froide, celui de l’archétype du méchant sanguinaire et inhumain, ou plutôt déshumanisé par la propagande.
Cette figure du Russe ennemi s’est incorporée à ce point dans l’esprit des propagandistes eux-mêmes qu’il a suffi de leur présenter un vieillard qui a «combattu les Russes» pour qu’ils applaudissent bêtement un ancien SS en plein Parlement!
Intoxiqués par leur propre idéologie, les politiciens sont tombés dans leur propre piège, et ceux qui ont eu l’intuition que quelque chose clochait n’ont rien dit puisqu’ils connaissent le prix à payer pour s’écarter de l’orthodoxie.
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La leçon à retenir est qu’une nation ne peut pas s’enfoncer dans le conformisme idéologique sans éventuellement en subir des conséquences néfastes.
La classe politique canadienne et québécoise fonctionne de plus en plus sur le mode de la propagande dogmatique, tant pour la guerre en Ukraine que pour bien d’autres dossiers, et cela comporte d’immenses risques dont on prend souvent conscience que trop tard.
Espérons que les politiciens et les grands médias saisissent l’avertissement.











