Le programme fédéral de rachat d’armes tire à blanc

Photo: Igor Kyryliuk & Tetiana Kravchenko pour Unsplash.

Mercredi le 27 mai 2026, à 10:00

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Le programme fédéral de rachat d’armes tire à blanc
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Ottawa veut imposer aux contribuables un programme de confiscation des armes pouvant coûter jusqu’à six milliards $, sans démontrer qu’il réduira la criminalité. Policiers, provinces et citoyens doutent de son efficacité.


Si vous deviez dépenser une fortune pour acheter une nouvelle voiture, vous voudriez probablement savoir si elle fonctionne avant de signer le chèque.

 

Et pourtant, Ottawa semble croire que cette règle élémentaire ne s’applique pas lorsqu’il dépense l’argent des contribuables.

 

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La Fédération canadienne des contribuables a déposé une demande d’accès à l’information auprès de Sécurité publique Canada, le ministère responsable du programme de confiscation des armes à feu.

 

La demande visait à obtenir toute analyse produite par le ministère concernant l’efficacité du programme et son impact sur la criminalité et la sécurité publique.

 

La réponse du ministère confirme une chose: Sécurité publique Canada n’a pas fait ses devoirs. 

 

En clair, Ottawa demande aux contribuables de financer un programme sans même vérifier s’il améliorera la sécurité publique.

 

Jusqu'à six milliards de facture

 

Ottawa a déjà réservé au moins 742 millions $ pour ce programme. Certains experts estiment même que la facture pourrait grimper jusqu’à six milliards $

 

Pourtant, le gouvernement demeure incapable de produire la moindre analyse démontrant que cette mesure rendra les Canadiens plus en sécurité.

 

Dépenser des centaines de millions de dollars sans la moindre preuve que le programme fonctionne relève du pur aveuglement politique.

 

Les politiciens fédéraux défendent ce programme depuis des années en affirmant qu’il réduira la criminalité. «Moins il y a d’armes dans nos communautés, plus tout le monde sera en sécurité», affirmait l’ancien premier ministre Justin Trudeau.

 

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«On ne peut pas être ferme envers le crime sans être ferme envers les armes à feu», affirme maintenant son successeur, le premier ministre Mark Carney.

 

Si Ottawa voulait obtenir des résultats concrets, le gouvernement aurait pu consulter les experts avant d’engloutir des centaines de millions de dollars.

 

Les policiers sceptiques

 

«Nous savons que le programme de rachat des armes à feu n’aura aucun impact sur la criminalité à Toronto», a déclaré Clayton Campbell, président de la Toronto Police Association.

 

«Les programmes de rachat sont largement inefficaces pour réduire la violence armée», explique Jooyoung Lee, professeur à l’Université de Toronto spécialisé dans la violence armée au Canada.

 

Des dizaines de corps policiers ont également refusé de participer au programme.

 

Ottawa aurait aussi pu examiner des précédents internationaux. La Nouvelle-Zélande a lancé un programme similaire de confiscation en 2019. Plus de 50 000 armes à feu ont été saisies dans un pays d’environ cinq millions d’habitants.

 

Malgré cela, le nombre de crimes violents commis avec des armes à feu a augmenté après la confiscation.

 

Les provinces disent non

 

Le gouvernement aurait aussi pu demander l’avis des provinces.

 

«Si l’objectif est de retirer des armes aux criminels, je suis entièrement d’accord. Mais ce programme ne semble pas capable d’atteindre cet objectif», a déclaré le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew.

 

«Vous vous attaquez au mauvais groupe», a affirmé le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford. «Je soutiens les chasseurs et les propriétaires d’armes respectueux des lois.»

 

L’Alberta et la Saskatchewan considèrent le programme tellement absurde qu’elles ont adopté des lois pour empêcher son application sur leur territoire.

 

Toutes les provinces et tous les territoires, à l’exception de la Colombie-Britannique et du Québec, ont également refusé d’y participer.

 

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Les Canadiens eux-mêmes semblent avoir compris ce qu’Ottawa refuse encore d’admettre.

 

Un sondage Léger a révélé qu’une majorité d’entre eux estime qu’il serait beaucoup plus efficace de lutter contre la contrebande d’armes que de confisquer les armes détenues légalement par des propriétaires titulaires d’un permis.

 

Même au Québec, la majorité des Québécois préfèrent lutter contre la criminalité plutôt que de confisquer les armes de citoyens honnêtes.

 

L’impasse

 

Alors, récapitulons. Le gouvernement est incapable de démontrer que ce programme améliorera la sécurité publique.

 

Les policiers disent qu’il ne fonctionnera pas. Les exemples internationaux démontrent qu’il ne fonctionne pas. Les provinces refusent de l’appliquer.

 

Les Canadiens n’y croient pas. Et malgré cela, ils devraient assumer la facture?

 

Si Carney est incapable de prouver que ce programme de rachat et de confiscation rendra nos villes plus sécuritaires, il ne fait aucun sens que les contribuables soient forcés de financer cette croisade inutile contre les propriétaires d’armes qui respectent les lois.