États-Unis: les latinos nombreux à choisir Donald Trump

Un citoyen américain d’origine hispanique participe à une manifestation pro-Trump après la victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle de 2020 à Austin, au Texas, le 7 novembre 2020. Photo: Sergio FLORES pour l’AFP.

Lundi le 2 septembre 2024, à 09:15

En novembre, 17,5 millions de latinos voteront pour élire le président des États-Unis et un nombre sous-estimé d’entre eux choisiront Donald Trump. Entrevue avec Jaime Flórez, directeur hispanique des communications du Comité national républicain.

 

«Un pays sans frontières n’existe pas», insiste d’entrée de jeu Jaime Flórez, le directeur des communications en espagnol du Comité national républicain et de la campagne de Donald Trump.

 

 

Jaime Flórez durant son discours à la CPAC México, le 24 août 2024.

 

 

À l’occasion de l’édition mexicaine 2024 de la Conservative Political Action Conference (CPAC), je m’entretiens en marge de l’événement avec cet homme de bonne humeur, dont l’une des missions est de briser les tabous entourant le vote latino aux États-Unis:

 

«Tous les latinos n’appuient pas Harris et tous les migrants qui arrivent à la frontière ne viennent pas de pays hispanophones», tient-il à préciser à l'hôtel Intercontinental Presidente dans le chic quartier Polanco, à Mexico. 

 

17,5 millions d’électeurs latinos 

 

En novembre prochain, au moins 17,5 millions de latinos voteront pour élire le président des États-Unis d’Amérique. C’est 6,5% d’électeurs hispanos de plus qu’en 2020 et 38,3% de plus qu’en 2016, signe de la vive croissance démographique de ce bloc culturel difficile à ignorer chez nos voisins du Sud.

 

Le Pew Research Center estime quant à lui le nombre de latinos éligibles aux urnes à 36 millions. 

 

Si tous les latinos n’ont pas le droit de vote, ils sont près de 60 millions d’hispanophones en territoire américain, ce qui signifie qu’un plus grand nombre de gens y parlent espagnol qu’en Espagne!

 

«Électorat déterminant»

 

En mai dernier, alors que Biden devait toujours se représenter, des sondages indiquaient une avance de Donald Trump parmi les électeurs latinos, que les grands médias considèrent généralement acquis aux démocrates. Puis le 29 août, Harris était censée devancer Trump de 13 points chez les Hispanic Voters.

 

«Après une décennie de soutien massif aux démocrates, [les latinos] apparaissent désormais comme un électorat politiquement divisé et déterminant», relève le journaliste Kiko Llaneras dans El País

 

«Les latinos sont souvent les premiers à subir les conséquences d’une immigration hors de contrôle, car un grand nombre d’entre eux sont établis dans les États du Sud, donc près de la frontière où opèrent les cartels», observe pour sa part notre interlocuteur. 

 

Parmi les latinos supportant Donald Trump sans ambiguïté ni hésitation: la majorité des Cubains de Floride – opposants historiques au castrisme et représentants de la vague d’immigration forcée de 1980 –, et les Vénézuéliens établis aux États-Unis, la plupart tout autant opposés au socialisme, dans ce cas-ci incarné par Maduro. 

 

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Deux groupes auxquels on peut ajouter de nombreux latinos encore habités par des valeurs chrétiennes, catholiques et protestants évangéliques. 

 

Tsunami migratoire

 

La migration est un thème sensible et récurent dans l’ex-empire aztèque. Pays de transit et maintenant de destination pour des migrants moins idéalistes, au Mexique, la plupart des gens se méfient de Trump en raison de ses déclarations proches du racisme ayant fait la une des journaux. 

 

2,5 millions de migrants seraient parvenus à la frontière américaine en 2023. Du jamais vu.

 

La crise migratoire est sans doute le principal défi que doit relever Washington en collaboration avec Mexico. Le gouvernement canadien devrait se sentir plus concerné par la situation, mais les préoccupations de Justin Trudeau semblent éloignées des réalités continentales, bien que le pays nordique commence à ressentir les effets concrets de la crise. 

 

«Nous avons deux problèmes. Le premier, c’est le thème migratoire qui doit faire rapidement l’objet d’une profonde réforme. Il y a plusieurs choses établies par les lois sur l’immigration qui ne fonctionnent plus. L’autre problème, encore plus urgent à régler, c’est ce que nous appelons la crise frontalière. Ce problème n’existait pas avant l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche», explique Jaime Flórez.

 

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Rappelons que le premier jour de son mandat, Joe Biden s’était empressé de signer un décret ordonnant la suspension de la construction du mur frontalier avec le Mexique. 

 

Par la même occasion, le président démocrate avait divulgué son intention de régulariser la situation des «dreamers», ces 700.000 personnes arrivées clandestinement aux États-Unis alors qu’elles étaient mineures. Des dizaines de milliers de migrants y vont vu le signal de la réouverture de la frontière étasunienne.

 

«Un coût énorme»

 

«Le coût de l’immigration illégale est énorme. […] Il faut que l’immigration soit légale et responsable. Nous allons continuer d’accepter un nombre important de migrants, mais dans le respect des lois», se défend Señor Flórez, qui se réjouit du ralliement de Robert Kennedy Jr, un homme de gauche qui s’est toujours montré préoccupé par la crise migratoire et le trafic humain, sa pire conséquence. 

 

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«Plusieurs démocrates sont mal à l’aise avec le virage radical de leur parti qu’on a pu observer avec des figures comme Bernie Sanders, Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib et Ilhan Omar. Robert Kennedy représente le vieux parti démocrate qui a fait partie du tissu social du pays», conclut Jaime Flórez avec Libre Média.