L’amie d’une Canado-Vénézuélienne enlevée par le régime Maduro

La militante pour la démocratie au Venezuela María Oropeza à droite. Montage par LM.

Jeudi le 15 août 2024, à 08:35

Elle s’appelle María Oropeza, elle milite pour la démocratie au Venezuela et a été enlevée le 6 août dernier par le bras armé du régime Maduro. Entrevue avec l’une de ses proches au Canada, l’avocate et militante libertarienne Ana Rizo.

 

«Je me sens découragée et triste, mais nous devons continuer de nous battre», assure Ana Rizo en entrevue avec Libre Média.

 

 

L’avocate et militante libertarienne Ana Rizo. Droits réservés.

 


Le 6 août dernier, l’une de ses amies et camarades de lutte, María Oropeza, a publié sa dernière intervention sur ses réseaux sociaux avant de disparaître. 

 

Police politique

 

Cette militante de 30 ans, qui n’hésite pas elle aussi à se qualifier de libertarienne – chose rare en Amérique latine malgré le récent succès de Javier Milei –, dénonçait juste un peu plus tôt «l’opération Tun Tun» destinée à réprimer violemment les dissidents du régime Maduro. 

 

Tandis que les agents montaient la chercher là où elle se trouvait dans l’État de Portuguesa, cette femme combative les a filmés en direct jusqu’à l’interruption.

 

 

Arrêt sur image où l’on peut voir les agents de l’État arriver.

 

 

«Les militants pour la liberté comme María doivent vivre dans la clandestinité. Ils doivent se déplacer constamment, ne pas rester chez leurs parents et prendre divers moyens pour assurer leur sécurité. […] Quand ils sont venus la chercher sans mandat, elle était seule», nous explique Ana Rizo, qui appartient comme cette dernière à l’organisation internationale Ladies of Liberty Alliance.

 

Cumulant près de 60.000 abonnés sur Instagram et s’affichant régulièrement aux côtés de la cheffe de l'opposition, la charismatique María Corina Machado, María Oropeza n’a cessé ces dernières semaines de dénoncer la fraude électorale commise par Maduro, une manœuvre très peu subtile censée conférer au président sortant la légitimé de gouverner encore six ans. 

 

Elle a en plus participé à différents groupes de vigilance électorale, autorisés à une échelle régionale par un régime chapeautant le tout à l’échelle nationale.

 

À ce sujet: Au Venezuela, Maduro consolide son «régime dictatorial»

 

Rappelons que l'opposition a revendiqué sa victoire à l'élection présidentielle du 28 juillet dernier, affirmant que leur candidat Edmundo Gonzalez Urrutia avait obtenu 70% des voix. Le Conseil National Électoral (CNE) – qui apparait comme la marionnette du président socialiste – a déclaré Maduro vainqueur avec 51,20% des suffrages.

 

Peut-être torturée

 

Ana Rizo et d'autres proches de María Oropeza craignent qu’elle ait été emmenée al Helicoide, l’une des prisons les plus redoutées du pays située à Caracas. Cet ancien centre commercial de style panoptique est reconnu pour servir de centre de torture aux bourreaux du régime. Hélas il s’agit selon eux de l’hypothèse la plus vraisemblable. 

 

 

El Helicoide, siège du Service national bolivarien de renseignement (SEBIN) à Caracas. Photo: Yuri CORTEZ pour l’AFP.

 


Les membres de sa famille tentent actuellement de récolter de l’argent pour se rendre jusque dans la capitale et réclamer sa libération. Un processus qui s’annonce aussi long que pénible. 

 

De nouvelles sanctions réclamées

 

En ce qui concerne la relation de son pays d’adoption avec son pays d’origine, Ana Rizo est catégorique: «Ottawa doit imposer des sanctions plus sévères à Caracas». Une bonne idée, alors que ces mesures ont souvent pour effet d’amplifier la pauvreté, poussant des milliers de personnes à l’exode?

 

«Les Vénézuéliens préfèrent sans doute endurer les conséquences des sanctions plutôt que de continuer à vivre sous un régime dictatorial qui de toute façon n’engendrera jamais de richesse… Justin Trudeau doit faire plus que réclamer de la transparence et reconnaître officiellement Edmundo Gonzalez Urrutia», tranche-t-elle.

 

Poilievre soutient l’opposition

 

De son côté, le chef conservateur, Pierre Poilievre, dont la femme, Anaida Polievre, est d’origine vénézuélienne, s’est rangé clairement du côté de l’opposition, fustigeant la veille de l’élection «la tyrannie socialiste» sur X.

 

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Le 14 septembre prochain, Anaida Poilievre participera avec Ana Rizo à un rassemblement anti-Maduro à Ottawa mettant à l’honneur la communauté vénézuélienne du Canada, formée par un peu moins de 30.000 personnes.

 

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