La monnaie éducative pour rénover le système scolaire en ruines?

Photo: AFP.

Mercredi le 13 décembre 2023, à 10:30

Dans un contexte où le système éducatif québécois est poussé à ses limites, il existe une proposition audacieuse mais méconnue pour bouleverser le statu quo. Cette solution, c’est la monnaie éducative, estime l’auteur et entrepreneur Cédryk Lessard.

 

Cette approche pourrait redéfinir notre vision de l'éducation, offrant une liberté et une flexibilité sans précédent à enseignants et élèves.
 

Frustrations, épuisement, décrochage, moisissures, services en déconfiture... le système d’éducation québécois semble sur le point de craquer. Tout comme ma propre frustration face à des journalistes qui se contentent de répéter les mêmes problèmes, sans jamais évoquer de solution véritable, prisonniers de prémisses intouchables dans un paysage médiatique en perte de dynamisme.

 

Le cœur lourd, je pense à ces jeunes, coincés dans une éducation qui ne voit pas au-delà de la moyenne, négligeant ceux en bas ou en haut de l'échelle. Chaque journée pour ces centaines de milliers de jeunes est une occasion manquée, un potentiel gâché...

 

Une révolution éducative?

 

Et si la véritable solution était de démanteler le système en place? Milton Friedman, lauréat du prix Nobel d'économie, a proposé une idée audacieuse: les coupons d’éducation, ou comme je préfère l’appeler: la monnaie éducative.

 

Au Québec, chaque élève représente un investissement de 17 000$ de fonds publics. Imaginez redistribuer cette somme directement aux parents sous forme de monnaie éducative, à dépenser dans l'établissement de leur choix. Un concept similaire à la monnaie Canadian Tire, mais dédié à l'éducation. La monnaie éducative ne peut être dépensée que dans une institution éducative reconnue ou chez un instituteur reconnu.

 

Cette approche stimulerait l'entrepreneuriat éducatif, libérant la créativité et l'autonomie des enseignants dans leurs méthodes pédagogiques.

 

Un nouveau monde d'opportunités

 

Prenons un jeune enseignant, choisissant d'instruire seulement cinq élèves de son quartier depuis son appartement, lui rapportant 85 000$ annuellement. Avec ces fonds, il pourrait investir dans du matériel de qualité, organiser des activités enrichissantes. Il pourrait aussi doubler son nombre d’étudiants pour doubler ses revenus, s’assembler avec d’autres enseignants pour créer de petites écoles de quartier pour réduire temps et coûts de déplacement.

 

Cette approche pourrait engendrer divers modèles éducatifs, des cursus spécialisés en langues, sports, mathématiques, agriculture… Une diversité offrant aux parents et élèves un buffet généreux.

 

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Cette compétition saine transformerait l'éducation au Québec en un système organique, diversifié et adaptatif, répondant aux attentes tant des progressistes que des libéraux, un compromis séduisant entre redistribution de la richesse et liberté de choix.

 

Les conditions de travail et les possibilités économiques seront tellement attrayantes que le métier d’enseignant redeviendra désirable. 

 

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Bien sûr, cette idée soulèvera des débats. Les syndicats s’y opposeront, entre autres groupes de pression, craignant une perte de contrôle. Mais n'est-ce pas une opportunité de libérer la créativité, de valoriser les talents chez nos enseignants et nos enfants?

 

Cette vision – exposée dans le documentaire de Milton Friedman sur la monnaie éducative – mérite l'attention de nos plus grands penseurs, parents, enseignants et élèves.