Une importante étude relativise le climat catastrophiste

Des militants écologistes tiennent des pancartes indiquant "Pour la défense de notre avenir" durant une manifestation à Rio de Janeiro, au Brésil, le 13 avril 2022. Photo: André BORGES pour l’AFP.

Mercredi le 28 juin 2023, à 11:30

Et si le monde allait mieux qu’on le pensait? Et même sur le plan environnemental? Une étude de l’économiste Vincent Geloso remet en cause le climat catastrophiste entretenu dans les grands médias. Entrevue.

 

«Le divorce entre ce qui se dit dans les médias et les résultats de notre recherche est gigantesque. On voit que cette espèce de catastrophisme ambiant ne reflète pas du tout nos conclusions», souligne d’entrée de jeu le chercheur Vincent Geloso avec Libre Média.

 

Publiée le 8 juin dernier sur le site du CATO Institute, un think tank américain d’obédience libérale, l’étude de Vincent Geloso et de sa collègue Chelsea Follett s’appuie sur huit indicateurs pour évaluer les progrès réalisés entre 1990 et 2018 en termes de «développement humain».

 

Un nouvel instrument de mesure

 

Les deux chercheurs se targuent ainsi d’avoir créé une «mesure unique» capable de mieux évaluer l’évolution du monde: l'indice d'inégalité du progrès humain (IHPI).

 

«L'IHPI prend en compte le bien-être matériel et sept autres paramètres: la durée de vie, la mortalité infantile, une nutrition adéquate, la sécurité environnementale, l'accès aux opportunités (mesuré par l'éducation), l'accès à l'information (mesuré par l'accès à l'internet) et la liberté politique», peut-on lire en introduction de l’étude.

 

Pour notre interlocuteur, il est clair que l’économie de marché a permis d’améliorer la condition humaine à l’échelle globale, des conclusions qui tranchent avec le discours social-démocrate de nombreux commentateurs et politiciens de gauche.

 

Il assure toutefois qu’existe «un consensus assez large» dans le monde académique par rapport à ces améliorations.

 

«Remettre les pendules à l’heure»

 

«Généralement, les chercheurs plus critiques déplorent des gains pas aussi grands qu’ils aimeraient. On souhaiterait voir une plus grande réduction des écarts de richesse. Mais on est encore loin du ton alarmiste adopté dans les médias», explique Vincent Geloso, pour qui l’étude vise surtout à «remettre les pendules à l’heure».

 

Professeur d’économie à la George Mason University en Virginie, il observe «l'évidence d'un progrès humain mondial spectaculaire» que la gestion de la pandémie n’aurait pas interrompu. Encore là, il se montre optimiste, l’inflation actuelle ne remettant pas encore en cause cette tendance lourde des trente dernières années.

 

Des progrès humains…et écologiques

 

Même sur le plan environnemental, les progrès sont manifestes:

 

«Les progrès phénoménaux ne sont pas communiqués dans les médias et c’est dommage. Il y a eu des progrès partout sur Terre sur le plan environnemental, mais c’est particulièrement prononcé dans les pays les plus riches. C’est dans ces pays que la qualité de l’air s’est améliorée le plus rapidement».

 

Pays pauvres: le grand rattrapage?

 

L’étude se veut donc aussi une défense du libéralisme économique, seul régime économique pouvant permettre de telles avancées, du moins dans la perspective de ces deux universitaires. Globalement, les pays des seconds et tiers mondes seraient en train de «rattraper» ceux du premier monde.

 

«Dans tous les pays, le nombre de calories disponibles par personne augmente. Les gains nutritionnels sont très importants. On remarque aussi des gains dans l’espérance de vie et dans le niveau d’éducation», poursuit l’économiste.

 

Le faux bienfaits de la décroissance

 

Dans ce contexte, la «décroissance» prônée par un nombre grandissant de gens dans les médias apparaît pour Vincent Geloso une bien mauvaise idée.

 

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«La décroissance est un thème ambiant largement alimenté par l’impression d’un déclin et d’une catastrophe imminente. […] Dans les faits, il est vrai que la croissance économique crée certains problèmes à ses débuts – notamment écologiques –, mais elle parvient généralement à les solutionner. En gros, on se sert des fruits de la croissance économique pour régler les problèmes créés par la croissance économique», conclut-il.