Jérôme Blanchet-Gravel reçoit Joël Monzée aux grandes entrevues. Docteur en neurosciences, notre invité constate que «les gens vont de moins en moins bien au Québec». Il nous offre des pistes de solution pour remonter collectivement la pente.
Auteur de plusieurs livres, conférencier et docteur en neurosciences, Joël Monzée aborde l’explosion de la détresse psychologique, qu’il attribue d’abord à une importante «dégradation de notre société». «Les enfants du Québec ne vont pas très bien», déplore-t-il d’entrée de jeu.
La société contre les jeunes
Selon lui, les problèmes comme la dépendance aux écrans chez les jeunes découlent en bonne partie d’un environnement social devenu à plusieurs égards inadapté à leur sain développement. Dans ce contexte, le rôle des parents devient encore plus important.
«Si les adultes vont de moins en moins bien, ça fait en sorte que les ados ont de moins en moins de repères qui sont cohérents, constants, stables et bienveillants. Automatiquement, ça va avoir un impact sur leurs ressources internes et leur santé mentale. […] C’est certain que la crise sanitaire n’a rien arrangé», analyse le thérapeute, pour qui certains journalistes ont manqué à leur devoir de neutralité durant cette période.
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«Il y avait un conflit de logique entre la nécessité de protéger les personnes vulnérables à cause d’un virus […] et la nécessité de protéger les personnes vulnérables – les enfants et les adolescents – qui avaient besoin de contact humain, d’aller à l’école et d’être dans une relation avec les autres».
Il met aussi en garde contre la tentation de voir partout des causes physiologiques à des phénomènes avant tout d’ordre sociologique et psychologique. Non seulement ce réflexe de facilité justifie la surmédication, mais nous déresponsabilise comme citoyens, parents, frères et sœurs, amis, etc.










