«Le Québec traverse une Petite Noirceur»

Photo de couverture: François Legault en point de presse. Page Facebook officielle du premier ministre du Québec.

Mercredi le 27 décembre 2023, à 12:40

Jérôme Blanchet-Gravel reçoit Jean-François Caron aux grandes entrevues. Professeur de science politique à l’Université Nazarbayev au Kazakhstan, notre invité se penche sur l’état du Québec et le virage autoritaire des sociétés libérales. 

 

«Le modèle québécois est devenu un dogme», tranche directement Jean-François Caron aux grandes entrevues. «Le système sur lequel s’est construite la société québécoise depuis la Révolution tranquille est en train de s’effondrer», met-il en garde.

 

Professeur de science politique à l’Université Nazarbayev au Kazakhstan depuis huit ans, notre invité déplore la «Petite Noirceur» que traverserait actuellement le Québec, «une société incapable de se remettre en question».

 

Fort de son regard extérieur, celui que l’on surnomme «le prof Caron» dans les médias indépendants fustige «l’immobilisme» au Québec, un endroit «qui n’est pas encore sorti mentalement de la pandémie» et où «le contrôle social est plus développé qu’aux États-Unis».

 

De la liberté à la sécurité

 

Dans son récent ouvrage Homo Superstes (Presses de l’Université Laval), le politologue décrit le virage autoritaire des sociétés libérales et l’avènement d’un monde plus axé sur la sécurité que sur la liberté. À l’échelle occidentale, le Québec apparaît comme un laboratoire de ce changement de paradigme.

 

 

«Le parallèle est extrêmement étroit entre la société québécoise actuelle et des régimes autoritaires soft. […] Les sociétés libérales sont en train de prendre un virage autoritaire», constate-t-il.

 

«C’est extrêmement facile de contrôler les actions des gens. Si vous voulez contrôler les gens, vous les menacez de leur faire perdre leur travail», poursuit-il, décrivant les stratégies employées par les États pour imposer la pensée unique.

 

Signe que le «monde libre» l’est peut-être moins qu’auparavant, Jean-François Caron s’estime plus libre de s’exprimer au Kazakhstan qu’au Canada en tant que professeur universitaire. «Au Québec, j’aurais la même liberté que Patrick Provost», lâche-t-il.