PLQ: retourner à ses racines profondes ou disparaître

La statue de Bourassa (Le Monument Robert Bourassa) dévoilée en 2006 sur la colline parlementaire à Québec. Photo: Wikimédia.

Lundi le 27 mars 2023, à 17:00

Selon notre chroniqueur Simon Leduc, le Parti libéral du Québec doit renouer avec l'héritage de Robert Bourassa sans quoi il se condamne à disparaître.

 

Sous le leadership de Dominique Anglade, le PLQ a fait un virage à gauche à bien des niveaux.

 

Durant la dernière campagne électorale, les libéraux n’avaient pas un discours économique clair et fiable. Les erreurs qu’ils ont faites dans leur cadre financier ont plombé leur crédibilité sur le plan économique.

 

De plus, Mme Anglade a adhéré au puritanisme vert. Elle s’est opposée farouchement à toute exploitation de nos ressources naturelles, souhaitant que le PLQ soit plus vert que QS.

 

Le PLQ est donc devenu une plate copie du progressisme de Québec solidaire. Les électeurs de gauche ont préféré appuyer le véritable parti de gauche, Québec solidaire. La dégelée électorale d’octobre 2022 et la récente perte de la forteresse de Saint-Henri-Saint-Anne aux mains de Québec solidaire le prouvent bien.

 

Redevenir le parti des grandes réformes

 

Pour renaître de ses cendres, le Parti libéral du Québec doit se reconvertir à la vision réformatrice de Robert Bourassa. Sous le règne de cet ex-premier ministre du Québec, le PLQ a adopté des réformes qui ont permis à la société québécoise d’avancer vers la modernité. 

 

À lire aussi: De la mort annoncée du PLQ à l’écartèlement du vote souverainiste

 

Durant son premier mandat, rappelons que le gouvernement Bourassa a mis en place le système universel des soins de santé. Cette grande réforme a été pilotée avec succès par l’ancien ministre de la Santé, Claude Castonguay. Grâce à la loi sur l’assurance-maladie, les Québécois ont eu accès à un système de santé universel et accessible à tous.

 

Mais aujourd’hui, notre monopole public en santé est en ruines. Les Québécois n’ont pas rapidement accès à des soins de santé de qualité malgré le paiement d’impôts élevés. Le réseau de la santé a besoin d’une grande réforme afin d’éviter son implosion sous le poids du vieillissement accéléré de la population.

 

À lire aussi: Monopole et gratuité: le nœud problématique du système de santé

 

Une réforme de la santé pourrait devenir l’une des priorités phares du PLQ. Un plus grand apport du privé aiderait à désengorger les urgences. Proposer la mise en place d’un système de santé public-privé à la sauce européenne permettrait aux libéraux de se présenter comme le vecteur de changement dont le Québec a besoin d’urgence.

 

Devenir le champion des ressources naturelles

 

Au début des années 70, Robert Bourassa a mis en place un grand projet de production hydroélectrique à la Baie-James. Cela a permis au Québec de produire une bonne partie de son électricité avec le moins de pollution possible.

 

L’ancien premier ministre a dit: «Le développement de la Baie-James, mes chers amis, c’est la clé du développement économique du Québec, c’est la clé de l’avenir du Québec». La vision de l’ancien chef libéral a permis au Québec de créer de la richesse et de la redistribuer.

 

L’actuel PLQ devrait se réapproprier la vision de Bourassa et devenir le champion de l’exploitation de nos ressources naturelles. À long terme, cela nous permettrait de devenir un État riche, de redistribuer la richesse et de baisser nos impôts.

 

Mais, s’il veut faire cela, les libéraux doivent se libérer de ce puritanisme vert qui lui colle à la peau depuis l’ère Couillard. Le Parti libéral doit redevenir le parti de l’économie d’autrefois.

 

Le retour au nationalisme

 

Dans le dernier sondage, le PLQ obtient seulement 4% d’appuis chez les francophones. On peut affirmer que les libéraux n’existent plus dans l’univers francophone. Si le Parti libéral veut reconquérir l’électorat québécois, il doit renouer avec le nationalisme de Robert Bourassa.

 

Sous son leadership, le Québec passait avant le Canada. L’ancien premier ministre ne craignait pas de protéger le fait français au Québec, notamment par l’entremise de deux législations: la loi 22 qui proclamait que le français est la langue officielle du Québec. et la loi 178 qui confirmait la prédominance du français dans l’affichage commercial.

 

Le PLQ d’aujourd’hui pourrait faire deux autres choses pour prouver son désir de réellement protéger l’identité québécoise et la langue de Molière.

 

D’une part, les libéraux devraient reconnaître que la loi 21 sur la laïcité de l’État est primordiale pour la nation québécoise face au monstre multiculturaliste à Ottawa. D’autre part, le Québec doit améliorer la qualité de l’enseignement du français au primaire et au secondaire pour que les jeunes la maitrisent mieux à l’aube des études postsecondaires. Une telle proposition prouverait que le vénérable PLQ se préoccupe de l’avenir du français.

 

Le PLQ est à la croisée des chemins. S’il continue d’être un parti de gauche antinationaliste, il va sombrer. Par contre, s’il décide d’effectuer un virage vers le centre et redevenir un parti de réformes, une partie de la majorité historique francophone pourrait revenir au bercail.