Un écologisme irréfléchi pourrait couler le Canada

Le premier ministre canadien Justin Trudeau s'exprime lors de l'événement Compte à rebours pour les dirigeants de la COP15 au zoo de Central Park à New York, le 20 septembre 2022. Photo: Bryan R. SMITH pour l’AFP.

Mercredi le 1 novembre 2023, à 10:20

Dans un contexte international et économique tendu, le Canada doit faire attention de ne pas sacrifier une partie de sa puissance au nom de la lutte au réchauffement, estime Marie-Josée Hélie, spécialiste des politiques environnementales. 

 

Tous les pays émergents luttent pour atteindre le niveau de développement des pays occidentaux. Et rien ni personne ne les en empêchera. Pour ce faire, ils vont brûler plus d’énergies fossiles et contribuer à remplir l’atmosphère terrestre de CO2. C’est inévitable, en plus d’être moralement justifié sur le plan humain.

 

La planète se réchauffera plus rapidement encore qu’elle ne le fait déjà en raison de causes naturelles.

 

1,5% des GES à l’échelle du globe

 

En 2020, les émissions du Canada ont seulement représenté 1,5% de toutes les émissions mondiales des gaz à effet de serre. À court et moyen terme, l’impact des émissions d’un pays comme le Canada tiendra donc une part encore plus négligeable dans le réchauffement; même les plus fervents soldats de la décarbonation le savent. Pour eux, cela ne constitue pas pour autant un argument qui justifie l’inaction. Et d’un point de vue strictement moral, ils ont raison.

 

En réalité, les actions climatiques entreprises par un pays démocratique comme le Canada – le deuxième pays le mieux perçu à l’international après la Suisse –, se doivent impérativement de ne pas l’affaiblir par rapport aux puissances montantes, ainsi que vis-à-vis des organisations internationales qui travaillent à imposer leur agenda.

 

 

Il n’y a aucun avantage à instaurer des politiques climatiques drastiques qui risqueraient de nuire au bien-être, à la sécurité et à la prospérité des Canadiens tout en n’ayant aucun impact significatif sur le climat. 

 

 

Le Canada doit demeurer fort sur tous les plans si nous tenons à conserver nos principes fondamentaux de liberté, de droit et de propriété, en plus des moyens pécuniaires nécessaires à contrer les changements climatiques.

 

Le Canada possède un immense territoire riche en ressources naturelles, mais peu dense en termes d’habitants.

 

Lobbying climatique 

 

L’exploitation de nos ressources naturelles est de plus en plus pointée du doigt et décriée par un puissant lobby climatique composé des intérêts cumulés de politiciens, d’activistes et d’affairistes, lobby qui a su se frayer un chemin jusqu’au cœur de nos gouvernements; une tendance qui s’est accélérée durant les dernières années sous la gouverne du Parti libéral de Justin Trudeau. 

 

Le Canada a signé tous les accords internationaux engageant à la réduction des gaz à effet de serre depuis la Conférence des Nations Unies de 1992 à Rio de Janeiro. Le secteur de l’énergie est le premier visé quant au respect de ces engagements.

 

Le Canada renferme une importante réserve de pétrole brut et de gaz naturel, de très nombreux bassins hydrologiques propres à produire de l’hydroélectricité, et quantité de minéraux critiques et stratégiques, dont l’uranium pouvant servir à produire de l’énergie nucléaire. 

 

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Freiner l’exploitation de ces ressources pour des motifs climatiques, alors que la part des émissions mondiales du Canada est très faible, c’est renoncer à un avantage comparatif majeur par rapport au reste du monde. 

 

D’autant plus que l’exportation de notre gaz naturel, en remplacement du charbon, atténuerait les émissions mondiales de gaz à effet de serre tout en enrichissant les Canadiens.

 

Le coût de l’immigration

 

Parallèlement, l’immigration connaît une hausse fulgurante. L’objectif du gouvernement actuel est d’accueillir 500 000 nouveaux immigrants par an dans un pays de 40 millions d’habitants. À titre de comparaison, toutes proportions gardées, le Canada accueille approximativement quatre fois plus d’immigrants que les États-Unis.

 

Sur le plan de l’habitation, le Canada compte le plus petit stock de logements parmi les pays du G7. Combiné à l’immigration, cette situation entraîne une grave crise du logement dans tout le pays.

 

Voir notre reportage sur l'explosion de l’itinérance à Québec

 

L’itinérance et la violence explosent dans toutes les grandes villes du pays, les plus petites n’étant pas épargnées. La criminalité présente une inquiétante courbe ascendante. 

 

Insécurité croissante

 

Là où l’on vivait en toute quiétude sans se méfier, il faut maintenant recourir à de nouvelles mesures pour protéger ses avoirs et surveiller ses arrières. 

 

Les autorités cherchent à augmenter la présence policière dans la métropole, où des fusillades et des meurtres en pleine rue sont de plus en plus fréquents. Montréal, une ville nord-américaine paisible connue pour la sécurité de ses quartiers.

 

Des politiques laxistes en matière de drogue et de criminalité pour des motifs progressistes; la crise du logement susmentionnée; l’inflation galopante; les taux d’endettement des ménages qui dépassent maintenant la taille de l’économie: tout cela contribue à cet état de fait dans un contexte d’immigration massive.

 

À la lumière de cette réalité, on comprend qu’il n’y a aucun avantage à instaurer des politiques climatiques drastiques qui risqueraient de nuire au bien-être, à la sécurité et à la prospérité des Canadiens tout en n’ayant aucun impact significatif sur le climat. 

 

Mauvais timing  

 

Le moment ne pourrait être plus mal choisi. 

 

Taxer l’énergie; forcer l’électrification; interdire la vente de véhicules à essence; refuser de produire davantage d’hydroélectricité, d’exploiter le gaz naturel et l’uranium et miser sur l’éolien dont les composantes proviennent de Chine; encourager les mesures d’écofiscalité de toutes sortes; financer de manière extravagante tous les projets qui se disent «verts», voilà quelques exemples de politiques qui invitent à la prudence en ces temps difficiles pour les Canadiens.

 

Continuer dans cette direction serait mettre en danger l’édifice que nous avons bâti sur les principes non négociables de nos précieuses constitutions qui sont un modèle à suivre pour les nations émergentes du monde. 

 

Continuer dans cette direction serait affaiblir davantage notre grand pays dans un mea culpa environnemental injustifié qui risque finalement de faire plus de tort au monde que ne le feront jamais nos émissions de gaz à effet de serre.