Violence en hausse: une solution simple à un problème pas si complexe?

Photo: page Facebook du Service de police de la Ville de Montréal.

Lundi le 29 août 2022, à 17:50

La violence à Montréal ne cesse de faire les manchettes, à tel point qu’elle pourrait devenir un important enjeu électoral dans le cadre de la présente campagne. Pour le sénateur Jean-Guy Dagenais, il faut recommencer à appeler un chat un chat. 

 

«Si vous appartenez à un gang de rue, vous êtes un criminel. Point à la ligne. Il faut employer les vrais termes», tranche d’entrée de jeu le sénateur Jean-Guy Dagenais avec Libre Média.

 

Interventions risquées… pour son image 

 
Sénateur conservateur depuis 2012 et ex-patrouilleur de la Sûreté du Québec (SQ), il estime qu’il est de plus en plus difficile pour les policiers de faire leur travail dans le contexte où ils sont régulièrement accusés de faire du profilage racial.
 
Les agents évitent de plus en plus souvent d’intervenir auprès des gens «racisés» lorsque ce n’est pas entièrement nécessaire – par exemple pour procéder à des contrôles routiers – un phénomène appelé «désengagement policier» dans la littérature savante. 
 
«Les policiers travaillent en permanence avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Il y a non seulement toutes ces accusations de racisme, mais la tendance à capter toute intervention sur son téléphone cellulaire sans présenter le contexte», déplore-t-il.
 

Policiers réclamés sur le terrain

 
Dans un premier temps, la seule et unique manière de freiner la montée de la violence dans la métropole serait d’augmenter les effectifs policiers sur le terrain – une méthode qui aurait largement fait ses preuves par le passé. Une solution simple à un problème pas si complexe?
 
«Il faut plus de policiers sur le terrain. Pour calmer le jeu, c’est plus efficace que les escouades spécialisées et c’est un procédé qui a toujours été dissuasif. L’approche sociale et communautaire peut donner certains résultats, mais ce n’est pas en jouant au basketball avec les Hell’s Angels que nous les avons convaincus de renoncer au crime organisé», ironise-t-il. 
 

Recrutement plus difficile 

 
Le sénateur conservateur observe que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a de la difficulté à recruter des agents en raison du phénomène qu’il décrit, la plupart des recrues potentielles tentant plutôt d’intégrer la SQ. 
 
Dans une entrevue accordée à Radio-Canada le 23 août dernier, le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, affirme aussi qu’un grand nombre de candidats embauchés se désistent après coup.
 
Récemment, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a réitéré que la Ville embaucherait 282 agents avant la fin de l’année et que le projet de «définancement de la police» promu dans le milieu «woke» n’était pas du tout à l’ordre du jour.
 

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Le 27 août, la ministre québécoise de la Sécurité publique, Geneviève Guillbault, a annoncé que Québec consacrerait 250 millions de dollars supplémentaires sur cinq ans pour tenter d’endiguer la vague de violence à Montréal.
 
Cinq millions de dollars serviront aussi à embaucher des travailleurs sociaux chargés de s’occuper des problèmes reliés à la santé mentale et qui occupent une grande partie du temps des agents – problèmes que le confinement a accentués. 

«C’est une opération axée sur la visibilité. Ce qu’on veut, c’est que nos policiers soient présents sur le terrain», a assuré la ministre de la Sécurité publique en conférence de presse. 
 
Vers un véritable changement de stratégie? «Commençons par laisser travailler les policiers et nous verrons ensuite les résultats», insiste Jean-Guy Dagenais.
 

Des armes en provenance des États-Unis 

 
Pour le sénateur, les efforts supplémentaires déployés par les autorités et les promesses électorales ne seront pas suffisants si l’on refuse de reconnaître qu’un grand nombre d’armes illégales arrivent dans la métropole québécoise depuis la réserve d’Akwesasne. Il évoque une «prolifération d’armes à feu» sur l’île.  
 
Un grand nombre d’armes sont maintenant fabriquées à partir de pièces livrées par courrier et grâce à l’impression 3D, mais d’autres de fabrication plus «traditionnelle» sont encore acheminées aux criminels via les États-Unis. 

 
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Située sur le territoire ancestral de la tribu mohawk, cette réserve comporte une frontière commune avec l’État de New York, tracé dont le contrôle et l’administration reviennent exclusivement aux membres de cette nation.