L’inflation semble bien décidée à vouloir faire partie de nos vies un bon moment, car nos gouvernements, trop concentrés à se faire élire, ajoutent du carburant au brasier.
Il semblerait malheureusement que ce qui est populaire avec l’électorat n’est pas si efficace pour lutter contre l’inflation. Nos gouvernements y vont donc de mesures contre-productives comme des chèques de 500$, proposent des taxes sur le «surprofit», font des déficits à répétition pour ne pas avoir à sabrer dans le mammouth.
Or, rien de tout cela ne règle les deux enjeux principaux de l’inflation que nous vivons.
Des experts déconnectés
Premièrement, malgré les déclarations des «experts», l’injection massive d’argent dans notre économie est une cause de l’inflation actuelle. C’est manifeste, mais plusieurs «experts» tentent encore de nier la réalité pour des raisons idéologiques et politiques.
Nos gouvernements ont donc deux leviers pour combattre cette première partie du problème. (1) Le levier monétaire, que la Banque du Canada utilise avec trop de rigueur et trop tard et le (2) levier fiscal, c’est-à-dire le budget des gouvernements.
La logique voudrait que nos gouvernements fassent des surplus et fournissent un effort considérable à les utiliser pour payer la dette et ainsi réduire la masse monétaire en circulation. Toutefois, la logique ne s’applique pas en politique et nos gouvernements annoncent plutôt des déficits à répétition de l’ordre de milliards de dollars.
On se retrouve donc avec une banque du Canada tentant d’éteindre un incendie qu’elle a laissé s’étendre et de l’autre côté, avec des gouvernements jetant de l’huile sur le feu.
Un problème d’offre
Toutefois, l’inflation actuelle n’est pas à 100% un problème monétaire. C’est aussi un problème d’offre. Le Canada et le Québec, mais aussi l’ensemble de l’OCDE ont un grave problème de compétition.
Les réglementations à n’en plus finir, les normes, les critères et les subventions font en sorte que les barrières à l’entrée pour une nouvelle entreprise sont très élevées.
On se retrouve donc avec plusieurs marchés cruciaux avec une tendance oligopolistique, c’est-à-dire avec quelques gros joueurs écrasant toute concurrence et pouvant se permettre des marges de profits plus grandes. Nous avons plusieurs exemples de ce problème: les distributeurs alimentaires, les télécommunications, le domaine financier, le transport aérien, etc.
Bien souvent, nous avons simplement une illusion de choix, car quelques grandes compagnies contrôlent des plus petites pour déguiser leur domination. Avec l’inflation et le manque de compétition, ces entreprises ont tous les incitatifs au monde pour augmenter leur marge de profit, car les consommateurs sont captifs.
Des solutions simples et efficaces
Une solution simple, mais efficace à l’inflation actuelle serait que nos gouvernements mettent en œuvre un plan de rationalisation des normes et réglementations pour diminuer les barrières à l’entrée et pour que nos bureaux de la concurrence cassent certains oligopoles. Nous devrions aussi ouvrir notre marché des télécommunications à l’étranger comme l’Australie l’a fait avec succès.
De plus, nous faisons face à une situation exceptionnelle alors qu’en pleine période d’inflation, nous avons une situation de pénurie de main-d’œuvre, ce qui rend très difficile sa réduction par une baisse du marché de l’emploi. Ce serait le meilleur moment pour les gouvernements de réduire drastiquement leurs effectifs et rationaliser leurs structures.
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Ces employés pourront rapidement être récupérés par le secteur privé, leur salaire sera donc un gain net pour le gouvernement plutôt qu’une perte. De même, cet argent supplémentaire pourra réduire l’impact de la hausse des taux d’intérêt sur le service de la dette.
Soyons honnêtes: si la solution à notre problème était une taxe ou un règlement de plus, que ce soit au Québec ou au Canada, nous aurions probablement déjà été de l’avant avec cette mesure, car il s’agit de notre spécialité.
Lâcher du lest pour donner plus de latitude aux entreprises et aux citoyens, ça en revanche c’est moins notre fort, mais ce n’est pas une raison de ne pas le faire, surtout quand la situation le requiert.











