Pour avancer, la droite québécoise doit conjuguer libertés et identité

Photo: Unslpash.

Vendredi le 3 janvier 2025, à 12:20

Sans une alliance entre libéraux classiques et nationalistes identitaires, la droite québécoise est condamnée à la marginalité. Seule la défense simultanée des libertés et de l’identité peut lui ouvrir un véritable avenir.

 

La droite américaine coalisée autour de Trump a récemment révélé au grand jour les tensions qui l'habitent au sujet de l'immigration légale et plus largement de l’identité nationale. 

 

Représentés par Elon Musk et Vivek Ramaswamy, les «techno-optimistes» ont croisé le fer avec les tenants de l’America first qui représentent la base populiste et nationaliste de la coalition trumpienne. 

 

Ce débat pourrait être transposé au Québec et provoquer des affrontements entre libéraux classiques et nationalistes identitaires.

 

Évitons la division

 

Mais au moment où, comme je l'ai écrit précédemment, il est plus nécessaire que jamais de réaliser l'union des droites au Québec, la grande famille de la droite doit mener ce débat dans le calme et le respect et éviter à tout prix de s'entre-déchirer autour de ces questions sensibles.

 

Il est sain que la coalition de Trump ait des discussions musclées, puisqu’elle s'apprête à prendre le pouvoir. Il est bon qu'elle précise ses ambitions et ses options. 

 

Mais la droite québécoise n'a pas ce luxe. Les conservateurs risquent de former le prochain gouvernement fédéral, mais ce sera sans le Québec qui se range massivement derrière le Bloc. 

 

 

L’union des droites doit se construire autour d’un objectif commun: démanteler le «socialisme mental» qui imprègne en profondeur notre vie publique.

 

 

La droite québécoise est encore loin du pouvoir. Elle a besoin de toutes ses forces. L’ennemi commun, le wokisme, n'est pas vaincu; il lèche ses plaies et reviendra plus fort sans doute.

 

J'admets que les libéraux classiques sont plus influents au sein de la droite québécoise que les nationalistes identitaires. Cependant, ils ne doivent pas mépriser ces derniers ni être orgueilleux au point de penser qu’ils pourront prendre le pouvoir en faisant cavaliers seuls. 

 

Les libéraux classiques regroupés au Parti conservateur du Québec ne peuvent aspirer à être beaucoup plus qu’un Québec solidaire de droite, avec environ 15% des intentions de votes.

 

Le nationalisme est ici pour rester

 

Le Québec reste dans l'ensemble nationaliste, soucieux de préserver sa langue, sa culture, son héritage. Et c'est tant mieux! 

 

Il est possible de défendre à la fois les libertés et notre identité; de préserver notre manière unique d'être au monde tout en combattant résolument l'agenda «progressiste», des taux d’imposition qui frisent l'exploitation et une dépendance excessive à l'État-providence.

 

L’union des droites doit se construire autour d’un objectif commun: démanteler le «socialisme mental» qui imprègne en profondeur notre vie publique sous des formes multiples. Je suis convaincu qu’il est possible de défendre à la fois les libertés communes de la nation et les libertés individuelles des citoyens. 

 

Les conservateurs du Québec ne devraient pas négliger l'importance et la richesse de notre héritage latin et français qui nous a été transmis par nos ancêtres. 

 

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Au carrefour des influences françaises, catholiques et anglo-saxonnes, ne nous enfermons pas dans un conservatisme qui se cantonnerait aux libertés civiles anglaises et au constitutionnalisme américain, aussi essentiels sont-ils à notre mouvement. 

 

Embrassons aussi, avec fierté, un conservatisme culturel qui puisse permettre à la communauté politique de tendre vers une certaine idée de la vie civilisée, vers le beau, le vrai et le juste. 

 

Une liberté qui ne serait qu'économique et matérielle serait stérile.