«Le PCQ peut devenir un QS de droite»

Éric Duhaime présente les attentes prébudgétaires du Parti conservateur du Québec, le 20 mars 2023 à Québec. Photo: page Facebook officielle du PCQ.

Mardi le 30 janvier 2024, à 09:00

Pour notre chroniqueur Simon Leduc, le PCQ peut encore espérer avec Éric Duhaime jouer le rôle à droite que joue QS à gauche. Mais ses partisans doivent être plus patients. Et réalistes. 

 

La semaine dernière, sur les ondes de Radio Pirate, Jeff Fillion a déclaré qu’Éric Duhaime devrait abandonner la chefferie du PCQ pour devenir le lieutenant québécois de Pierre Poilievre. L’animateur de radio estime que le Parti conservateur du Québec n’a pas d’avenir et que pour cette raison, Éric Duhaime serait plus utile à Ottawa. 

 

Je ne suis pas d’accord et voici pourquoi. 

 

Croissance

 

Tout d’abord, avant l’arrivée de Duhaime, le Parti conservateur du Québec n’arrivait pas à se sortir de l’obscurité. Lors des élections de 2018, le PCQ a obtenu 1,46% des voix. 

 

Sous la gouverne d’Adrien Pouliot, le parti n’a pas été en mesure de promouvoir les idées de la droite libérale classique: la liberté et la responsabilité individuelle, l’entrepreneuriat, le libre marché, une réduction de la taille de l’État, l’équilibre budgétaire, etc. Les partisans de ce courant étaient des orphelins politiques. Aucun véhicule d’envergure ne les représentait.

 

Mais en 2020, Adrien Pouliot a quitté la chefferie du PCQ, Éric Duhaime s’est lancé dans la course et en avril 2021, il en est devenu le chef. Sous son leadership, le PCQ est devenu une formation bien plus solide parvenant à représenter dans l’espace public les idées des libéraux classiques. 

 

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Le PCQ est en croissance depuis 2021. Lors des élections de 2022, le PCQ n’a pas fait élire de députés. Des militants ont blâmé Éric Duhaime pour cet échec. Malgré cela, le PCQ a fait un bond prodigieux dans les intentions de vote. Il est passé de 1% à 13% des voix en quatre ans. Environ 500 000 personnes ont voté pour le PCQ en octobre 2022. Éric Duhaime a fait une bonne campagne malgré l’épisode des taxes impayées qui a ralenti la montée du parti. 

 

Selon les projections de QC 125, si des élections avaient lieu aujourd’hui, le PCQ ferait élire sept députés, un signal positif en vue du prochain scrutin qui aura lieu en octobre 2026. 

 

Impatience 

 

On comprend la déception de plusieurs électeurs et partisans du PCQ qui auraient voulu que leur parti obtienne des députés à l’Assemblée nationale. Cependant, je constate qu’une certaine frange de la droite québécoise n’est pas très patiente. Elle aurait voulu que le PCQ devienne une force politique du jour au lendemain, le genre d’exploit rarissime dans la vie démocratique. 

 

Il faut être bien plus patient. Parlez-en à Québec solidaire qui a été fondé en février 2006. QS a fait élire son premier député lors des élections de 2008, Amir Khadir. Les solidaires ont pris douze ans pour faire une percée et devenir une force politique. QS a fait élire 10 députés en 2018 et 11 députés aux dernières élections.

 

Depuis, ce parti défend et fait avancer ses idées de gauche à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Assemblée nationale. 

 

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Soyons réalistes. Le PCQ ne risque pas de prendre le pouvoir un jour, car les élections se gagnent au centre au Québec. Mais sous le leadership d’Éric Duhaime, le Parti conservateur peut devenir le QS de droite. S’il continue sur sa lancée, le PCQ peut espérer faire élire entre cinq et dix députés lors des élections d’octobre 2026. 

 

Enfin, les libéraux classiques pourraient compter sur des élus pour défendre leurs idées à l’Assemblée nationale. La droite québécoise s’en trouverait renforcée.

 

Pour que ce scénario puisse se réaliser, Éric Duhaime doit centrer son discours sur l'inflation et la hausse du coût de la vie comme le fait Poilievre, améliorer ses communications (moins d’anecdotes, de commentariat et de photos de chiens sur les médias sociaux…) et se concentrer sur la région de Québec.